Compte tenu de ce que l’on peut attendre des perspectives de croissance et de rentrées fiscales, la France sera «au rendez-vous de 98 dans les mêmes conditions que nos partenaires», a affirmé le ministre de l’Economie et des Finances en annonçant ces «corrections» budgétaires décidées pour 1997.
L’impôt sur les sociétés sera augmenté de 15% pour les entreprises réalisant plus de 50 millions de FF (1 FF = 0,165 USD) de chiffre d’affaires, et celui sur les plus-values à long terme sera aligné sur cet impôt, a-t-il annoncé.
Le budget 98 se prépare sur base d’une déficit de 3% du PIB, a-t-il précisé. Le gouvernement de gauche en place depuis début juin a en revanche décidé de ne pas afficher d’objectif précis de déficits publics pour l’année 1997, a-t-il indiqué.
L’Allemagne a de son côté déclaré son intention de limiter ses déficits à 3% du PIB en 1997 afin de se qualifier pour la monnaie unique.
M. Strauss-Kahn a rappelé que «l’écart entre les déficits français et allemand se réduit». En 1996, il était de 4,2% du PIB en France et 3,8% en Allemagne.
Il a souligné que la France respecte déjà les quatre autres critères du traité de Maastricht: faible inflation, taux d’intérêt faibles, stabilité du franc — trois critères pour lesquels «nous sommes en très bonne position», a-t-il dit —, et un quatrième, la dette publique, que la France est «l’un des rares pays à respecter», avec une dette publique inférieure à 60% du produit intérieur brut (PIB).
Le gouvernement du premier ministre socialiste Lionel Jospin a décidé un ensemble de mesures de correction du dérapage des déficits publics portant sur 32 mds FF, ce qui représente une réduction du déficit de 0,4 point du PIB, a annoncé M. Strauss-Kahn.
Un audit des finances publiques réalisé par deux magistrats indépendants, dont les résultats ont été publiés lundi, fait apparaître actuellement un déficit public français compris entre 3,5% et 3,7% du PIB, au lieu de l’objectif de 3% maximum fixé pour 1997 et 1998 par le Traité de Maastricht pour le passage à la monnaie unique européenne dès 1999.
Il y aura 22 mds FF de recettes supplémentaires, «qui épargneront totalement les ménages», a précisé M. Strauss-Kahn, et 10 mds FF d’économies budgétaires, ce qui est «remarquable en milieu d’année», a-t-il souligné. Sur ce total de 10 mds FF, 2 mds FF d’économies porteront sur les dépenses militaires.
Le relèvement de l’impôt sur les sociétés sera de 15% en 1997 et 1998, puis ramené à 10% en 1999, a-t-il précisé. (AFP)


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