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Actualités - Chronologie

Georges Soros, Gourou de Wall Street, pourfendeur du capitalisme


Personnalité à multiples facettes, il aime à se définir comme un financier philanthrope, n’ayant guère de goûts de luxe, et dépensant la moitié de ses revenus annuels (environ 250 millions de dollars) pour les fondations culturelles qu’il a créées dans les années 80 dans 24 pays de l’ex-bloc communiste.
Ce redoutable spéculateur de 66 ans, au regard bleu dans un visage carré, a accumulé en jouant à la Bourse une fortune estimée à plus de 12 milliards de dollars. Le fameux raid sur la livre sterling, qui l’a rendu célèbre auprès du grand public, lui aurait rapporté plus d’un milliard de dollars de bénéfice.
Pendant de longues années, la quête effrénée de l’argent a comblé le «sentiment d’insécurité» de cet homme, issu d’une famille juive de Budapest qui a dû se cacher pour échapper aux nazis en 1944. Il avait alors 13 ans. «Cela m’a appris à ne jamais me sentir prisonnier de mes richesses», aime-t-il à dire.
Après l’installation d’un régime communiste en Hongrie, George Soros s’installe à Londres où il étudie à la prestigieuse London School of Economics. Mais c’est à New York, où il émigre en 1956, qu’il va enfin donner sa pleine mesure et grimper un à un les échelons qui feront de lui un des «maîtres du monde» de la finance.
Ce génie des affaires, gourou de Wall Street, a cependant un jardin secret, la philosophie. Adepte du penseur autrichien Karl Popper et de sa vision de la «société ouverte» par opposition à la «société fermée», marquée par les idéologies totalitaires, Soros a publié il y a quelques mois un livre qui a fait grand bruit, «Le Défi de l’argent».

Cri d’alarme

Dans cet ouvrage, ce faiseur d’argent brûle ce qu’il avait adoré et lance un cri d’alarme: «Le principal ennemi de notre société ouverte et démocratique, ce n’est plus la menace du communisme mais celle du capitalisme», écrit-il.
«J’ai fait fortune sur les marchés financiers mondiaux, et pourtant je crains à présent l’intensification effrénée du capitalisme libéral et l’extension des valeurs marchandes à tous les domaines de la vie», précise-t-il.
Mais rien n’est jamais simple avec Soros, sa croisade contre les méfaits du capitalisme ne l’a pas empêché de devenir le principal «estanciero» de l’Argentine après avoir racheté 350.000 hectares de terrain au détriment des grandes familles traditionnelles de Patagonie.
De même ses prises de positions humanistes ne l’ont pas mis à l’abri des accusations, qui viennent d’être proférées par le premier ministre de Malaisie, de spéculer contre les monnaies asiatiques. Et cela, afin de punir les pays d’Asie du Sud-Est d’avoir accueilli au sein de l’ASEAN (association des nations du Sud-Est asiatique) la Birmanie, gouvernée par une junte militaire.
Une accusation aussitôt démentie par le financier: «La cause de la liberté en Birmanie ne peut pas servir de prétexte à des spéculations monétaires, même si je continue à penser que l’adhésion d’un régime totalitaire à l’ASEAN est une menace pour la prospérité et la stabilité de la région», a-t-il affirmé. (AFP)Spéculateur international de haut vol et pourfendeur du capitalisme sauvage, le richissime financier américain d’origine hongroise George Soros — l’homme qui contribua à faire chuter la livre sterling en 1992 — ne craint pas les contradictions.
Personnalité à multiples facettes, il aime à se définir comme un financier philanthrope, n’ayant guère de goûts de luxe, et dépensant la moitié de ses revenus annuels (environ 250 millions de dollars) pour les fondations culturelles qu’il a créées dans les années 80 dans 24 pays de l’ex-bloc communiste.Ce redoutable spéculateur de 66 ans, au regard bleu dans un visage carré, a accumulé en jouant à la Bourse une fortune estimée à plus de 12 milliards de dollars. Le fameux raid sur la livre sterling, qui l’a rendu célèbre auprès du grand public, lui aurait rapporté plus d’un milliard de dollars de bénéfice.Pendant de longues années, la quête effrénée de l’argent a comblé le «sentiment d’insécurité» de cet homme, issu d’une famille juive de Budapest qui a dû se cacher pour échapper aux nazis...