Elus le 5 juin, les 380 députés de la première Assemblée pluraliste depuis l’indépendance (1962) doivent se retrouver dimanche pour leur première séance.
La reconduction de M. Ouyahia, en poste depuis janvier 1996, et qui avait démissionné mardi, était donnée comme quasi certaine.
Ce diplomate, diplômé de l’Ecole nationale d’administration (ENA), a été élu député à Alger, après avoir mené la campagne du Rassemblement national démocratique (RND), le parti présidentiel. Il passe pour être très écouté du président, dont il fut le chef de cabinet durant deux ans.
Le RND était arrivé largement en tête avec 155 sièges après un scrutin dont la régularité a été dénoncée par tous les autres partis.
M. Ouyahia doit maintenant consulter les partis pour former son gouvernement. La presse se perdait en conjectures dimanche sur sa composition.
El-Moudjahid (gouvernemental) indiquait ainsi que le Front de libération nationale (FLN), qui a fait monter les enchères ces derniers jours, aurait quatre à cinq portefeuilles.
Ce titre indiquait que le Mouvement de la société pour la paix (MSP, ex-Hamas, islamiste), arrivé en deuxième position, ferait aussi partie de la nouvelle équipe, après avoir eu deux portefeuilles mineurs dans le précédent gouvernement Ouyahia.
Le MSP de cheikh Mahfoud Nahnah avait obtenu 69 sièges et le FLN 64. Ces deux partis se seraient fermement opposés à la reconduction de M. Ouyahia, selon des informations de presse.
Les alliances
Le quotidien privé La Tribune avançait aussi comme possible la participation du Rassemblement pour la culture et la démocratie (RCD), le parti du camp «démocrate» de Saïd Sadi, qui n’a obtenu que 19 sièges, et a protesté avec virulence contre une «fraude massive» lors des législatives.
La question des alliances à l’Assemblée était également au centre des interrogations. Aucun parti ne possède la majorité. Malgré ses critiques, le FLN apparaît comme l’allié idéologiquement le plus proche du RND.
Le chef du gouvernement présente son programme devant l’Assemblée. Il doit donner sa démission si celui-ci est rejeté.
Personnalité relativement effacée, M. Ouyahia est crédité d’un certain succès dans l’application d’un programme d’austérité soutenu par le FMI, dont les premiers résultats restent cependant fragiles.
Il est en revanche très impopulaire dans les couches les plus défavorisées et les classes moyennes, victimes des effets de ce plan et touchées de plein fouet par les «ponctions» et les augmentations.
La tâche de M. Ouyahia sera aussi de préparer les prochaines élections municipales, prévues dans six mois, et qui devront parachever le cycle électoral et tourner définitivement la page, pour les autorités, de l’époque du Front islamique du salut (FIS, dissous).
Le FIS avait remporté en 1990 la majorité des municipalités, et aurait eu la majorité absolue à l’Assemblée dans l’interruption du processus électoral en janvier 1992, qui a plongé le pays dans un cycle de violence, faisant plus de 60.000 morts, selon des sources occidentales.
Des maires désignés par les autorités avaient remplacé les élus FIS et une Assemblée aux membres nommés avait été installée.
La nouvelle Assemblée a été rejetée en bloc par l’instance exécutive du FIS à l’étranger, qui ne considère comme légitimes que les résultats de 1991.
L’attitude des autorités envers les groupes armés ne devrait, elle, pas varier. Le président Zéroual a promis «l’extermination» des groupes «terroristes», encore forts de plusieurs milliers d’hommes embusqués dans des maquis.


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