En effet, le dollar devait fluctuer légèrement à la baisse au gré du changement des taux d’intervention dans les deux sens de la Banque du Liban (B.D.L.) pour se négocier durant toute la semaine au bas de la foruchette fixée par celle-ci à son achat. C’est ainsi qu’il est revenu, vendredi dernier, à 1536,50 L.L./1546,00 L.L. et au taux moyen indicatif de 1541,25 L.L. contre 1537,00/1546,50 L.L. et un taux moyen indicatif de 1541,75 L.L. au vendredi 30 mai, en léger repli d’une demi-livre, ou l’équivalent de 0,03% en moyenne d’une huitaine à l’autre, correspondant au taux d’appréciation de la livre libanaise.
Toutefois, dans cette évolution, le dollar était pratiquement négocié bien en deçà des taux indicatifs du marché et plus précisément au bas de la fourchette d’intervention de la B.D.L., soit entre 1536,50 et 1536,60 L.L. jeudi et vendredi, pendant que celle-ci le demandait à 1536,50 L.L. et l’offrait à 1546,00 L.L. pour le faire clôturer au taux moyen indicatif de 1541,25 L.L.. Il en est de même, mardi et mercredi, où il était échangé effectivement entre 1536,50 et 1536,70 L.L. soit toujours au bas de la fourchette d’intervention qui se situait entre 1536,50 et 1546,50 L.L. avec un taux moyen indicatif de 1542,50 L.L. et ce, après un départ stationnaire lundi entre 1537,00 et 1546,50 L.L. et un taux moyen indicatif à 1541,75 L.L..
Léger essoufflement
du dollar après la
reprise du yen
A l’étranger, l’ombre des problèmes politiques, conjoncturels et monétaires continuaient à planer sur les marché des changes internationaux. De la victorie des socialistes en France, aux incertitudes entourant le lancement de l’Union économique et monétaire euroépenne début 1999, passant par la persistance des excédents commerciaux japonais, autant d’éléments ayant retenu l’attention de la communauté financière internationale, la semaine dernière, avec assurément les fondamentaux de l’économie américaine et les querelles entre le gouvernement de Bonn et la Bundesbank au sujet de la réévalution des réserves en or et en devises de l’institut d’émission allemand.
Dans ce contexte empreint d’incertitudes, sinon d’inquiétudes, le dollar ne tardait pas à retrouver son rôle de «monnaie-refuge», drainant vers lui des capitaux européens et japonais, avant de présenter à la veille du week-end des signes d’essoufflement surtout contre le yen sur des nouvelles faisant état que le déséquilibre du commerce nippo-américain serait débattu lors du sommet du groupe des «Sept» (pays occidentaux les plus industrialisés) qui se tiendra à Denver (Etats-Unis) entre le 20 et le 22 juin. Certes, des craintes que des mesures monétaires seraient prises à ce sommet pour tirer le yen vers le haut, ont donc eu un certain impact négatif sur le dollar qui a perdu un terrain appréciable face à la devise nippone et réduit sensiblement ses gains contre les monnaies européennes. Cela d’autant que le relèvement d’un quart de point en pourcentage des taux d’intérêt britanniques à 6 1/2% est venu soutenir le sterling.
Cela étant, le «billet vert», initialement soutenu par les perspectives de hausse des taux d’intérêt américains dès le début de la semaine dernière, n’est pas parvenu vers sa fin à mettre à profit les chiffres du chômage aux Etats-Unis en mai reflétant une surchauffe économique, dans la mesure que ce phénomène avait été largement anticipé et appelait à une certaine correction. Ainsi, l’annonce, vendredi dernier, par le département américain du Travail que le nombre des chômeurs n’avait pas dépassé 4,8% de la population active le mois dernier (pour la première fois depuis les 4,6% enregistrés en octobre 1973) contre 4,9% en avril et que l’économie avait créé 138.000 emplois non agricoles après 323.000 emplois en avril, chiffre révisé de 142.000, soit un moyen mensuel de création d’emplois de 252.000 depuis le début de l’année, ne devait pas avoir tout l’effet attendu sur le dollar.
Celui-ci, après une réaction passagère à la hausse le portant à 1,74 D.M., s’était ressenti des attaques à la hausse du yen et parfois du sterling qui ont entraîné quelques ventes bénéficiaires au profit du deutsche mark et des autres monnaies qui lui sont attachés en Europe, à l’exception du franc suisse.
C’est ainsi que le dollar, soutenu au départ par l’augmentation de 1,2% des commandes à l’industrie en avril contre une diminution de 1,3% en mars, témoignant de la surchauffe de l’économie, n’a pas pu trouver d’appui supplémentaire dans la statistique du chômage qui n’a pas contenu d’éléments d’inquiétude sur le front de l’inflation, a en croire le porte-parole de la Maison-Blanche, Michael McCurry. Cela d’autant que le salaire horaire aux Etats-Unis n’a augmenté que de 0,3% en mai à 12,19 dollars contre 12,15 en avril.
Devant ces contrastes qui accompagnent la vigueur de l’économie américaine, nombre d’opérateurs ont estimé devoir attendre le sommet du groupe des «Sept» à la fin de la semaine prochaine, dont les décisions pourraient influencer les débats de la réunion du comité de l’open market de la Réserve fédérale prévue les 1er et 2 juillet. Dans cette attente, des ajustements de positions ont été opérés sur le dollar, le faisant négocier, à New York, vendredi dernier, en clôture, à 1,7260 D.M. contre 1,7065 à la fin de la semaine se terminant au vendredi 30 mai (+ 1,14%), à 1,4495 F.S. contre 1,4130 (+ 2,58%), à 5,83 F.F. contre 5,7595 (+1,22%), à 1699,50 lires contre 1692,50 (+0,41%), à 1,6315 pour un sterling contre 1,6410 (+0,58%) mais à 114,65 yen contre 116,25 (—1,38%).
Détente de l’or
Les cours de l’or se sont détendus la semaine dernière sur quelques ventes bénéficiaires, n’ayant pas pu mettre à profit les craintes de pénurie en métaux blancs entraînées par la souspension des livraisons russes en platine et palladium. C’est ainsi que la parité d’once fin est revenue, vendredi dernier, à New York, à 343,20 dollars contre 344,80 à la fin de la semaine se terminant au vendredi 30 mai, en léger repli de 0,46% en moyenne.
Quant à l’argent métal, il est parvenu à s’apprécier sensiblement dans la foulée des métaux blancs, remontant à New York à 4,7690 dollars l’once contre 4,6530 pendant la même période, en hausse de 2,49% en moyenne.
Elie KAHWAGI


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