Rechercher
Rechercher

Actualités - Chronologie

Sierra Leone : les putschistes ordonnent la reprise du travail (photo)

FREETOWN, 10 Juin (Reuter). — Les putschistes au pouvoir à Freetown depuis le coup d’Etat militaire du 25 mai ont ordonné à la population de reprendre le travail.
Mais les Sierra-Léonais se sont généralement contentés de se présenter lundi devant les administrations et les magasins, en se plaignant de n’avoir pas été payés en mai et en dénonçant le pillage de leurs bureaux par… l’armée.
«La nuit dernière, des militaires ont pillé les derniers ventilateurs électriques», s’est ainsi plaint un greffier du tribunal de Freetown.
Plusieurs centaines de consommateurs ont pris d’assaut trois épiceries restées ouvertes dans le centre-ville pour faire le plein de riz, de sucre et de farine. Les boutiques étaient protégées par des militaires armés pour éviter tout incident.
«Depuis que je suis installé dans ce pays, je n’ai jamais aussi bien vendu», raconte un commerçant libanais, Ibrahim Bazzy. Mais les stocks des magasins commencent à s’épuiser et les perspectives ne sont guère brillantes du fait de la fuite des commerçants libanais.
Selon certaines sources, plusieurs bateaux transportant du riz et autres denrées alimentaires de base qui devaient accoster cette semaine à Freetown ont été déroutés sur la Guinée voisine. Et d’après certaines rumeurs, le Nigeria envisagerait de lancer une nouvelle offensive — aérienne, cette fois — contre les putschistes et leurs alliés du RUF après le fiasco de leur première intervention il y a une semaine à Freetown.
Dans les églises et les mosquées de la capitale, des prières sont dites pour le retour de la paix civile dans cette ancienne colonie britannique d’Afrique de l’Ouest riche en diamants.
Lundi, la junte du commandant Johnny Paul Koromah a confirmé que le Fonds monétaire international avait suspendu ses financements depuis le coup d’Etat du 25 mai, qui a renversé le gouvernement civil du président élu Ahmad Tejan Kabbah.

Récupérer les
biens volés

La population de Freetown continue de s’enfuir en province et plusieurs centaines d’habitants dorment à la belle étoile sur les quais du port dans l’espoir d’embarquer sur un navire. Le Conseil révolutionnaire des forces armées, qui a juré de lutter contre la corruption et les pillards, a entassé au siège de l’état-major des centaines d’équipements électriques volés. La population est invitée à venir identifier et récupérer ses biens.
Le nouveau régime a dépêché des délégations en Afrique de l’Ouest pour exposer les raisons du coup d’Etat. L’une d’entre elle, qui a rencontré dimanche le président ivoirien Henri Konan Bédié, devrait se rendre par la suite au Ghana.
Dimanche, la manifestation organisée à l’appel du nouveau régime n’a rassemblé que relativement peu de participants.
Quelque 5.000 personnes se sont présentées sur le stade national, qui peut en accueillir 50.000, malgré les appels pressant à manifester contre une éventuelle intervention étrangère qu’avait formulés Johnny Paul Koroma, nouvel homme dort du pays.
«Il ne me reste qu’à faire appel à la communauté internationale, pour qu’elle entende le cri et l’inquiétude de la nation contre cette menace imminente d’invasion de notre pays, qui apportera sans aucun doute davantage de destruction des biens et des personnes à notre cité historique», a déclaré celui-ci dans un discours lu en son nom.
FREETOWN, 10 Juin (Reuter). — Les putschistes au pouvoir à Freetown depuis le coup d’Etat militaire du 25 mai ont ordonné à la population de reprendre le travail.Mais les Sierra-Léonais se sont généralement contentés de se présenter lundi devant les administrations et les magasins, en se plaignant de n’avoir pas été payés en mai et en dénonçant le pillage de leurs bureaux par… l’armée.«La nuit dernière, des militaires ont pillé les derniers ventilateurs électriques», s’est ainsi plaint un greffier du tribunal de Freetown.Plusieurs centaines de consommateurs ont pris d’assaut trois épiceries restées ouvertes dans le centre-ville pour faire le plein de riz, de sucre et de farine. Les boutiques étaient protégées par des militaires armés pour éviter tout incident.«Depuis que je suis installé dans ce...