Les chefs d’Etat ou de gouvernement de ces pays — la Turquie, le Bangladesh, l’Egypte, l’Indonésie, l’Iran, la Malaisie, le Pakistan, ainsi que le Nigéria représenté par un ministre — ont signé lors d’une réunion au sommet un communiqué conjoint, la «Déclaration d’Istanbul», qui précise les principes et le cadre de ce mécanisme de coopération.
La coopération entre ces pays inclut également les consultations politiques et la coordination dans les organisations internationales, selon ce document signé dans un ancien palais ottoman transformé en hôtel au bord européen du Bosphore.
«Notre but est d’obtenir la position que nous méritons dans les plates-formes économiques et commerciales» au monde, a déclaré le premier ministre islamiste turc, Necmettin Erbakan, dans son discours inaugural.
Ce projet a été lancé par M. Erbakan en octobre 1996, s’inspirant du «G-7» (les sept pays les plus industrialisés).
M. Erbakan a déploré la faible part de 2,4% (600 milliards de dollars) des pays du «D-8» dans le produit national brut total de la communauté internationale qui, selon lui, dépasse 25.000 milliards de dollars. «Nous avons le potentiel de décupler cette part», a-t-il dit.
«Nous mènerons nos efforts avec les pays industrialisés dans une atmosphère de dialogue constructif et de coopération et non dans celui de conflit et de tension», a-t-il poursuivi.
M. Erbakan avait initialement appelé le groupe M-8 (M pour musulmans), ce qui avait été rejeté par la suite. Dimanche, il s’est abstenu de mettre l’accent dans son discours sur le caractère musulman du «D-8».
La lutte contre la pauvreté figure dans une longue liste de domaines de coopération définie par la «Déclaration d’Istanbul». Les autres domaines sont notamment, le commerce, l’industrie, les télécommunications, les finances et les privatisations, la science et la technologie, l’agriculture et l’énergie. Le développement des ressources humaines et la protection de l’environnement sont également cités parmi les objectifs du «D-8».
La Turquie, l’Iran et l’Indonésie ont été représentés par leurs présidents à Istanbul.
Dans son discours, le président iranien Ali Akbar Hachémi-Rafsandjani a notamment mis l’accent sur le caractère musulman du «D-8» et a préconisé une intégration économique des pays musulmans.
Le président indonésien Souharto a déclaré pour sa part que les pays de «D-8» devaient créer une «synergie dans la coopération Sud-Sud», une allusion aux pays en développement entre le Nord et le Sud.
Le Bangladesh, l’Egypte, la Malaisie et le Pakistan étaient représentés par leurs premiers ministres, respectivement, Sheikh Hassina Wajed, Kamal al Ganzouri, Mahathir Bin Mohamad et Nawaz Sharif.
Le Nigéria a été représenté par son ministre de l’industrie, Mohammed Halladu.
Le sommet prochain du «D-8» aura lieu en novembre ou en décembre 1998 à Dacca, au Bangladesh.


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