Comme les muses des arts avaient leur temple baptisé muséum, le quatrième pouvoir a, à présent, le sien nommé «Newséum» (news signifiant nouvelles). Le muséum se dressait sur une colline d’Athènes. Le «Newséum», situé à Rosslyn, la banlieue la plus proche de Washington, est le premier du genre. S’étendant sur 22 kilomètres carrés, il couvre et découvre tous les aspects des médias et leurs coulisses. Et de plus tout y est interactif.
Véritable vitrine du journalisme, il est une spectaculaire invite à découvrir les cinq grands principes de cette profession: «QUI, QUAND, OÙ, COMMENT, POURQUOI».
— QUI sont et qui étaient les gens, en charge de rendre compte des événements?
— OÙ et QUAND a débuté l’industrie de la presse?
— COMMENT opère-t-on aujourd’hui dans ce domaine?
— POURQUOI on aime ou on hait cette gent?
Inauguré en mai dernier, ce musée est à la fois salle de rédaction, salle de composition, studio de TV, agence d’informations, ses galeries abritent des objets et des documents évoquant l’histoire des quotidiens et des périodiques de par le monde.
On a aussi voulu que le bâtiment soit un beau spécimen architectural; et il l’est grâce à son talentueux concepteur, Ralph Applebaum.
Dès leur arrivée, les visiteurs entrent dans le vif du sujet: ils sont accueillis par un énorme globe géodésique en verre et chrome sur lequel sont inscrits les titres et les logos de toutes les publications américaines et de beaucoup d’autres paraissant sous d’autres cieux. Plus loin, se dresse «Le mur des nouvelles» qui déverse, à la manière des téléscripteurs, les matières de l’heure, du moment, qui feront la «Une», la «Deux», ou la «Dernière». Les visiteurs en ont ainsi la primeur avant de les voir, le lendemain, noir sur blanc.
Jouer au speaker
ou au redac - chef
Comme le mot d’ordre est de renseigner et de divertir, tout un chacun peut jouer au speaker et autres animateurs du petit écran dans un studio aménagé à cet effet, avec techniques et techniciens de pointe. Et, chacun peut y aller du texte de son cru, avec pour décor de fond le Congrès ou la Maison-Blanche. Le tout sera enregistré sur une cassette vidéo qu’il pourra ramener chez lui. Il n’aura qu’à payer le prix de la cassette: 10 dollars.
On peut aussi tester son aptitude journalistique en s’improvisant rédacteur en chef, avec pour mission de décider de la manchette du lendemain ou reporter de choc en annonçant une nouvelle explosive, en plein déroulement d’un programme habituel.
Pour reprendre son souffle, on fait halte dans un cyber-café branché sur l’Internet et sur le très performant «moteur de recherches», Lexis Nexis, permettant, à l’idée de mots-clés, d’effectuer les investigations voulues.
En cas de besoin d’un bol d’air frais, il n’y a qu’à aller faire un tour du côté du «Freedom Park» (Parc de la Liberté), dédié à la liberté d’expression. Parmi les arbres et les fleurs se dressent entre autres, un monument honorant plus de mille journalistes, morts en service commandé depuis 1812.
Retour à l’intérieur et arrêt au musée de l’histoire de la communication. On y trouve, notamment, un rapport d’un tribunal de l’ancienne Egypte, rédigé sur papyrus, daté de l’an 1100 av. J.C., et relatant le procès de pilleurs de tombes qui, après avoir été torturés ont avoué avoir dévalisé les momies des fils du grand Ramsès. Il y a aussi une lettre de la Renaissance italienne, rédigée en 1400, qui illustre la manière dont les moines diffusaient les nouvelles.
Reste encore à passer dans un théâtre en rond (où est projeté un film intitulé «What is News?» (qu’appelle-t-on nouvelle), réalisé par Charles Guggenheim. Puis au «Freedom Forum» (évoquant la liberté de presse et l’éthique journaliste) à l’explostion d’objets du menu quotidien, ayant appartenu à des reporters de grande notoriété, dont certains sont devenus des écrivains non moins renommés: les lunettes de Paul Revere, la pipe de Mark Twain, le crayon de Charles Dickens, la caméra de Mathew Bradley et autres machines à écrire portables ayant fait plus d’une guerre.
Cette descente dans le monde de la fabrication de l’information est à l’image de sa nature même: éternellement recommencée. Au «Newséum», on va une fois, deux fois, trois fois et même quatre fois. On a tout à gagner et rien à perdre... Comme on le sait, tous les musées aux Etats-Unis sont ouverts gratuitement au public.


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