La reine, arrivée lundi à Terre-Neuve pour sa première visite depuis près de vingt ans, avait décidé de consacrer sa journée, la dernière dans l’île, à la communication sous toutes ses formes, directe ou à distance.
Elizabeth II avait donc passé la matinée à rencontrer des gens dans un parc public, une école et une usine. Dans une pâtisserie industrielle, elle s’était intéressée à la cuisson des confitures et des bonbons, au pétrissage de la pâte pour faire des crackers, aux moules utilisés pour les découper. Elle a même enlevé son gant noir pour toucher la pâte.
Revêtue de la blouse blanche réglementaire pour visiter les usines alimentaires, la reine a échangé quelques mots avec les ouvriers, qu’elle a laissés sous le charme. «Elle est venue nous voir parce que nous sommes une usine de base, pour la vie de tous les jours», affirmait une ouvrière, tandis qu’un autre restait bouleversé devant la chaîne de découpage des biscuits.
Les enfants d’une école pour les sourds, qui avaient interprété à l’unisson un émouvant «God Save the Queen» en langage des signes, lui présentaient ensuite un spectacle avec transcription audio mettant en avant les bienfaits de la technologie et plus spécifiquement d’Internet pour le développement des échanges entre les malentendants. «Aujourd’hui, les sourds peuvent se téléphoner», soulignait le maître de cérémonies.
Message reçu
Communication encore dans un parc public où, après avoir planté un érable, elle a serré des mains et échangé quelques mots avec des familles venues profiter d’un soleil printanier. Comme de convenance, elle a salué aussi des anciens combattants lors d’un dépôt de gerbes au monument aux morts de la ville.
La reine a conclu sur une note plus technologique en se rendant sur Signal Hill, la colline qui domine Saint Jean et d’où, en ce début d’été, on aperçoit encore au large quelques icebergs. C’est de là que Marconi, en 1901, avait, avec l’aide d’un cerf-volant montant à plus de 100 mètres, capté le premier message envoyé sans fil d’Outre-Atlantique.
La reine s’est intéressée à une exposition sur les communications et a transmis un message par radioamateur à Bristol, en Angleterre. «Je suis heureuse de savoir, a-t-elle dit, que Terre-Neuve et le Labrador sont toujours à l’avant-garde de l’industrie des communications». «Message bien reçu, haut et clair», a répondu une voix venue de l’autre côté de la mer.
De fait, l’industrie des télécommunications connaît un fort développement dans cette province, dont l’économie a été dévastée par l’arrêt obligé de la pêche à la morue. «Signal Hill est la fenêtre de notre pays vers le monde», a commenté avec emphase le ministre fédéral du Patrimoine Sheila Copps.
Le prince Philip s’était lui aussi intéressé à la haute technologie en visitant dans la matinée une entreprise d’équipements cellulaires et de communications satellitaires.
Dans la soirée, la reine a assisté à un dîner offert en son honneur par le premier ministre Jean Chrétien, dans le plus grand hôtel de Saint-Jean. Elle a quitté Terre-Neuve jeudi pour le Labrador, plus au nord, puis l’Ontario, où elle fêtera notamment le 150e anniversaire de la naissance du Canadien Graham Bell, le père du téléphone. (AFP)


Poutine estime que le conflit en Iran a détourné l'attention de Washington de l'Ukraine