En introduction, quatre vers du poète Ounsi el-Hajj puis un texte de Michel Asmar publié en préface de la première publication du Cénacle. Il y explique le pourquoi du projet. Renée Asmar Herbouze, fille du fondateur et secrétaire de l’institution pendant de nombreuses années, signe l’avant-propos.
La préface, de Ghassan Tuéni, évoque les deux périodes du Cénacle, de 1946 à 1958, «date de la première guerre civile» et de 1958 à 1975, «date à laquelle la guerre civile va devenir une guerre des autres. Le Cénacle devient alors incapable de résorber le problème».
«Michel Asmar invitait au Cénacle toute personne qui avait quelque chose à dire et toute personne qui voulait écouter et discuter ce qui se disait…» (…) «L’importance du Cénacle c’est qu’il ne se soit pas enfermé dans un isolationnisme étouffant, mais qu’il ait été toujours ouvert, dépassant même ses limites culturelles…».
Après une introduction de Nassif Nassar, le texte d’une causerie de Michel Asmar au Rotary en 1962. Il y cite quelques amis du Cénacle. «Ceux qui virent naître le Cénacle ne déchiffrent plus que difficilement son relief. Pour eux il est inscrit dans la vie nationale, comme le dit René Habachi», «plus permanent que les gouvernements, aussi régulier que la vie universitaire». (…) Michel Asmar évoquait également Georges Naccache: «Si une synthèse libanaise est réalisable, s’il est vrai que c’est à partir d’une vision d’eux-mêmes et de leur milieu que les Libanais ont à se choisir et à promouvoir ce possible — ce Liban possible qui est la matière même de notre histoire — c’est bien dans les conditions morales réunies par une institution comme le Cénacle que cette opération a le plus de chances de se produire. Sur le plan de la liberté la plus absolue, des hommes — des Libanais — issus des milieux les plus différents, aux appartenances les plus diverses, viennent ici s’interroger publiquement devant nous. Sur les sujets les plus différents, ils confrontent leurs idées, ils nous proposent leur vision. Et c’est de cette permanente contestation, dans ce remuement des idées, dans ce choc des disciplines et des techniques — à travers et par ces diversités et ces oppositions — que se fait et que se fera le Liban. (…) Cette invitation à l’histoire c’est la fonction essentielle de ce Cénacle, l’ambition inexprimée et très belle de son animateur. C’est ici un lieu où des hommes se pensent et donc s’opposent, dans une volonté de dépassement qui est le mouvement même par lequel nous opérons notre prise sur l’avenir».
Choix de 50
conférences
L’ouvrage présente ensuite deux parties: une sélection de cinquante conférences majeures, prononcées au Cénacle, aussi bien en arabe qu’en français puis onze études qui «se proposent d’opérer une lecture des divers thèmes abordés au Cénacle et d’interroger les textes à partir de l’actualité et des problématiques qui se posent au Liban d’aujourd’hui». En clôture, une partie «traitée comme un album», rassemble témoignages et photos…
Parmi les conférenciers retenus: Arnold Toynbee, le grand historien britannique; l’abbé Pierre; Habib Bourguiba; Léopold Sédar Senghor; Kamal Joumblatt; Amine Nakhlé; Nagib Sadaka, diplomate; Antoine Tabet, architecte; Habib Abi Chahla; Fouad Efrem el-Boustany; Charles Corm; Georges Naccache; Maurice Gemayel; Georges Hakim; Emile Boustany; Michel Chiha; Takieddine Solh; Saïd Akl; Jawad Boulos; Ibrahim Abdel Al; Philippe Takla; Constantin Zreïk; Charles Malek; Hamid Frangié; Ghassan Tuéni; Youssef el-Khal; Assem Salam; Leyla Baalbaki; René Habachi; Saëb Salam; Edouard Honein; Fouad Boutros; le père Louis Lebret; Fouad Ammoun; Imam Moussa Sadr; père Youakim Moubarak; cheikh Sobhi Saleh; Nadia Tuéni; Joseph Zaarour, Adonis; Mgr Georges Khodr.


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