Cet appel est lancé à tous ceux qui croient en la cause la plus noble de l’individu: la liberté.
A l’ère de la révolution technologique, des émissions par satellite et du marketing multinational, nul ne met plus en doute l’immense pouvoir de la communication. Communiquer implique se lier aux autres, échanger les idées et les points de vues, établir un dialogue sain et fructueux, bâtir une confiance mutuelle, se nourrir des expériences des autres, et ceci en toute transparence. Mais sans liberté rien n’est réalisable. Lorsque nous parlons de liberté, nous aimons, nous les hommes de communication, publicitaires et experts en marketing, à parler certes de liberté d’expression, mais aussi du droit de choisir.
La communication en général, et plus particulièrement la publicité, font aujourd’hui partie intégrante de notre quotidien. Imposer donc des mesures restrictives sur la circulation des produits représente non seulement une ingérence directe dans notre vie quotidienne et une atteinte au droit sacré de choisir, mais aussi une mise en péril des fondements mêmes de la liberté. Il est clair que de telles mesures ont un effet limitatif sur la publicité, et par conséquent, sur le droit élémentaire du citoyen à faire son propre choix.
N’est-il pas paradoxal qu’à l’ère où la communication se globalise et transcende toute les barrières, nous en soyions, nous, à interdire la circulation de produits, et par conséquent à faire taire toute information concernant ces produits au lieu, justement, d’user du pouvoir et des possibilités de cette communication au profit de notre pays et de son économie libre?
Si le Liban a toujours été un pilier du libéralisme, le priver de cet atout équivaudrait à ébranler ses bases. Préservons donc notre système pour notre propre survie. En restreignant la libre circulation des services et des biens, nous fonçons, tête en avant, vers un système dirigiste qui, par un effet domino difficilement réversible, cumulera les désavantages: moins de produits en circulation (et donc moins d’emplois dans les entreprises commerciales), moins de publicité, moins de revenus pour les médias, moins d’emplois dans tous les secteurs de la communication, choix extrêmement restreint de produits pour le consommateur. Sans oublier, en passant, l’atteinte profonde à la liberté de la presse, dont le revenu publicitaire, tout le monde le sait, reste l’un des principaux garants.
Nous ne prétendons pas défendre un système sans lois ni règlements. Nous réclamons plutôt la libre circulation des services et des biens. Les accords du GATT ne sont-ils pas un exemple frappant de règlementation des échanges entre deux blocs, les Etats-Unis et l’Europe, mais au sein desquels le libre-échange demeure garanti?
La seule discipline en laquelle nous croyons est celle de la concurrence, saine et loyale. Ses bienfaits ne sont plus à prouver. Elle améliore la qualité des produits. Elle abaisse les prix. Elle crée des emplois. Elle respecte en nous la liberté de choisir. D’être nous-mêmes.
J’en appelle donc à la conscience nationale. Je propose une coopération d’urgence entre le gouvernement et les experts en communication et en marketing, afin qu’ils conjuguent leurs efforts et définissent les zones d’ombre. Car je demeure confiant et convaincu qu’il est encore temps d’élaborer des solutions plus réalistes au profit de notre économie et du citoyen-consommateur.
Mustapha ASSAD

