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Actualités - Chronologie

Femme, iranienne, routière et conductrice d'autocar (photo)

Le foulard strictement noué et l’esprit plein de projets, Massoumeh Soltan-Blaghi, seule femme routière et conductrice d’autocar d’Iran, cache derrière son sourire une volonté de fer et une passion pour son métier.
«Mon rêve, c’est d’avoir mon autocar à moi et d’être la première femme à emmener des touristes visiter d’autres pays», affirme Massoumeh, âgée de 50 ans.
Employée par une coopérative de transports, elle fait chaque semaine l’aller-retour entre Karaj, une grosse ville industrielle proche de Téhéran, et Bandar-Abbas, sur le Golfe persique, à près de 2.000 kilomètres par une route spécialement difficile et dangereuse.
Ancienne infirmière, Massoumeh a commencé à conduire des poids lourds il y a six ans, après que son mari, empêché de travailler par une crise cardiaque, eut temporairement abandonné son métier de routier.
Elle a dû pour cela franchir tous les obstacles possibles et imaginables dans une société islamique plutôt défavorable à ce genre d’activités pour les femmes.
Seule à faire un métier éprouvant, traditionnellement réservé aux hommes, elle doit de surcroît porter en permanence un manteau long et un foulard pour respecter les règles islamiques en vigueur en Iran.
«Pour le premier voyage je n’avais rien dit à mon mari, car je voulais que ce soit une surprise pour lui», raconte-t-elle, le sourire aux lèvres et les yeux pétillants. «J’avais beaucoup d’angoisse et les passagers, pas du tout habitués à voir une femme au volant d’un autocar, étaient un peu choqués», se souvient-elle.
Mme Soltan-Blaghi part ainsi deux fois par semaine sur les routes d’Iran où elle connaît aujourd’hui «beaucoup de gens». «Parfois, certains de mes passagers, et surtout les femmes, arrangent leur emploi de temps pour pouvoir prendre le car avec moi», assure-t-elle avec fierté.
Une fois, elle a même dû faire appel à ses souvenirs d’ancienne infirmière et lâcher le volant pour faire une piqûre à une passagère malade.
Mère de quatre enfants, Massoumeh exerce sa profession avec «amour et passion» tout en conservant une certaine amertume pour être obligée de «rouler au volant de véhicules qui ne lui appartiennent pas».
Se plaignant des «salaires modestes» des routiers en Iran, elle affirme qu’avec son propre autocar «ça pourrait aller mieux».
Certaines autorités, et notamment la fille du président Ali Akbar Hachémi-Rafsandjani, Faézeh Hachémi, très populaire en raison de son engagement en faveur du sport féminin en Iran, l’ont «beaucoup encouragée», affirme-t-elle.
«Mme Hachemi est même intervenue pour qu’une société iranienne de fabrication d’autocars accepte de me faire une remise sur le prix d’un véhicule». Mais, même avec une ristourne, Massoumeh est encore loin de pouvoir réunir les 220 millions de rials (environ 50.000 dollars) nécessaires.
Sa profession ne l’empêche en rien de s’occuper de son foyer, assure-t-elle. Ses enfants la soutiennent et sont même très contents car, poursuit-elle, «à chaque fois que je rentre chez moi, j’ai plein de souvenirs à leur raconter». (AFP)
Le foulard strictement noué et l’esprit plein de projets, Massoumeh Soltan-Blaghi, seule femme routière et conductrice d’autocar d’Iran, cache derrière son sourire une volonté de fer et une passion pour son métier.«Mon rêve, c’est d’avoir mon autocar à moi et d’être la première femme à emmener des touristes visiter d’autres pays», affirme Massoumeh, âgée de 50 ans.Employée par une coopérative de transports, elle fait chaque semaine l’aller-retour entre Karaj, une grosse ville industrielle proche de Téhéran, et Bandar-Abbas, sur le Golfe persique, à près de 2.000 kilomètres par une route spécialement difficile et dangereuse.Ancienne infirmière, Massoumeh a commencé à conduire des poids lourds il y a six ans, après que son mari, empêché de travailler par une crise cardiaque, eut temporairement...