Victime de la maladie, mais triomphant par-delà la mort à travers une œuvre superbe, Saadallah Wannous a été l’objet d’un hommage organisé par «Masrah Al-Madina» et le «Safir». Une rencontre placée sous le signe de ce Syrien découvrit très tôt l’importance et la violence du mot. La soirée a été consacrée à la littérature, à la poésie et à une très belle musique, pleine d’invention et de vie.
C’est par un poème de la «Khansaa», cette femme qui a pleuré toutes les larmes de son corps pour ses frères défunts, que Nidal Al-Achkar a entamé son discours, tout en évoquant avec émotion et gravité l’œuvre et le personnage de Saadallah Wannous.
Mot de circonstance également vibrant de Paul Chaoul.
Cependant le plus touchant demeure l’intervention de la femme de Saadallah Wannous qui face au micro, à sa toute petite fille Dima et au public, a parlé en termes concis, simples mais poignants de «l’absent».
Puis le groupe musical «Weshm», tout vêtu de noir, a donné une merveilleuse prestation où chant et instruments divers ont capté l’attention du public.
«Nous sommes condamnés à l’espoir…» C’est par cette phrase de Wannous que Nagib Charadi a commencé son tour de chant donnant à cette simple pensée toute la force, le vibrato, et cet aspect délicieusement répétitif d’une modulation prolongée comme une incantation Oum-Koulsounienne.
Sur des textes très courts de poésie, du Hallaj, d’Alnafari et d’Adonis, le groupe, composé de six jeunes musiciens (Kamel Al-Harass, Abid Al-Bahri Mohamed Chakhchakh, Florès Dirxon, Maurice Kipriss) a tissé une musique conciliant l’esprit du «tarab» oriental et des rythmes de musique occidentale contemporaine qui relèvent parfois du jazz. Atmosphère envoûtante qui, même sans paroles, suggère mille idées où la poésie est constamment présente. C’est ainsi que se rejoignent, dans les sonorités lumineuses, le verbe et le rêve de l’humanisme serein de Saadallah Wannous qui a tant aimé la transparence absolue…


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