Vingt ans après son compatriote Phil Dent, l’Australien Patrick Rafter s’est qualifié de son côté pour les demi-finales en éliminant un autre Espagnol, Galo Blanco, 111e mondial, 6-3, 7-6 (7/3), 6-3.
On attendait monts et merveilles de l’affrontement entre Bruguera et Arazi, tant leurs styles sont contrastés, la qualité de leurs revers aux antipodes, et tant le talent du petit Marocain avait étincelé au tour précédent contre le Chilien Marcelo Rios.
La déception fut à la mesure de cette attente. Dans le premier set, démontrant qu’il n’est pas nécessaire de frapper comme une mule pour vaincre, Arazi se rendit bien maître du court en variant à plaisir la trajectoire, la rotation et la force de ses balles. Et il s’imposa même dans les batailles de fond de court, ce qui était un peu le monde à l’envers . La suite fut moins glorieuse.
Tandis que Bruguera reprenait imperceptiblement du poil de la bête, le fringant vainqueur de Rios commença à se montrer un peu désinvolte dans la conclusion de points bien «tricotés», avant de tomber dans une sorte de léthargie. Il n’eut par la suite que des réactions en dents de scie, s’obstina à reproduire des amorties parfaitement stériles et, retombant dans ses travers anciens, termina dans une complète débandade.
Quatrième demi-finale
pour Bruguera
Pendant ce temps, le coriace Espagnol, contre lequel il avait commis l’erreur de mal servir (36% et 34% de premières balles dans les deux premiers sets) et celle, totalement impardonnable, de croire trop de points trop vite acquis, avait gagné sept jeux de suite entre la fin de la troisième manche et le début de la quatrième. Vainqueur du tournoi en 1993 et 1994, Bruguera avait bien gagné, après une saison 1996 «pourrie» par des blessures, le droit de participer à sa quatrième demi-finale en cinq ans contre Rafter.
Dans le duel de la générosité face à la parcimonie que fut le match Rafter-Blanco, l’Australien est enfin venu à bout de l’Espagnol. Lors de ses trois participations antérieures à Roland-Garros, il avait trébuché deux fois face à... Sergi Bruguera, en 1994 et 1995, une fois face à Carlos Moya, l’année dernière.
Attaquant fou, Rafter était alors un «punching ball» idéal pour les joueurs en contre ibériques. Aujourd’hui, il est parvenu à discipliner son jeu. Et son registre est moins limité que celui de Blanco.
Très bon serveur, Rafter se contenta le plus souvent de retourner les services adverses en opposant sa raquette, surtout en revers. Et quand il monta au filet pour faire parler la plus belle volée d’attaque du tournoi, Blanco n’eut que le recours de tenter des passings, sans grande réussite, ou des lobs, avec encore moins d’efficacité.
Les déclarations
l Hicham Arazi (Mar/battu par Sergi Bruguera, Esp/No 16): «Je ne suis pas trop déçu, car j’ai fait un bon tournoi et, en arrivant ici, je ne pensais certainement pas atteindre les quarts. Sergi a plus d’expérience et j’ai un peu craqué physiquement. Je me sentais un peu lourd en entrant sur le terrain et je manquais d’énergie. Par moments, je récupérais cette énergie puis, après un long échange, je la perdais de nouveau. Je ne suis pas assez monté au filet et j’ai fait pas mal de fautes en coup droit. Je n’étais donc pas très confiant pour monter, sachant qu’il réussit toujours de très bons passings. Maintenant, il me reste à confirmer dans les prochains tournois, à commencer par Bologne, en Italie, la semaine prochaine».
l Sergi Bruguera (Esp/No 16, vainqueur de Hicham Arazi, Mar): «J’ai travaillé dur pour revenir, et je suis content d’être à ce niveau. Mais ce n’est pas pour autant que je vais gagner le tournoi. Je joue mon jeu, j’ai repris confiance en moi depuis que j’ai battu Chang. Mais Rafter joue un grand tennis, sinon, il ne serait pas en demi-finales à Roland-Garros. Il joue en confiance, et son jeu est parfaitement adapté à cette surface. D’autant qu’il joue mieux, désormais, du fond du court. Contre Arazi, qui s’est amélioré depuis le début de l’année, après un premier set où je n’ai pas été assez patient, je l’ai fait bouger et il a perdu de sa fraîcheur physique. C’était plus facile pour moi».
Le programme
de jeudi
Voici le programme de jeudi, onzième journée des Inernationaux de France de tennis, à Roland-Garros (le numéro des têtes de série précède le nom):
Court central (à partir de 12 heures GMT):
1-Martina Hingis (Sui) contre 3-Monica Seles (E-U)
9-Iva Majoli (Cro) contre 11-Amanda Coetzer (Af-S)
4-Evgueni Kafelnikov (Rus) Daniel Vacek (Tch) contre 2-Jacco Eltingh/Paul Haarhuis (P-B).
Court 1 (à partir de 10 heures GMT):
1-Todd Woodbridge/Mark Woodforde (Aus) contre Lucas Arnold/Daniel Orsanic (Arg)
1-Lisa Raymond/Patrick Galbraith (E-U) contre 7-Brenda Schultz-McCarthy (P-B)/Piet Norval (Af-S) ou 2-Manon Bollegraf (P-B) Rick Leach (E-U)
4-Helena Sukova/Cyril Suk (Tch) contre 16-Rika Hiraki (Jap)/Mahesh Bhupathi (Inde).


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