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Actualités - Chronologie

Les institutions de Bretton woods mettent la Côte-d'Ivoire au régime

Des «dérapages» constatés dans la gestion des finances publiques compliquent les négociations avec les institutions de Bretton Woods et obligent la Côte-d’Ivoire à se serrer la ceinture, indiquent des sources diplomatiques.
Emporté «par l’euphorie de l’après-dévaluation» du franc CFA en 1994, le gouvernement ivoirien a «un peu manqué de vigilance», explique un des représentants des institutions financières internationales à Abidjan.
Soulignant certains «dérapages» dans les dépenses publiques, les bailleurs de fond ont également fait état de «retards dans l’exécution» du précédent programme d’ajustement structurel, de 1994 à 1997.
Le FMI et la Banque mondiale doivent mener début août une mission conjointe en Côte-d’Ivoire qui devrait aboutir à l’adoption en septembre d’un nouveau programme triennal (1997-2000) soutenu par une «facilité d’ajustement structurel renforcé» du FMI de quelque 385 millions de dollars.
«Il s’agit d’une étape très importante», selon M. Van den Boogaerde, représentant du FMI en Côte-d’Ivoire. «Le défi sera de réduire la pauvreté et la disparité des revenus qui s’est accrue ces dernières années».
De plus, la Côte-d’Ivoire devra respecter «l’orthodoxie financière» pour profiter du programme — auquel elle est éligible — d’allègement de dette, bilatérale et multilatérale, proposé par le FMI et la Banque mondiale.
L’encours de la dette extérieure du pays atteint 8.677,8 milliards de F CFA à la fin 96, soit 158,5% du PIB, selon les données du ministère ivoirien des Finances.
L’un des dérapages mis en cause par les bailleurs de fonds concerne le niveau des dépenses engagées non ordonnancées, qui atteint 135 milliards de F CFA (1,35 milliard de FF) fin 1996, alors que leur montant habituellement admis n’excède pas 80 milliards, selon un diplomate occidental.
Un audit a été commandé sur ce point par le ministère des Finances, apprend-on auprès des économistes.
«Le pays a encore tendance à vivre au-dessus de ses moyens», estime l’un d’entre eux.
Sous la pression des bailleurs de fonds, le gouvernement aurait décidé de restreindre de 15% toutes les dépenses prévues au budget 97, à l’exception des salaires, de la santé et de l’éducation.

Motivations électorales
et politiques

Les bailleurs de fonds s’inquiètent également du faible taux de recouvrement des recettes pour les six premiers mois de l’année, inférieures de 20% aux prévisions.
Un blocage a été constaté dans le plan d’ajustement sectoriel des transports et le programme d’ajustement sectoriel agricole, qui n’ont fait l’objet d’aucun des décaissements prévus en juin par la Banque mondiale.
De sources concordantes, les bailleurs de fonds auraient contesté le choix coûteux de la construction de nouvelles voies bitumées, au détriment de l’ouverture de pistes et de la réfection des anciennes routes.
«Le choix est plus souvent régi par des motivations électorales et politiques que par le besoin réel ou la rentabilité des routes», estime un économiste.
Autre obstacle, la libéralisation totale des filières café et cacao n’a pas encore abouti. Pour le café, le principe en a été accepté et devrait être effectif dès 1998, selon un exportateur influent de la place.
En revanche, aucun calendrier n’a encore été établi pour la filière cacao, dont la Côte-d’Ivoire est le premier exportateur mondial, souligne la même source.
Les bailleurs de fonds souhaitent que se poursuive la réduction des prérogatives de la Caisse de stabilisation des prix (Caistab) entamée ces dernières années.
La Côte-d’Ivoire doit également réformer son système fiscal, handicapé par un code des investissements jugé «trop incitatif», alors que la fraude et la part importante du secteur informel réduisent l’assiette fiscale.
Pour la communauté financière internationale, la Côte-d’Ivoire reste cependant un pays qui «marche relativement bien» et les «dérapages», notamment concernant les dépenses non ordonnancées ou le manque à gagner sur les recettes, sont «rattrapables d’ici la fin de l’année».
«La situation n’est pas alarmante, le train est sur les rails et va dans la bonne direction», souligne un économiste.
Des «dérapages» constatés dans la gestion des finances publiques compliquent les négociations avec les institutions de Bretton Woods et obligent la Côte-d’Ivoire à se serrer la ceinture, indiquent des sources diplomatiques.Emporté «par l’euphorie de l’après-dévaluation» du franc CFA en 1994, le gouvernement ivoirien a «un peu manqué de vigilance», explique un des représentants des institutions financières internationales à Abidjan.Soulignant certains «dérapages» dans les dépenses publiques, les bailleurs de fond ont également fait état de «retards dans l’exécution» du précédent programme d’ajustement structurel, de 1994 à 1997.Le FMI et la Banque mondiale doivent mener début août une mission conjointe en Côte-d’Ivoire qui devrait aboutir à l’adoption en septembre d’un nouveau programme...