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Actualités - Chronologie

Le nouveau président iranien face aux défis économiques et internationaux

TEHERAN, 26 Mai (AFP). — Le nouveau président iranien Mohammad Khatami se trouve confronté à d’importants défis intérieurs et extérieurs, qu’il s’agisse des relations avec les Etats-Unis, du marasme économique ou des tensions avec de nombreux pays voisins.
M. Khatami, qui a promis avant l’élection de «réduire les tensions» au niveau international et de créer un Iran «libre et prospère», ne devrait pas manquer de pain sur la planche.
L’ampleur de sa victoire — 69% des voix — a toutefois permis de faire taire au moins provisoirement les milieux conservateurs qui lui sont profondément hostiles.
Le Parlement, qui soutenait massivement la candidature de son président conservateur, Ali Akbar Nategh-Nouri, lui a promis dimanche son «aide et (sa) coopération». Le guide de la république et numéro un du régime, l’ayatollah Ali Khamenei, qui avait soutenu M. Nategh-Nouri, a lui aussi salué sa «victoire historique».

Les USA et Israël

Le pays est soumis depuis deux ans à un embargo économique total de la part des Etats-Unis, qui accusent l’Iran de soutenir le terrorisme international et de chercher à se doter de l’arme nucléaire.
Le président sortant Ali Akbar Hachémi-Rafsandjani a reconnu que «les problèmes demeurent» entre l’Iran et Washington, qui se diabolisent l’un l’autre depuis la révolution islamique de 1979.
Une éventuelle volonté d’ouverture de M. Khatami ne manquerait pas de provoquer un conflit avec M. Khamenei qui, pendant la campagne, a interdit aux candidats de faire preuve de «la moindre faiblesse» à l’égard des Etats-Unis.
Il en va de même envers Israël, l’appel à la destruction de l’Etat hébreu faisant partie des fondements de l’arsenal idéologique du régime.
M. Rafsandjani, qui devrait rester en fonctions jusqu’au terme de son mandat, début août, pourrait toutefois lui enlever du pied l’épine de la crise avec l’Union européenne, provoquée par le jugement de Berlin du 10 avril accusant le «plus haut sommet» de l’Etat iranien d’avoir commandité des assassinats politiques sur le sol allemand.
Les pays de l’UE, qui avaient rappelé leurs ambassadeurs pour consultations, ont décidé de ne pas les renvoyer tant que Téhéran refuse de voir revenir le représentant allemand.
M. Rafsandjani a déclaré que les Allemands «devaient patienter» mais que le refus de voir revenir l’ambassadeur «finirait par être levé». Les relations avec l’UE redeviendront «saines et chaleureuses», a-t-il promis.
D’autres dossiers internationaux sensibles attendent cependant M. Khatami.
Les relations avec la Turquie sont cahoteuses depuis l’arrivée au pouvoir du premier ministre islamiste Necmettin Erbakan, qui a relancé les attaques des puissants milieux laïcs, en particulier l’armée turque, contre l’influence iranienne.

Plaire aux réformistes

La normalisation avec l’Irak est au point mort depuis l’arrêt du conflit entre les deux pays en 1988. La prise de l’Afghanistan par les milices intégristes des Taliban, hostiles à l’Iran, est aussi un sérieux revers pour Téhéran.
Le réchauffement avec les pays du Golfe, que l’Iran appelle officiellement de ses vœux, dépendra largement de gestes concrets sur la souveraineté de trois petites îles disputées avec les Emirats arabes unis.
Sur le plan intérieur, le principal défi est assurément d’ordre économique et social. Depuis la révolution, le revenu par tête a été divisé par deux ou quatre selon les statistiques, précipitant des pans entiers de la société dans la précarité voire la pauvreté.
M. Khatami, soutenu par la gauche radicale, a suscité beaucoup d’espoir dans les quartier populaires et chez les jeunes, qui lui ont massivement accordé leur soutien.
L’endettement du pays et l’inflation ont fait subir aux Iraniens ces dernières années une douloureuse cure d’austérité, marquée par la diminution de moitié des importations et la surévaluation du rial.
Durant la campagne, M. Khatami n’a pas présenté d’options économiques très tranchées.
Il est surtout paru attaché à plaire aux réformistes proches de M. Rafsandjani, partisans d’une plus grande ouverture au marché, qu’à la gauche radicale, attachée aux subventions pour les produits de base et au dirigisme économique.
TEHERAN, 26 Mai (AFP). — Le nouveau président iranien Mohammad Khatami se trouve confronté à d’importants défis intérieurs et extérieurs, qu’il s’agisse des relations avec les Etats-Unis, du marasme économique ou des tensions avec de nombreux pays voisins.M. Khatami, qui a promis avant l’élection de «réduire les tensions» au niveau international et de créer un Iran «libre et prospère», ne devrait pas manquer de pain sur la planche.L’ampleur de sa victoire — 69% des voix — a toutefois permis de faire taire au moins provisoirement les milieux conservateurs qui lui sont profondément hostiles.Le Parlement, qui soutenait massivement la candidature de son président conservateur, Ali Akbar Nategh-Nouri, lui a promis dimanche son «aide et (sa) coopération». Le guide de la république et numéro un du...