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Actualités - Chronologie

Nouveau cabinet algérien : pari risqué et cadeau empoisonné pour les islamistes

Le premier parti islamiste algérien, l’ex-Hamas, a mis sa crédibilité en jeu en acceptant plusieurs ministères «sensibles» — dont celui de l’Industrie — dans le gouvernement formé mercredi par Ahmed Ouyahia et dominé par les conservateurs.
Consacré comme la seconde force politique du pays par les législatives du 5 juin dernier, avec 69 sièges sur 380, l’ex-Hamas, rebaptisé Mouvement de la société pour la paix (MSP) dirigé par cheikh Mahfoud Nahnah, s’est vu octroyer sept portefeuilles.
Il détient désormais les ministères de l’Industrie et de la Restructuration, du Tourisme et de l’Artisanat, des Transports, des PME ainsi que les secrétariats d’Etat à l’Environnement, à la Pêche et à l’Artisanat.
Il n’avait que deux postes mineurs dans le précédent gouvernement.
Avec une telle présence aux côtés du parti présidentiel du Rassemblement national démocratique (RND) et du Front de libération nationale (FLN, ex-parti unique) qui forment la majorité conservatrice, le MSP risque de perdre son rôle d’opposant.
Son pari est d’autant plus périlleux qu’il a été chargé de gérer des secteurs problématiques, comme ceux de l’Industrie, du Tourisme et des Transports.
En endossant un rôle de gestionnaire, il apparaît désormais en première ligne face aux fractures sociales qui minent ce pays de 29 millions d’habitants.
Dans l’industrie, la production est en chute libre depuis plusieurs années et la restructuration du secteur se traduira cette année par la fermeture de plusieurs entreprises et des dizaines de milliers de licenciements.
Or le MSP a fait de la lutte contre le chômage — qui frappe officiellement plus de 28% de la population active — un de ses principaux thèmes de campagne.
Le poste a été confié à un jeune aux dents longues, Abdelmadjid Ménsara, 33 ans, ingénieur d’Etat en fabrication mécanique. C’est un des cadres les plus en vue du parti.
Son collègue du Tourisme, moins connu, Abdelkader Bengrina, 35 ans, DES de physique et professeur de lycée hérite d’un secteur en déshérence, qui subit de plein fouet les contrecoups de la violence.
M. Bengrina tentera notamment de réussir là où on son prédécesseur a échoué: mettre en œuvre la privatisation de plusieurs hôtels. Un programme qui charrie également son lot de licenciements.
Le second parti islamiste légal, Ennahda, à la ligne plus «dure», qui a fait une percée spectaculaire aux dernières législatives, en obtenant 34 sièges, se positionne déjà pour rentabiliser le mécontentement éventuel qui affecterait les électeurs de l’ex-Hamas.
«A l’avenir, le peuple algérien saura récompenser les hommes à principes et sanctionner ceux qui n’ont d’autres préoccupations que leurs intérêts partisans et personnels», a prédit mercredi le chef du mouvement, Abdallah Djaballah, dans un entretien au quotidien Liberté.
«Les positions qui appuient la dictature de la majorité numérique truquée s’inscrivent en porte à faux avec la construction de la démocratie pluraliste», a ajouté M. Djaballah en dénonçant la «complicité» du MSP avec le RND au sein de l’Assemblée nationale.
A l’inverse, les «démocrates» s’inquiètent de «l’entrisme» du MSP et de sa stratégie de prise du pouvoir à long terme qui lui enjoint de participer au gouvernement.(AFP).
Le premier parti islamiste algérien, l’ex-Hamas, a mis sa crédibilité en jeu en acceptant plusieurs ministères «sensibles» — dont celui de l’Industrie — dans le gouvernement formé mercredi par Ahmed Ouyahia et dominé par les conservateurs.Consacré comme la seconde force politique du pays par les législatives du 5 juin dernier, avec 69 sièges sur 380, l’ex-Hamas, rebaptisé Mouvement de la société pour la paix (MSP) dirigé par cheikh Mahfoud Nahnah, s’est vu octroyer sept portefeuilles.Il détient désormais les ministères de l’Industrie et de la Restructuration, du Tourisme et de l’Artisanat, des Transports, des PME ainsi que les secrétariats d’Etat à l’Environnement, à la Pêche et à l’Artisanat.Il n’avait que deux postes mineurs dans le précédent gouvernement.Avec une telle présence aux...