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Actualités - Chronologie

Aucune chance de réunification de Nicosie, dernière capitale divisée (photo)

Chypriotes-grecs et turcs de Nicosie affichent leur pessimisme quant aux chances d’une réunification de leur ville, dernière capitale divisée au monde, alors que leurs dirigeants s’apprêtent à engager des négociations.
«Je ne peux pas croire à une réunification de Nicosie, que je souhaite pourtant, tant que les forces turques continuent — depuis déjà vingt-trois ans — à occuper le secteur nord de la ville et de l’île», déclare Dia Loucaïdou.
Dia, une chypriote-grecque de 40 ans, gère un petit atelier de peinture, le seul en activité dans la zone-tampon qui sépare les secteurs grec et turc de Nicosie depuis l’intervention de l’armée turque dans la partie nord de l’île en 1974.
Elle ne cache pas sa frustration de voir les Casques bleus de l’ONU, des diplomates et des touristes traverser quotidiennement, en voiture ou à pied, les quelques dizaines de mètres qui relient les postes de contrôle grec et turc, au «Ledra Palace», l’unique point de passage entre les deux secteurs de Chypre.
«Je rêve de pouvoir un jour faire, comme eux, ces quelques mètres pour me retrouver de l’autre côté et me rendre dans mon village natal que je n’ai plus revu depuis l’invasion de 1974», lance, rêveuse, Dia en suivant des yeux un groupe de touristes marchant vers le secteur turc.
«Je sais que je ne reviendrai plus dans mon village, les Turcs ne le quitteront jamais, ils en ont même changé le nom», ajoute-t-elle.
Le visa d’entrée dans «la République turque de Chypre du Nord» (RTCN), dont doit se munir tout visiteur se présentant au poste de contrôle turc pour passer au nord de Nicosie, confirme «une réalité qu’aucune force ne pourra changer», souligne pour sa part Ali, un chauffeur de taxi, à l’affût des visiteurs arrivant du secteur grec.
«Nous sommes deux peuples et deux Etats distincts qui ne pourront jamais être réunifiés car chacune des deux communautés perdrait son identité et sa liberté», estime pour sa part Hassan Ahmed, un enseignant chypriote-turc de 58 ans.

Eglise et muezzin

Originaire de Limassol, la grande station balnéaire grecque du sud de l’île, Hassan est catégorique: «Les prochaines négociations intercommunautaires n’aboutiront à rien, les Grecs refuseront de reconnaître notre Etat, auquel nous ne renoncerons jamais».
Le président chypriote Glafcos Cléridès et le dirigeant chypriote-turc Rauf Denktash doivent se rencontrer le 9 juillet près de New York pour des pourparlers, les premiers depuis 1994, à l’initiative de l’ONU qui défend depuis des années un plan visant à créer une fédération bizonale et bicommunautaire.
Pour Jalal, 32 ans, «une fédération ne résoudra pas le problème car les Grecs doivent au préalable changer leur mentalité qui les prédispose à rejeter les Turcs musulmans». «Dans le cas d’une réunification de Nicosie, même sous un régime fédéral, est-ce que l’Eglise orthodoxe grecque tolérerait l’appel du muezzin à la prière?» s’interroge-t-il.
La tolérance religieuse ne semble pas de mise non plus au sein de la communauté de Jalal. A vingt mètres de son appartement, dont le balcon ouvre sur la ligne verte séparant les deux secteurs de Nicosie, une église est totalement effondrée. Seules la croix et la cloche restent visibles au-dessus d’un amas de pierres et de débris.
«Soyons réalistes, l’occupation du Nord est un fait accompli, le Nord de Chypre connaîtra le même sort que Constantinople (Istanbul), il ne reviendra jamais aux Grecs, il restera turc et musulman à jamais», résume Dimitri, un Chypriote-grec. (AFP)
Chypriotes-grecs et turcs de Nicosie affichent leur pessimisme quant aux chances d’une réunification de leur ville, dernière capitale divisée au monde, alors que leurs dirigeants s’apprêtent à engager des négociations.«Je ne peux pas croire à une réunification de Nicosie, que je souhaite pourtant, tant que les forces turques continuent — depuis déjà vingt-trois ans — à occuper le secteur nord de la ville et de l’île», déclare Dia Loucaïdou.Dia, une chypriote-grecque de 40 ans, gère un petit atelier de peinture, le seul en activité dans la zone-tampon qui sépare les secteurs grec et turc de Nicosie depuis l’intervention de l’armée turque dans la partie nord de l’île en 1974.Elle ne cache pas sa frustration de voir les Casques bleus de l’ONU, des diplomates et des touristes traverser quotidiennement,...