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Actualités - Chronologie

Rwanda : la population fuit les affrontements entre l'armée et les hutus

RUHENGERI (Rwanda), 10 Juin (AFP). — Dans Ruhengeri (nord-ouest), l’armée rwandaise dominée par les Tutsis patrouille jusqu’au milieu de la foule qui assiste à l’ordination d’un évêque anglican.
Dans cette région cible des attaques, de la rébellion hutue, les civils attendent, un matelas sur la tête, sur le côté de la route, les mini-bus qui les emmènent vers la quiétude relative de Gisenyi, 60 km plus à l’ouest, à la frontière avec la République démocratique du Congo (ex-Zaïre).
A 15 km de Ruhengeri, le district de Rwankeri a subi deux attaques jeudi dernier.
Un groupe d’une centaine de personnes a d’abord attaqué la maison du directeur de l’école, tuant la femme et trois des enfants de ce dernier, selon le préfet de Ruhengeri, Boniface Rucagu, qui précise que le directeur était alors absent.
Les troupes gouvernementales ont alors ouvert le feu et «beaucoup» des assaillants ont été tués, ajoute Rucagu sans être en mesure d’en préciser le nombre. Toutefois, le rapport d’une association de défense des droits de l’homme fait état d’au moins 16 tués.
Lors du second incident de jeudi, c’est un convoi militaire qui a été attaqué, faisant deux tués parmi les soldats tandis que le commandant réchappait de l’incident sain et sauf. Les véhicules ont été brûlés, laissant deux larges traces brunes sur le bitume.
La population locale évoque de constants échanges de tirs dans les collines avoisinantes. Pendant l’ordination de l’évêque lundi, cérémonie qui a attiré près d’un millier de personnes, la foule parle encore des trois corps qui gisent, abandonnés, à quelques kilomètres de l’église.
Un responsable local indique qu’il s’agissait de trois miliciens hutus battus par une patrouille de l’armée. Personne ne veut se charger des corps, de peur d’être associé aux guérilleros.

Ordination
La cérémonie d’ordination était prévue à Shyira, au sud de Ruhengeri, siège du diocèse. Mais elle a été déplacée à Ruhengeri même pour des raisons de sécurité et compte tenu des difficultés d’accès de Shyira, explique l’évêque Ken Barham.
Selon l’agence de presse rwandaise, plusieurs boutiques ont été détruites à Byangabo, petit centre commercial sur la route entre Ruhengeri et Gisenyi, quand l’armée a attaqué des miliciens hutus qui s’y cachaient.
L’agence évoque également la mort de 36 «infiltrés» dans des affrontements avec l’armée à Kinigi le 25 mai et assure que l’armée aurait tué une «douzaine» de civils suspectés de soutenir les combattants hutus dans la région.
La même source rapporte que les miliciens, dont les habitants de la région disent qu’ils opèrent depuis les forêts du Parc national des Volcans, aux frontières de l’Ouganda et de l’ancien Zaïre, retiennent en otages de nombreux civils, dont des femmes et des enfants.
Selon le préfet Rucagu, environ un millier «d’infiltrés» opéreraient dans la commune de Mukingo où ont eu lieu les deux attaques de jeudi et où le nombre d’attaques s’est multiplié ces dernières semaines contre des objectifs militaires et policiers.
Les responsables de l’ONU à Kigali assurent pour leur part que les rebelles hutus mènent leurs opérations depuis leurs bases dans les forêts de Gishwati, près de Gisenyi et de Nyungwe, dans le sud-ouest du pays.
Depuis février, les Nations Unies ont interrompu toutes leurs opérations dans les quatre préfectures de Cyangugu, Gisenyi, Kibuye et Ruhengeri, toutes situées dans l’ouest du Rwanda. Seul un convoi hebdomadaire continue de se rendre sous escorte militaire via Ruhengeri jusqu’à Gisenyi.
Les autorités lient pour leur part la recrudescence de la violence au retour de nombreux réfugiés hutus depuis l’ex-Zaïre en novembre.
RUHENGERI (Rwanda), 10 Juin (AFP). — Dans Ruhengeri (nord-ouest), l’armée rwandaise dominée par les Tutsis patrouille jusqu’au milieu de la foule qui assiste à l’ordination d’un évêque anglican.Dans cette région cible des attaques, de la rébellion hutue, les civils attendent, un matelas sur la tête, sur le côté de la route, les mini-bus qui les emmènent vers la quiétude relative de Gisenyi, 60 km plus à l’ouest, à la frontière avec la République démocratique du Congo (ex-Zaïre).A 15 km de Ruhengeri, le district de Rwankeri a subi deux attaques jeudi dernier.Un groupe d’une centaine de personnes a d’abord attaqué la maison du directeur de l’école, tuant la femme et trois des enfants de ce dernier, selon le préfet de Ruhengeri, Boniface Rucagu, qui précise que le directeur était alors absent.Les...