Donné favori à 13-8 par le bookmaker britannique William Hill, Pete Sampras, numéro un mondial et déjà trois fois vainqueur à Wimbledon, entend faire respecter la hiérarchie.
Malgré sa défaite au troisième tour des Internationaux de Roland Garros, Sampras est confiant: «Je ne panique pas. Je sais que je peux m’améliorer avant Wimbledon. Si je m’inquiétais de toutes mes défaites je serais déjà dans un asile».
Assénant ses services et ses smashs sur le gazon reluisant du club de Hurlinggham, il s’est préparé toute la semaine pour retrouver le toucher et la vitesse nécessaires afin de remporter le titre.
L’Américain possède un jeu presque parfaitement adapté au gazon, mais sa défaite la semaine dernière en quart de finale du tournoi du Queen’s a montré qu’il avait besoin de se réadapter à la surface.
Après une longue saison sur terre battue et sur dur, il est difficile de rejouer sur l’herbe anglaise rapide et glissante, d’autant que le faible nombre de tournois professionnels sur ce type de surface donne peu d’opportunités de se préparer au prestigieux tournoi du Grand Chelem.
Le règne de la vitesse
La tâche a semblé trop rude pour plusieurs spécialistes de la terre battue qui ne voient pas comment ils pourraient rivaliser avec les maîtres du service-volée.
«Ne clignez pas des yeux ou vous manquerez la balle», tel semble en effet être la devise du tournoi, cette année plus que jamais, à la plus grande déception de noms légendaires du tennis qui ont fait leur deuil du jeu au toucher de balle délicat.
L’Espagnol Sergi Bruguera, ancien vainqueur de Roland Garros et finaliste cette année, est à la tête d’une liste de vingt de ses compatriotes qui ont déclaré forfait.
Leur départ laisse le champ libre aux grands cogneurs tels que le Croate Goran Ivanisevic, tête de série No 2, deux fois finaliste à Wimbledon; l’Australien Mark Philippoussis, tête de série No 7, bien que 13e mondial; le Russe tête de série No 3 Evguéni Kafelnikov, surnommé Kalachnikov pour la férocité de ses coups ou encore l’Allemand Boris Becker, tête de série No 8, trois fois vainqueur du tournoi.
Plusieurs joueurs de terre battue tenteront quand même leur chance sur gazon.
«Je suis d’accord avec ceux qui disent que l’herbe est pour les vaches et le football... mais je ferai de mon mieux à Wimbledon», a lancé le Chilien tête de série No 10 Marcelo Rios après sa cuisante défaite au premier tour à Nottingham.
Le Britannique Greg Rusedski n’a pas réservé un meilleur sort au récent vainqueur surprise des Internationaux de France, le Brésilien Gustavo Kuerten qui s’est incliné 6-1, 7-5 à Nottingham pour son premier tournoi sur gazon.
«Je ne savais tout simplement pas comment jouer», a expliqué le jeune homme de 19 ans qui a eu bien du mal à retourner le service frappé à 223 km/h de Rusedski, le plus rapide après Philippoussis.
Quelle héritière
pour Graf?
Du côté féminin, la défection pour raison de santé de l’Allemande Steffi Graf, sept fois championne de Wimbledon, laisse planer le plus grand doute sur sa succession, aucune joueuse ne semblant s’imposer de manière évidente.
La jeune Suissesse Martina Hingis qui a pris la place de numéro un mondiale de Graf ne s’est pas beaucoup préparée pour jouer sur la surface la mois répandue du circuit professionnel, préférant prendre quelques jours de repos pour ménager son genou qui continue de la gêner depuis une chute de cheval en avril.
Depuis son retour à la compétition, l’autre prétendante éventuelle, Monica Seles a perdu ce feu autrefois redouté par tous après avoir été poignardée dans le dos.
A part Graf, seule l’Espagnole Conchita Martinez a déjà gagné Wimbledon, en 1994, mais sa compatriote Arantxa Sanchez Vicario, finaliste les deux dernières années, pourrait s’imposer cette fois.
Cette année pourrait aussi être celle de l’Américaine Mary Joe Fernandez, arrivée en quart de finale l’an passé; de la Française Mary Pierce qui est toutefois blessée au coude ou de la Tchèque Iana Novotna toujours capable du meilleur sur herbe.


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