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Actualités - Chronologie

Koweit : la tentative d'assassinat d'un député enflamme le débat politique

KOWEIT, 13 Juin (AFP). — Une tentative d’assassinat d’un député libéral enflamme le débat politique et alimente une campagne des députés libéraux contre la corruption au Koweit, seule monarchie du Golfe à élire un Parlement.
Les intrigues qui auraient conduit à l’attentat contre le député Abdallah Nibari alimentent les discussions dans les diwaniyas, traditionnels lieux de rencontres nocturnes au Koweit pour débattre de questions politiques.
M. Nibari, 61 ans, chef de file de l’opposition libérale qui tonnait contre la corruption, a été atteint de deux balles le 6 juin. Il se rétablit dans un hôpital à Koweit.
Au Parlement, les débats qui tournaient autour de l’ interdiction ou non des défilés de mode ont vite été braqués sur le problème de détournements de fonds publics.
«Sans tenir compte des motifs des auteurs du crime, cet acte a symboliquement donné un élan» au combat contre la corruption, a commenté un diplomate.
Trois Koweitiens et deux Iraniens soupçonnés d’implication dans l’attentat ont été arrêtés samedi et déférés devant le Parquet. La loi interdit de publier leurs noms avant leur comparution en justice.
Mais dans un pays aussi petit que le Koweit, leurs identités sont sur toutes les lèvres et les spéculations sur leurs motifs vont bon train. Aucune théorie n’implique l’Iran malgré la nationalité de deux exécutants.
M. Nibari, un des quatre députés libéraux élus lors des élections législatives d’octobre 1996, s’est illustré par son combat contre la corruption.
Il avait présidé dans l’Assemblée élue pour la période allant de 1992 à 1996 un comité pour la protection des biens publics, qui avait examiné plusieurs affaires de corruption, dont au moins une impliquant un membre de la famille régnante des Al-Sabah.
Depuis l’attentat, «les députés proches de Nibari mènent la danse» dans un Parlement jusque-là dominé par les députés pro-gouvernementaux sortis vainqueurs des dernières législatives, a estimé le commentateur politique et professeur d’Université, Chafik Al-Ghabra.
Le regain de popularité des libéraux pousse plus de Koweitiens à lire l’hebdomadaire politique Al-Tali’a (l’avant-garde), porte-voix des Libéraux et qui critique le gouvernement, a ajouté M. Ghabra.
M. Nibari est un des copropriétaires de cette revue, qui a accusé de corruption des «personnages proches de ministres», dont un ancien officier de l’armée, dans des articles publiés en avril et mai.
Les débats entre le cabinet et le Parlement sont houleux, les Libéraux et les Islamistes considérant la tentative d’assassinat comme un «crime politique» et non une vendetta.
Le premier ministre par intérim, cheikh Sabah Al-Ahmad Al-Sabah, a pressé mardi les députés de ne pas forcer le gouvernement à «faire quelque chose qu’il ne souhaite pas faire», une phrase interprétée comme une menace de dissoudre le Parlement.
L’assemblée koweitienne avait été dissoute à deux reprises depuis les premières élections en 1963. La première dissolution a eu lieu entre 1976 et 1981 et la deuxième entre 1986 et 1992.
«Sans aucun doute, il y a une profonde crainte chez les Koweitiens quant à l’avenir de leur démocratie», a souligné Ghanim Al-Najjar, commentateur et analyste politique.
«Quand des crises se produisent, les Koweitiens se demandent toujours si leur système démocratique sera capable d’y faire face», a poursuivi ce professeur de Sciences politiques à l’Université de Koweit.
KOWEIT, 13 Juin (AFP). — Une tentative d’assassinat d’un député libéral enflamme le débat politique et alimente une campagne des députés libéraux contre la corruption au Koweit, seule monarchie du Golfe à élire un Parlement.Les intrigues qui auraient conduit à l’attentat contre le député Abdallah Nibari alimentent les discussions dans les diwaniyas, traditionnels lieux de rencontres nocturnes au Koweit pour débattre de questions politiques.M. Nibari, 61 ans, chef de file de l’opposition libérale qui tonnait contre la corruption, a été atteint de deux balles le 6 juin. Il se rétablit dans un hôpital à Koweit.Au Parlement, les débats qui tournaient autour de l’ interdiction ou non des défilés de mode ont vite été braqués sur le problème de détournements de fonds publics.«Sans tenir compte des motifs...