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Actualités - Chronologie

Elle court, elle court, la psychose des rétrécisseurs de sexes

Née il y a un an en Afrique centrale, la psychose «des rétrécisseurs de sexes» a gagné le nord du Sénégal, après avoir fait des ravages au début de l’année au Ghana et en Côte d’Ivoire, où plusieurs suspects, généralement des étrangers, avaient été lynchés par la foule et brûlés vifs.
Cette folle rumeur, porteuse de toutes les violences, avait disparu mais elle est réapparue il y a deux mois au Mali, avant de fondre sur le Sénégal, où un Ivoirien a failli être brûlé à l’essence le week-end dernier à Saint-Louis (nord).
La presse sénégalaise a fait état ces derniers jours de plusieurs cas d’hystérie collective mettant en cause des étrangers, qui ont été roués de coups dans plusieurs localités du Nord. Comme au Ghana ou en Côte d’Ivoire, ils étaient accusés d’avoir fait disparaître des sexes d’hommes, après avoir été en contact avec leur victime.
Selon la rumeur, ces «magiciens» ont le pouvoir, par une simple poignée de main, de faire disparaître le sexe des hommes ou les seins des femmes, qui ont toujours retrouvé leurs attributs lors des constats effectués par la police.
Depuis samedi, rapporte la presse sénégalaise, la population de Saint-Louis vit dans la «psychose totale» des rétrécisseurs de pénis, dont plusieurs hommes, jeunes et vieux, assurent avoir été les victimes.
La colère populaire s’est notamment abattue sur un Ivoirien de 28 ans, Yakhouba, venu chercher du travail dans l’ancienne capitale du Sénégal. Celui-ci n’a eu la vie sauve que grâce à l’intervention d’une journaliste qui l’a remis entre les mains de la police.
Il est accusé d’avoir fait disparaître le sexe d’un adolescent de 17 ans, auquel il demandait son chemin, avant de lui serrer la main. Le jeune homme, devant des témoins, a enlevé sa culotte pour constater que son sexe «était devenu un bouton tout petit et tout noir».
Non loin de là, un homme, agressé par la foule, a été transporté dans le coma à l’hôpital, après avoir «rétréci» le pénis d’un chauffeur de taxi, tandis que plusieurs «voleurs de sexe» étaient molestés par la foule.

Angoisse de
castration

A Saint-Louis, rapporte non sans une certaine ironie le quotidien «Le Matin», tout homme qui marche «touche son pantalon pour contrôler que son machin est bien en place».
Pour sa part, soulignant que depuis quelques jours, les hommes «se saluent chaleureusement tout en évitant de se serrer la main», le journal «Le Soleil» dénonce un stratagème consistant pour des groupes d’arnaqueurs à faire disparaître les organes génitaux de leurs victimes. Ils leur envoient ensuite un charlatan qui, moyennant une importante somme d’argent restitue «leurs bijoux de famille».
Un psychologue dakarois, Seringne Mor Mbaye, qui a étudié le phénomène au Togo et au Ghana, explique cette rumeur «fantastique, qui traverse les frontières, par l’existence «d’une angoisse de castration» inhérente à chaque individu, et par la perte du pouvoir économique en Afrique.
Cette rumeur inquiétante, explique-t-il, est liée à une «perte d’identité face à un monde de plus en plus complexe et anthropophagique, né du modernisme et de la mondialisation».
Phénomène d’hystérie collective, elle démontre une «fragilité psychologique» des populations africaines qui ont actuellement le sentiment de perdre leur pouvoir économique, représenté par le phallus.
L’Afrique a toujours connu les féticheurs qui avaient le pouvoir de rendre les hommes impuissants, mais cette fois-ci, avec les rétrécisseurs de sexe, «on coupe tout», ce qui traduirait le degré maximum de l’angoisse et du marasme économique. (AFP)
Née il y a un an en Afrique centrale, la psychose «des rétrécisseurs de sexes» a gagné le nord du Sénégal, après avoir fait des ravages au début de l’année au Ghana et en Côte d’Ivoire, où plusieurs suspects, généralement des étrangers, avaient été lynchés par la foule et brûlés vifs.Cette folle rumeur, porteuse de toutes les violences, avait disparu mais elle est réapparue il y a deux mois au Mali, avant de fondre sur le Sénégal, où un Ivoirien a failli être brûlé à l’essence le week-end dernier à Saint-Louis (nord).La presse sénégalaise a fait état ces derniers jours de plusieurs cas d’hystérie collective mettant en cause des étrangers, qui ont été roués de coups dans plusieurs localités du Nord. Comme au Ghana ou en Côte d’Ivoire, ils étaient accusés d’avoir fait disparaître des...