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Actualités - Analyse

Revue hebdomadaire des marchés financiers Relâchement des pressions sur la livre

Alors que les premiers jours de la semaine dernière étaient encore marqués par une augmentation de la demande sur le dollar, un changement s’est opéré à la veille du week-end sur le marché des changes de Beyrouth. Avec un volume d’affaires un peu étoffé, vendredi, la livre libanaise a bénéficié d’un certain regain d’intérêt. Alors qu’il était négocié de lundi à jeudi non seulement au-dessus du taux moyen indicatif fixé par la Banque du Liban (B.D.L.) mais au haut de la fourchette d’intervention de celle-ci à la vente, soit à 1543,00 L.L., le «billet vert» a dû revenir, vendredi, dans les échanges interbancaires entre 1542,25 et 1542,75 L.L., témoignant aussi bien du développement de l’offre que de l’accroissement de la demande de la livre à des fins de placement en bons de Trésor libanais.
Une fois de plus c’est dans l’actualité politique qu’il convient de chercher les raisons de ce changement. D’un côté, l’ajournement sine die de la discussion d’un projet de loi visant à augmenter les traitements dans le secteur public dans une porportion de 20% est venu soulager quelque peu la communauté financière, dans la mesure où paraissait s’éloigner le spectre d’une nouvelle aggravation du déficit budgétaire.
D’un autre côté, l’opinion publique paraissait voir d’un œil favorable la proposition du gouvernement d’émettre un emprunt obligataire d’un milliard de dollars à trente ans sur les marchés étrangers afin de financer des projets de développement social dans le pays, ce qui est censé débarrasser les opérateurs de la psychose de la «révolte des affamés» et de la «désobéissance civile» lancées par certains intégristes au début du mois.
C’est dans cette optique que la livre libanaise a commencé à bénéficier techniquement de quelques rachats de vendeurs de dollars, rassurés par les perspectives de la situation socio-politique, dans un contexte monétaire sain. Cela d’autant qu’on apprenait auprès de la B.D.L. que l’excédent de la balance libanaise des paiements aurait atteint 713,9 millions de dollars pendant les cinq premiers mois de l’année, reflétant l’importance des flux de capitaux étrangers vers le pays.
Dans cette évolution, le dollar, demandé à la fin de la semaine par la B.D.L. à 1534,50 L.L. au lieu de 1535,50 L.L. auparavant mais toujours offert à 1543,00 L.L., devait opérer un léger repli en affichant vendredi dernier un taux moyen indicatif de 1538,75 L.L. contre 1539,25 L.L. au vendredi 4 juillet, pendant qu’il était négocié pratiquement pendant la même période entre 1542,25 et 1542,75 L.L. contre 1542,75 et 1543,25 L.L., laissant un solde bénéficiaire de 0,03% pour la livre libanaise dans les deux cas.
Dollar diversement
orienté

A l’étranger, le dollar a été diversement traité, la semaine dernière: à la hausse contre le deutsche mark et les monnaies qui lui sont attachées en Europe ainsi que vis-à-vis du yen, mais à la baisse face au sterling et au franc suisse qui ne font pas partie de l’euro (monnaie unique européenne dont le lancement est fixé au 1er janvier 1999).

Les conjectures selon lesquelles plusieurs pays européens membres de l’union monétaire et économique, à l’exception de l’Allemagne, ne seraient pas en mesure de satisfaire les critères d’adhésion à l’euro surtout sous le rapport de la réduction de leurs déficits budgétaires jusqu’à 3% de leurs produits intérieurs bruts (P.I.B.), sont venues donc privilégier aussi bien le dollar que le sterling et le franc suisse face au deutsche mark, qui est censé payer tous les frais d’un euro faible. De plus, la devise britannique devait trouver aussi appui, face au «billet vert», dans le relèvement par la Banque d’Angleterre de ses taux de base d’un quart de point en pourcentage de 6 1/2 à 6 3/4.

En outre, les craintes suscitées par la nouvelle et forte augmentation de l’excédent des comptes courants japonais en mai (+154,9% en rythme annuel à 8,02 milliards de dollars) et de l’excédent commercial pendant les 20 premiers jours de juin (+ 3,95 milliards de dollars), qui avaient tiré le dollar vers le bas contre yen, ne tardaient pas à être dissipées, entraînant un renversement de cette tendance. A cet égard, des propos attribués au vice-ministre japonais des Finances chargé des affaires internationales, Eisuke Sakakibara, selon lequels la politique du Japon vis-à-vis du marché des changes n’avait pas changé et que Tokyo et Washington n’avaient pas du tout l’intention d’utiliser les taux de change comme arme commerciale, ont largement contribué dès mercredi à apaiser les esprits. Cela d’autant que le secrétaire américain au Trésor, Robert Rubin, avait lui aussi exclu, dans une déclaration séparée, toute guerre commerciale entre son pays et le Japon.
Cela étant, la devise américaine, bénéficiant toujours de son statut de «monnaie-refuge» face au deutsche mark, a retrouvé aussi plusieurs atouts contre un yen souffrant toujours des scandales financiers et du ralentissement économique au Japon. De ce fait, les opérateurs n’ont pas été sensibilisés, la semaine dernière, par la publication de nouvelles statistiques aux Etats-Unis, excluant toute perspective de hausse des taux d’intérêt américains, ni par la déclaration du président de la Bundesbank, Hans Tietmeyer, selon lequel son organisme surveillait de près l’évolution des marchés des changes, estimant que la correction de la parité dollar/D.M. est maintenant terminée. Au contraire, ils sont restés à la recherche du dollar, sauf contre sterling et franc suisse, avant et après l’annonce d’une nouvelle baisse de 0,1% des prix à la production aux Etats-Unis, le mois dernier, contre 0,3% en juin et de l’augmentation de 40.000 personnes du nombre des demandeurs d’allocations-chômage pendant la première semaine de juillet, témoignant de l’absence d’inflation et de surchauffe économique.
C’est ainsi que le dollar est parvenu à achever la semaine, vendredi dernier, à New York, en hausse à 1,7745 D.M. contre 1,7525 à la fin de la semaine se terminant au vendredi 4 juillet à Londres (+1,26%) à 5,9885 F.F., contre 5,9110 (+1,31%); à 1719,50 lires contre 1708,40 (+0,65%); à 114,05 yen contre 113,50 (+0,48%) mais en baisse à 1,4630 F.S. contre 1,4680 (—0,34%) et à 1,6945 pour un sterling contre 1,6880 (—0,38%).

Or: Ralentissement
de la baisse

Les pressions qui s’étaient exercées sur les métaux précieux au début de la semaine se sont un peu relâchées à la veille du week-end sur des rachats du découvert. C’est ainsi qu’à New York, la parité de l’once d’or est parvenue à clôturer vendredi dernier à 321,60 dollars, après 317,00, contre 324,50 au vendredi 4 juillet à Londres, réduisant ses pertes à 0,89% en moyenne d’une huitaine à l’autre.
En parallèle, l’argent-métal, qui avait fléchi jusqu’à 4,20 dollars l’once, a achevé la semaine, vendredi dernier, à 4,3270 dollars contre 4,5450 au vendredi 4 juillet, en baisse réduite à 4,80% en moyenne.

Elie KAHWAGI
Alors que les premiers jours de la semaine dernière étaient encore marqués par une augmentation de la demande sur le dollar, un changement s’est opéré à la veille du week-end sur le marché des changes de Beyrouth. Avec un volume d’affaires un peu étoffé, vendredi, la livre libanaise a bénéficié d’un certain regain d’intérêt. Alors qu’il était négocié de lundi à jeudi non seulement au-dessus du taux moyen indicatif fixé par la Banque du Liban (B.D.L.) mais au haut de la fourchette d’intervention de celle-ci à la vente, soit à 1543,00 L.L., le «billet vert» a dû revenir, vendredi, dans les échanges interbancaires entre 1542,25 et 1542,75 L.L., témoignant aussi bien du développement de l’offre que de l’accroissement de la demande de la livre à des fins de placement en bons de Trésor libanais.Une...