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Actualités - Chronologie

Les enfants roumains, premières victimes de la transition économique

Abandonnés par leurs familles, mal nourris ou soumis à des abus sexuels, les enfants sont les premières victimes de la difficile période de transition vers une économie de marché que traverse la Roumanie depuis sept ans, indique une étude publiée mardi à Bucarest.
«Depuis 1989, malgré des efforts considérables d’organismes roumains et internationaux, la situation des enfants n’a cessé de se détériorer», a déclaré lors d’une conférence de presse le sociologue Catalin Zamfir, principal auteur de cette étude réalisée pour le compte de l’UNICEF.
Selon lui, 54% des enfants vivent «en dessous du seuil de la pauvreté absolue» et seuls 7% jouissent d’un «niveau de vie élevé».
«L’explosion de la pauvreté depuis sept ans est l’effet conjugué des mauvaises conditions de vie héritées du régime communiste et de la baisse dramatique du pouvoir d’achat après 1990, doublée par une hausse du chômage», indique l’étude.
«L’indemnité pour les enfants, qui représentant 10% du salaire moyen en 1989, a perdu près de 80% de sa valeur en six ans, avant d’être augmentée par le nouveau gouvernement» issu des élections de novembre dernier, souligne ce rapport.
Cette aggravation de la détresse s’est accompagnée d’une chute dramatique de la natalité, qui est passée de 369.544 nouveau-nés en 1989 à 231.348 en 1996.
Mais pour M. Zamfir, les deux évolutions ne sont pas directement liées, puisque «la natalité est particulièrement basse au sein de la classe moyenne et supérieure, mais relativement élevée dans les milieux pauvres et marginaux, et surtout parmi les Tziganes».
Selon lui, la baisse du nombre d’enfants au sein des familles aisées est, plus qu’une question de choix, une forme de «résistance» à la politique «agressivement pronataliste» menée par Nicolas Ceausescu pendant près de 25 ans.

Abus sexuels

Malgré la chute de la natalité, le nombre d’enfants abandonnés, qui avait déjà atteint un niveau record sous Ceausescu, a connu une nouvelle hausse ces dernières années, passant de 43.854 en 1989 et 37.729 en 1991 à 45.953 l’année dernière.
«Avant 1989, le placement en institution était la solution recommandée en cas d’abandon d’un enfant, tandis que l’adoption et le placement familial étaient découragés», indique le rapport.
Depuis 1990, «sous la pression des responsables politiques occidentaux, les autorités se sont concentrées sur les problèmes explosifs, susceptibles d’être résolus en allouant des fonds», mais ont négligé l’élaboration d’une stratégie de prévention de l’abandon.
Selon plusieurs études, 20 à 30% des enfants placés dans une institution développent un handicap physique ou mental, tandis que 70% accusent un grave retard en ce qui concerne la capacité d’intégration sociale.
Aussi victimes de la pauvreté et de la désorganisation sociale sont les enfants des rues, au nombre d’environ 5.000. «Les enfants des rues sont le plus souvent exploités économiquement et sexuellement par des adultes, qui les forcent à mendier ou à se prostituer», souligne le document.
Mais les enfants élevés en famille sont, eux aussi, touchés par des privations de toutes sortes, et, selon l’Institut pour la mère et l’enfant, ils pèsent et mesurent moins que les enfants de leur âge pesaient en 1989, en raison de la mauvaise alimentation.
S’ils ne sont pas considérés comme un «problème social grave», les abus sexuels contre des enfants se sont multipliés. Près de 700 cas ont été enregistrés en 1995, dont 119 concernaient des enfants de moins de 10 ans.
Mais l’absence d’une législation claire à cet égard, à laquelle s’ajoutent «la pudeur et la peur face aux autorités», laisse penser que le nombre de ces abus est beaucoup plus élevé, souligne l’étude. (AFP)
Abandonnés par leurs familles, mal nourris ou soumis à des abus sexuels, les enfants sont les premières victimes de la difficile période de transition vers une économie de marché que traverse la Roumanie depuis sept ans, indique une étude publiée mardi à Bucarest.«Depuis 1989, malgré des efforts considérables d’organismes roumains et internationaux, la situation des enfants n’a cessé de se détériorer», a déclaré lors d’une conférence de presse le sociologue Catalin Zamfir, principal auteur de cette étude réalisée pour le compte de l’UNICEF.Selon lui, 54% des enfants vivent «en dessous du seuil de la pauvreté absolue» et seuls 7% jouissent d’un «niveau de vie élevé».«L’explosion de la pauvreté depuis sept ans est l’effet conjugué des mauvaises conditions de vie héritées du régime...