A partir d’aujourd’hui, 1er juillet 1997, La Grande-Bretagne réintègre officiellement l’Organisation des Nations Unies pour l’éducation, la science et la culture (UNESCO) après douze années d’absence.
Cette décision du gouvernement de Tony Blair vient après que le président américain, Bill Clinton, dont le pays a quitté l’organisation en 1984, ait assuré, lui aussi, que les Etats-Unis étaient décidés à revenir au sein de l’Organisation internationale dès que l’état de leurs finances le leur permettra. Cela montre bien que l’UNESCO bénéficie depuis plusieurs années d’un regain d’intérêt international, surtout pour ce qui fait sa spécificité dans notre monde d’aujourd’hui, c’est-à-dire l’impératif éthique, qui est au cœur de sa mission.
Au sein du système des Nations Unies, l’UNESCO, qui a été fondée le lendemain de la Deuxième Guerre mondiale, a pour tâche, comme l’affirme le préambule de son acte constitutif, «d’élever dans l’esprit des hommes les défenses de la paix». Elle se propose de contribuer au maintien de la paix et de la sécurité en resserrant par l’éducation, la science et la culture, la collaboration entre les nations afin d’assurer le respect universel de la justice, des droits de l’homme et des libertés fondamentales et, en un mot assurer le droit de chaque être humain à la paix.
Ce rôle attribué à l’UNESCO fait dire qu’elle est le fruit du pari fou de quelques visionnaires à la fin de la Deuxième Guerre mondiale, qui croyaient en la supériorité de l’esprit sur la matière et de cette conviction que ce sont les idées qui mènent le monde.
Et comme l’a indiqué, à juste titre, Stanley Hoffmann, professeur à l’université de Harvard dans un article au journal français «Le Monde», le rôle de l’UNESCO est «d’enseigner la réconciliation», ajoutant: «Parmi toutes les missions que l’UNESCO peut chercher à accomplir dans un monde où, comme toujours, la guerre naît dans l’esprit des êtres humains mais provient en définitive de leurs passions, il n’en est pas de plus utiles que la mise en perspective et l’apaisement des différences ethniques, religieuses, culturelles et idéologiques entre les Etats ou entre les peuples qui coexistent dans tant d’Etats». Et il ajoute: «N’est-il pas temps d’opposer aux enseignements qui, délibérément ou non, inculquent l’antagonisme et le sentiment de la différence insurmontable, l’enseignement de la réconciliation et de la diversité bienfaisante?». C’est cela la vocation de l’UNESCO dans notre monde d’aujourd’hui.
Et Federico Mayor, directeur général de l’UNESCO, ne dit pas autre chose quand il affirme haut et fort que la mission que veut accomplir l’UNESCO aujourd’hui, c’est d’aider notre monde à passer d’une culture de guerre à une culture de paix et d’inscrire le droit de l’être humain à la paix dans la Déclaration universelle des droits de l’homme et il assure que la reconnaissance d’un tel droit serait «la meilleure façon de célébrer en 1998 le 50e anniversaire de cette Déclaration».
Il est évident que le rôle de l’UNESCO (favoriser cette culture de la paix) ne peut être réaliste que si l’on comprend aujourd’hui que la paix, définie naguère comme simple absence de guerre, est aujourd’hui comprise comme un processus dynamique beaucoup plus vaste. Un processus qui englobe les relations non violentes non seulement entre les Etats, mais aussi entre les individus, entre les groupes sociaux, entre les Etats et leurs citoyens et entre l’être humain et le milieu planétaire.
D’où, au cœur des différents programmes de l’UNESCO pour une culture de la paix, l’idée que l’éducation, qui est la compétence principale de l’UNESCO, depuis sa fondation en 1945, est la base de toute transformation sociale. Et comme l’a affirmé à juste titre Kofi Annan, secrétaire général de l’ONU, «c’est l’éducation qui encourage la compréhension, la tolérance, l’amitié entre toutes les nations, entre tous les groupes sociaux et religieux et aide chacun à atteindre pleinement son potentiel»
C’est ainsi qu’aujourd’hui, à la question: à quoi sert l’UNESCO, on peut à juste titre citer la phrase de Nehru: «Elle est la conscience du système des Nations Unies.» C’est l’UNESCO qui se fait le champion de la liberté de presse, qu’elle considère comme élément fondamental pour la démocratie.
C’est l’UNESCO qui rappelle qu’il n’y pas de développement possible si les peuples n’ont pas leur propre projet d’avenir; que ce développement n’est pas durable s’il n’y a pas de partage ni de justice.
L’UNESCO, comme l’affirme Federico Mayor, «est le pouvoir de la parole, pour rappeler chaque jour que la guerre est la pire des solutions, que la paix est possible, que le monde peut évoluer vers un partage meilleur, davantage de justice, de bonheur, d’amour et d’amitié».
Adnan NASRAWIN
UNESCO/Paris


L'Iran ripostera de façon « décisive » à toute attaque, avertit son négociateur en chef
À Verdun, un « sommet spirituel » pour préserver l’unité nationale... et donner un coup de pouce au pouvoir