«Queen mum», comme la surnomment affectueusement les Britanniques, passera la journée dans sa résidence de Clarence House, près du parc de Saint-James, à deux pas de Buckingham.
L’occasion est privée mais, traditionnellement, celle qui est née avec le siècle déjeune avec ses filles, la reine Elizabeth et Margaret — qu’elle appelle presque chaque jour au téléphone — et d’autres membres de la famille royale, le prince Charles étant l’un de ses préférés.
Chaque année, des centaines d’admirateurs se pressent à ses grilles pour lui témoigner leur affection, lui chanter «happy birthday», lui remettre des bouquets de fleurs ou des cartes de voeux. Et elle ne dédaigne pas, si le temps et son arthrite le permettent, de passer quelques instants parmi eux.
Malgré son grand âge, elle dispose d’une excellente santé et n’a guère souffert que d’une refroidissement depuis l’an dernier.
Elle avait attendu d’avoir 64 ans pour connaître sa première hospitalisation, une opération d’urgence de l’appendicite, suivie deux ans plus tard d’une occlusion intestinale, et, à 86 ans, d’un ulcère à la jambe.
L’été 1995, elle était opérée d’une cataracte à l’oeil gauche, et en janvier 1994, un «mauvais rhume» ayant dégénéré en infection pulmonaire inquiétait tout le pays.
Sans compter deux séjours à l’hôpital provoqués par des arêtes de poisson coincées dans son larynx.
Souffrant d’arthrite à la jambe gauche, elle a été opérée fin 1995 à la hanche droite où lui a été implantée une prothèse. Depuis, elle se déplace difficilement, aidée d’une canne, ou plus souvent assise dans une petite voiture électrique utilisée généralement sur les parcours de golf, conduite par un chauffeur.
C’est dans cet engin, au capot décoré de l’écusson royal, qu’elle a inauguré mercredi les traditionnelles floralies de Sandringham, résidence royale du Suffolk (Est). Comme elle, ses corgis vieillissent et Rover, le préféré, s’est vu lui aussi doter cet hiver d’un engin à roulette pour soutenir son train arrière et accompagner sa maîtresse dans ses promenades.
Eternellement vêtue de couleurs pastel, le visage soigneusement maquillé dissimulé sous les voilettes de chapeaux fleuris, la reine mère continue d’effectuer de nombreuses obligations officielles, déposant des gerbes et coupant des rubans le sourire aux lèvres.
Epargnée par les scandales qui ont empoisonné la famille royale ces dernières années, Elizabeth Angela Marguerite vit une histoire d’amour sans nuage avec ses sujets depuis qu’elle est montée sur le trône en 1937, son mari devenant George VI après l’abdication de son frère Edward VIII pour les beaux yeux de Wallis Simpson.
Souveraine par hasard et à son corps défendant, mariée à un roi effacé et timide, elle a conquis l’admiration du pays pendant la guerre. Durant le blitz de Londres pendant l’été 1940, alors que la capitale est pilonnée par les Allemands, elle refuse de se réfugier au Canada avec ses filles.
«Mes enfants ne partent pas sans moi et je ne pars pas sans le roi», dit la reine, qui reste imperturbable quand le palais de Buckingham, après l’est de Londres, est touché par une bombe. «Maintenant, dit-elle, je peux regarder les gens de l’East End dans les yeux».
Rétrogradée au rang de reine mère quand sa fille Elizabeth monte sur le trône en 1952, elle restera envers et contre tout le personnage royal favori des Britanniques, place que seule Diana lui conteste.
Toujours dotée d’une grande influence au sein de la famille royale, elle s’apprêterait, selon les chroniqueurs, à prêter son chalet du parc de Sandringham au Prince de Galles pour qu’il y cache en septembre ses amours avec Camilla.


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