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Actualités - Chronologie

Alerte au gaspillage : les séoudiens entament les réserves aquifères non renouvelables

Dans une publicité diffusée par la télévision séoudienne, un patriarche en robe blanche cite un verset du Coran: «De l’eau, nous avons créé toutes les créatures vivantes».
La scène qui illustre ces propos est limpide: une maman — voilée — qui baigne son enfant en laissant couler le robinet jusqu’à ce que le bassin déborde, voit soudain l’eau se tarir définitivement, laissant son bébé du savon plein le visage. «Ne gaspillez pas l’eau», conclut la publicité.
Depuis quelques semaines, les autorités ont lancé une campagne d’information pour inciter les 18 millions d’habitants de cet Etat désertique à lutter contre le gaspillage de l’eau, un problème jugé préoccupant par le roi Fahd en personne.
Invoquant le «développement national» et un «devoir religieux, il a récemment annoncé son intention de réformer le droit de la consommation pour imposer des efforts d’économie en ce domaine.
La tâche est immense. A 0,3 rial (0,08 dollar) le mètre-cube, l’eau séoudienne, largement subventionnée par les pouvoirs publics, est particulièrement bon marché. Et rien n’a été tenté depuis des années pour en réfréner la consommation.
Comparée aux autres Etats ayant atteint le même niveau de développement, l’Arabie Séoudite est le pays où la consommation d’eau par habitant est la plus élevée. Elle atteint 400 litres par personne et par jour, contre une moyenne de 200 dans le monde.
Pour nombre de Séoudiens, la facture d’eau est incluse dans les charges locatives de leur appartement.

Réserves non renouvelables

C’est le cas, par exemple, de cet homme d’affaires occidental, qui dit ne pas se soucier de la quantité d’eau qu’il utilise.
Un universitaire séoudien, quant à lui, n’a reçu aucune facture depuis 18 mois. «Je veux payer», dit-il, «il n’est pas normal que l’eau soit gratuite».
Mais les principaux responsables du gaspillage du précieux liquide ne sont pas à chercher chez les particuliers, qui ne consomment que 10% des quelque 18 milliards de mètres cubes engloutis chaque année, mais bien les agriculteurs.
Un problème d’autant plus préoccupant, selon le plan quinquennal de développement du royaume sur la période 1995-2000, que le récent développement des cultures céréalières a entamé des réserves aquifères non renouvelables, dans lesquelles est puisée aujourd’hui plus de 80% de l’eau consommée dans le royaume.
Le reste provient pour 14% de réservoirs situés en surface ou à faible profondeur, pour 4% des usines de dessalement que Ryad présente comme les plus grandes du monde, et pour moins de un pour cent du retraitement des eaux usées.
Le problème tient aussi au niveau de la consommation. Depuis les années 1980, l’Arabie s’est lancée dans des cultures qui ne conviennent pas à l’aridité naturelle de son climat, estiment les économistes.

De la luzerne dans le désert

En subventionnant les forages de puits et en instaurant une très faible taxation sur le fuel, utilisé pour les pompes dans le désert, le gouvernement a incité les agriculteurs à cultiver des denrées qui, sans ces aides, auraient été importées.
Depuis 1990, les paysans séoudiens se sont largement détournés du blé, dont les cours ont beaucoup baissé par décision de l’Etat, pour se lancer dans des cultures autrement plus gourmandes en eau, comme la luzerne, exportée dans les pays voisins.
«Pour l’Arabie Séoudite, exporter de la luzerne revient à exporter de l’eau», souligne Hussein Mousa, du Bureau américain du commerce agricole à Ryad. «Les autorités devraient l’interdire».
Pour les spécialistes du problème, la solution passe par une politique plus dynamique du gouvernement, qui devrait imposer des amendes aux gaspilleurs.
D’autres, plus prudents — ils jugent l’idée de sanctions financières «politiquement sensible», car «l’eau est stratégique» —, prônent le développement des usines de retraitement de l’eau.
Mais tous s’accordent à dire que la meilleure façon de combattre le gaspillage est d’augmenter les prix et de renforcer la collecte des eaux usées. (Reuter)
Dans une publicité diffusée par la télévision séoudienne, un patriarche en robe blanche cite un verset du Coran: «De l’eau, nous avons créé toutes les créatures vivantes».La scène qui illustre ces propos est limpide: une maman — voilée — qui baigne son enfant en laissant couler le robinet jusqu’à ce que le bassin déborde, voit soudain l’eau se tarir définitivement, laissant son bébé du savon plein le visage. «Ne gaspillez pas l’eau», conclut la publicité.Depuis quelques semaines, les autorités ont lancé une campagne d’information pour inciter les 18 millions d’habitants de cet Etat désertique à lutter contre le gaspillage de l’eau, un problème jugé préoccupant par le roi Fahd en personne.Invoquant le «développement national» et un «devoir religieux, il a récemment annoncé son intention...