A l’issue d’une visite, la semaine dernière sur plusieurs places publiques de la capitale, le nouveau préfet-maire de Niamey, le colonel Moumouni Boureïma, a institué des patrouilles, et annoncé qu’il ferait procéder à des rafles et des contrôles d’identité.
Le maire a décidé que toutes les prostituées exerçant dans la rue, y compris les très jeunes mineures, seront désormais interpellées.
Les associations islamiques avaient alerté le gouvernement à plusieurs reprises sur l’ampleur de la prostitution juvénile.
«Ces petites dont les seins n’ont même pas poussé errent jusqu’au petit matin, souvent en compagnie de personnes bien plus âgées», se lamentait une institutrice, dont la fille de 15 ans a été récemment violée par des «bandits».
Un veilleur de nuit explique, que trois de ses sept filles n’ont toujours pas regagné son domicile après des mois d’absence. «Elles sont à Niamey j’en suis sûr», dit-il, avant d’accuser «les étrangères» d’avoir «gâté nos filles».
«Mêmes les alentours des lieux de prière ne sont pas épargnés par les prostituées», note un riverain de la grande mosquée de la capitale.
Comme cela s’était déjà produit à Niamey en 1992, plusieurs filles habillées à l’occidentale ont été molestées ces dernières semaines à Zinder, la deuxième ville du pays.
Elles sont accusées d’empêcher la pluie de tomber. Pour les mêmes raisons, des prostituées ont été menacées de mort et sommées de quitter cette ville située à 750 kilomètres à l’est de la capitale.
Le banditisme a connu une recrudescence depuis la conférence nationale (de juillet à novembre 1991), lorsque des centaines de prisonniers, qui avaient adressé un «message de soutien» aux participants s’étaient évadés quelques jours plus tard.
Les vols à main armée, les braquages, les enlèvements de véhicules, sont devenus monnaie courante à Niamey. Débordée, la police évoque le plus souvent l’insuffisance de personnel et de moyens matériels pour venir à bout des bandits accusés d’être pour la plupart des ressortissants de pays voisins.
Une ressortissante française a été assassinée en février dernier par des bandits qui tentaient de lui enlever son véhicule 4 x 4.
Face à l’inefficacité des milices de vigilance qu’elles ont constituées, les populations civiles se rendent justice elles-mêmes. Trois voleurs présumés ont été battus à mort avant d’être «exposés» dans une rue de Bandabari, un quartier populaire de Niamey.
Pour atténuer la mendicité qui affecte toutes les artères de la capitale, la mairie a interdit de mendier aux feux rouges, aux panneaux de stop et devant les services administratifs et les lieux publics.
Mais pour beaucoup, l’éradication de ces problèmes passe d’abord par la lutte contre la pauvreté au Niger, classé en 1997 par les Nations Unies comme l’un des cinq pays les plus pauvres du monde.
Sur 8,5 millions de Nigériens, quelque 63% vivent en dessous du seuil de pauvreté.Niamey compte quelque 700.000 habitants dont 42% sont qualifiés de «pauvres»


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