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Actualités - Chronologie

Roumanie : les enfants abandonnés, proies faciles pour les pédophiles

L’arrestation à Bucarest d’un prêtre anglican accusé de pédophilie, deux semaines après l’inculpation d’un Norvégien pour le même délit à Medias, (centre de la Roumanie), montre l’extrême vulnérabilité des enfants sans famille, mal protégés devant un fléau en extension.

«Les cas d’abus sexuels contre les enfants — ignorés sous le régime communiste — se sont multipliés ces dernières années. Pour la plupart, ils concernent des enfants des rues, qui ont quitté leur maison justement pour échapper à la violence», indique M. George Roman, responsable de l’organisation non-gouvernementale «Sauvez les Enfants».
«Malheureusement, les abus dont sont victimes les enfants ne sont pas perçus comme un problème social grave en Roumanie, où il n’y a pas de statistiques officielles sur ce phénomène», ajoute-t-il.
En outre, la législation en la matière est insuffisante, la pédophilie ne figurant pas comme délit dans le code pénal.
Selon «Sauvez les Enfants», qui a été à l’origine de la découverte de plusieurs affaires de pédophilie, une cinquantaine d’étrangers viennent régulièrement en Roumanie pour faire du tourisme sexuel.
Michael John Taylor, 34 ans, prêtre anglican originaire de l’Essex (Angleterre), qui s’était à plusieurs reprises rendu dans le pays depuis 1994, racolait ses victimes parmi les enfants sans abri qui dorment à la gare du Nord de Bucarest.
Il a été surpris par la police dans un appartement loué, alors qu’il avait des relations sexuelles avec un garçon de 14 ans.
Selon «Sauvez les Enfants», ce sont les enfants eux-mêmes qui ont averti la police de la présence du pédophile présumé à Bucarest.
«Les enfants de la gare du Nord nous font confiance et nous préviennent lorsque des pédophiles rôdent», dit Mme Corina Atanasiu, membre de cette association.

«M. Michel» pour
les intimes

En octobre dernier, ces mêmes enfants avaient aidé la police à mettre derrière les barreaux un pédophile français récidiviste, Michel-Paul Albenque.
Connu comme «M. Michel» par les enfants de la gare du Nord, ce Français de 44 ans avait été interpellé à plusieurs reprises par la police, puis relâché, faute de preuves.
Albenque, dont le procès à huis clos a commencé il y a quelques semaines à Bucarest, a reconnu avoir eu des relations sexuelles avec une cinquantaine d’enfants, à qui il envoyait des lettres et de l’argent lorsqu’il rentrait en France.
«A la gare du Nord j’ai rencontré un Français appelé Michel, un maniaque qui ne s’intéressait qu’au sexe. Tout ce qu’il voulait, c’était avoir des relations sexuelles avec des enfants», a raconté Octavian, 15 ans, l’une de ses victimes. «Après Michel il y a eu Emanuel, Fred, Jean-Pierre, John, Hans, David, Victor, Axel», a-t-il déclaré à la police.
«Je suis allé plusieurs fois avec Michel à Baneasa (au nord de Bucarest) avec deux autres garçons. A la fin il m’a donné 20.000 lei» (3 dollars), a raconté un autre enfant, Cristi.
A Medias cependant, les victimes d’un pédophile norvégien, qui se présentait comme «travailleur social», ont été plusieurs mineurs abandonnés par leurs familles dans une institution pour enfants handicapés.
Stein Bjorg Haugland, 41 ans, s’était à plusieurs reprises rendu dans cette ville après 1990, pour y transporter de l’aide humanitaire, avant de s’y établir en 1993.
Selon le parquet, il vivait depuis en compagnie de deux anciens pensionnaires de cette institution, et invitait régulièrement à son domicile d’autres enfants handicapés, qu’il contraignait à avoir des relations sexuelles avec lui, en échange d’un bain chaud et d’un peu de nourriture. (AFP)
L’arrestation à Bucarest d’un prêtre anglican accusé de pédophilie, deux semaines après l’inculpation d’un Norvégien pour le même délit à Medias, (centre de la Roumanie), montre l’extrême vulnérabilité des enfants sans famille, mal protégés devant un fléau en extension.«Les cas d’abus sexuels contre les enfants — ignorés sous le régime communiste — se sont multipliés ces dernières années. Pour la plupart, ils concernent des enfants des rues, qui ont quitté leur maison justement pour échapper à la violence», indique M. George Roman, responsable de l’organisation non-gouvernementale «Sauvez les Enfants».«Malheureusement, les abus dont sont victimes les enfants ne sont pas perçus comme un problème social grave en Roumanie, où il n’y a pas de statistiques officielles sur ce phénomène»,...