M. Chirac, qui était accompagné du nouveau ministre socialiste de la Défense, Alain Richard, et du ministre communiste des Transports, Jean-Claude Gayssot, s’est affirmé très européen, en insistant notamment sur la coopération franco-allemande.
Inaugurant ce salon pour la deuxième fois comme chef de l’Etat, M. Chirac n’a pas prononcé de discours, contrairement à ce qu’il avait fait en juin 1995, un mois à peine après son accession à l’Elysée. Mais le président, accompagné des Pdg de Dassault Aviation, Serge Dassault, et d’Aérospatiale, Yves Michot, a délivré à son passage dans les stands un message dont la tonalité était résolument pro-européenne.
Il a pris date sur des sujets qui relèvent du secteur de la défense, domaine «partagé» entre le président gaulliste et le gouvernement de gauche. Les industriels attendent que le premier ministre socialiste, Lionel Jospin, dévoile ses intentions sur le sujet stratégique de la restructuration des industries de défense et l’avenir de quelques programmes majeurs en clôturant le salon, samedi 21 juin.
Au stand de l’Espace, M. Chirac a souligné que «la coopération franco-allemande en matière d’observation spatiale est tout à fait stratégique». Au stand Eurocopter, la société franco-allemande (Aérospatiale-DASA) qui produit des hélicoptères civils et militaires, il a estimé que cette compagnie, «avec ses grands programmes fédérateurs» comme l’hélicoptère de combat Tigre ou de transport militaire NH90 était un «précurseur de l’Europe de la défense», dont, a-t-il dit, «l’exemple doit nous inspirer».
Au cours d’une présentation en vol, écourtée par les mauvaises conditions météo, Jacques Chirac a pu voir évoluer le Tigre dont l’industrialisation a été annoncée pendant le salon.
M. Chirac s’est attardé au stand Airbus, où l’administrateur-gérant, Jean Pierson, a attiré son attention sur «la période difficile» qui s’ouvre pour l’Europe, confrontée à une âpre concurrence des Américains Boeing et McDonnell Douglas.
MM. Chirac et Pierson ont évoqué les récents «succès commerciaux» d’Airbus en Chine, le président encourageant Airbus à développer la coopération avec Singapour pour le futur avion de 100 places qui doit être conçu par l’industrie européenne avec la Chine.
En matière de défense, Jacques Chirac a rappelé les principes qu’il défend depuis deux ans, notamment sur les deux grands chantiers qu’il avait lui-même lancés, privatisation de Thomson et fusion Dassault-Aérospatiale, qui attendent la position du nouveau gouvernement. «Un effort considérable a été engagé depuis deux ans pour moderniser l’outil de défense, réduire les coûts et promouvoir l’exportation. Cet effort doit être poursuivi», a-t-il affirmé.
Pour M. Chirac, le groupe d’électronique français Thomson CSF «doit jouer un rôle central dans la restructuration européenne des industries de défense» et «a vocation à constituer le grand pôle électronique dont la France a besoin».
Au stand Aérospatiale, M. Chirac a souligné qu’il était «essentiel de rapprocher les compétences civiles et militaires dans le domaine aéronautique», afin que les industries françaises «soient plus compétitives».
A son passage au stand Dassault Aviation, son discours s’est fait nettement moins européen: la France «est une grande puissance qui doit conserver la capacité de produire des avions de combat», a-t-il déclaré.
Jacques Chirac a également visité plusieurs stands étrangers, dont ceux de l’allemand DASA et du britannique British Aerospace, des russes Kazan et Sukhoï, et du fabricant de lanceurs de satellites chinois China Great Wall. Il a en revanche ignoré les grands industriels américains, qui ont pourtant très fortement augmenté cette année leur présence au Bourget.


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