Hier, en fleuret, Sergei Golubitshi a battu Lionel Plumenall 15-9.
En épée dames, les Françaises partent favorites. Championne et vice-championne olympique à Atlanta, les Françaises Laura Flessel et Valérie Barlois seront les concurrentes à battre. Elles ont dominé la saison de Coupe du monde et sont en tête du classement FIE. Les Hongroises Gyongyi Szalai, Adrienne Hormay et Hajnakoa Kiraly conduiront l’opposition, où figureront également notamment l’Italienne Margherita Zalaffi et l’Allemande Claudia Bokel.
Du côté messieurs par équipes, la France est favorite. Après le tir groupé de l’individuel — Eric Srecki 1er, Robert Leroux 3e et Hugues Obry 6e — les Français seront favoris. Mais ils ont rarement réussi par équipes après un bon résultat en individuel. L’Italie, championne olympique, l’Allemagne, tenante du titre, très malmenée en individuelle, ou la Russie pourraient en profiter.
Srecki au sommet
de son art
En coiffant sa deuxième couronne mondiale mardi au Cap, Eric Srecki a confirmé sa place parmi les plus grands de la spécialité. A 33 ans, il est apparu au sommet de son art.
De ses trois titres, l’olympique de 1992 et le mondial de 1995, celui qu’il a enlevé cette année est sans doute le plus accompli. Il intervient au terme de sa meilleure saison, qu’il a survolée avec cinq victoires et une deuxième place sur les huit tournois qu’il a disputés et le gain d’une quatrième coupe du monde.
La grande force de Srecki en 1997 a été de programmer ses succès. Et de répondre présent. Il s’était fixé deux grands objectifs: le fameux tournoi de Heidenheim (Allemagne) et le mondial. Il a gagné les deux en donnant l’impression d’être programmé comme un ordinateur.
«Il est comme sur des rails. Je ne l’ai jamais vu aussi fort. Il est peut-être moins costaud physiquement, mais techniquement et tactiquement il est parfait», constatait le pourtant très critique Philippe Boisse.
«Une compétition, il ne la subit pas. Il la maîtrise», explique Michel Sicard, l’entraîneur national. Ce fut patent lors de ce championnat. Il ne connut pas la moindre anicroche jusqu’à la finale.
«Tout ce qu’il veut faire, il le réussit. Il est concentré, maître de tout et on est vite débordé», expliquait Hugues Obry, sèchement battu par son compatriote en quarts de finale. «Et désormais quand il mène, il ne se contente plus d’attendre, mais il attaque», renchérissait Sicard.
Doublé
Il n’y eut qu’en finale, contre le Russe Pavel Kolobkov qu’il connut quelques frayeurs. Il était mené 9-8 après six minutes. Et encore 13-12 à 19 secondes de la fin. Il égalisa à 4 secondes et plaça la touche victorieuse dans la prolongation.
«C’était le seul très gros calibre que j’avais à affronter dans cette compétition. Nous sommes quand même les deux épéistes les plus en pointe des six dernières années», devait-il rappeler.
Très déçu de sa neuvième place d’Atlanta, il avait décidé de repartir pour un an ou deux, abandonnant son emploi dans une banque pour suivre un entraînement plus qualitatif, mieux adapté à son âge.
«Pour faire une longue carrière, il faut accepter l’idée de la défaite pour rebondir, estime-t-il. Ce qui m’arrive montre qu’en se faisant plaisir, qu’en abordant la compétition avec sérieux et avec de l’expérience, ont peut aller loin».
Il reviendra donc l’an prochain et décidera ensuite s’il poursuivra jusqu’à Sydney. Pour l’heure, il rêve d’un succès par équipes. Il y a cinquante ans que la France n’a pas réussi le doublé individuel-équipes.


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