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Actualités - Chronologie

L'embargo fait découvrir aux irakiens les plantes médicinales (photos)

BAGDAD, 25 Mai (AFP). — De nombreux Irakiens atteints de maladies chroniques découvrent les vertus curatives des plantes médicinales, épuisés par bientôt sept ans d’embargo et n’ayant pas les moyens de se procurer des médicaments.
La directrice de l’unique centre de plantes médicinales en Irak, Hoda Abdel Kerim Babane, affirme que le manque de produits pharmaceutiques a poussé des Irakiens et des expatriés à chercher une nouvelle forme de thérapie.
L’Irak est soumis à un embargo international depuis son invasion du Koweit en 1990.
«Tous les mois, nous préparons des infusions de plantes officinales pour près de 200 patients qui souffrent pour la plupart de tension artérielle, de diabète, d’ulcère ou d’une cholestérolémie élevée et qui n’ont pas les moyens de se procurer des médicaments», indique Mme Babane, pharmacienne de formation.
Le nombre de patients fréquentant régulièrement son établissement «est en constante croissance» depuis 1990, indique Mme Babane, dont le centre dépend du ministère de la Santé.
«Les Irakiens ont recours de plus en plus à cette nouvelle forme de thérapie, nettement moins chère que les médicaments conventionnels et parfois même plus efficace», explique-t-elle.
L’attrait des plantes médicinales n’a pas diminué à la suite de l’application de l’accord dit «pétrole contre nourriture», car des livraisons de médicaments prévues dans ce cadre «sont loin de satisfaire les besoins de la population», indique un médecin irakien.
«Il y a plus de quatre millions d’Irakiens qui vivent dans une situation précaire», affirme-t-il sous couvert de l’anonymat.
L’accord «pétrole contre nourriture» permet à l’Irak de consacrer 1,3 milliard de dollars à l’achat de produits de première nécessité, dont 210 millions USD aux médicaments.
D’après Mme Babane, «il existe plus de 1.800 espèces de plantes officinales en Irak, dont l’essentiel pousse dans le Nord».
«Les herbes cultivées dans le Nord se font plus rares, en raison de la situation qui prévaut» au Kurdistan, ajoute-t-elle, dans une allusion au fait que cette région échappe depuis 1991 au pouvoir central de Bagdad.
«Nous préparons dans nos laboratoires des infusions de feuilles d’au moins 150 espèces comme la camomille, la menthe, le tilleul et la verveine», indique Mme Babane, brandissant une mêlée d’arbustes et d’herbes thérapeutiques.
La pharmacienne a mis cependant en garde contre le «danger» de s’adresser aux herboristeries populaires.

Des plantes
«magiques»

«Les pharmaciens du centre déterminent les doses exactes et préparent eux-mêmes les infusions, alors que les herboristes traîtent les malades sans même connaître leur état de santé», estime-t-elle.
De nombreux Irakiens semblent cependant ignorer ce conseil, à en croire cheikh Issam al-Naqshabandi, un herboriste qui affirme traiter aux herbes «plus d’un millier de patients». Il assure que «des artistes d’autres pays arabes» figurent également parmi sa clientèle.
Propriétaire de quelque 1.500 herboristeries en Irak, cheikh Isssam dirige également une école où il enseigne à «des centaines d’étudiants» les effets curatifs des herbes.
«Je fais moi-même des recherches sur les plantes et plus de 95% de mes patients guérissent», a affirmé cheikh Issam, portant une longue soutane noire.
Salah al-Rawi, qui souffrait d’un manque de concentration et de maux de tête à la suite d’un accident, affirme s’être «nettement amélioré après avoir abandonné les médicaments conventionnels au profit du traitement à base de plantes».
Khaled Aboul Ezz, un Palestinien résidant à Bagdad, a rédigé un ouvrage louant les vertus curatives des herbes officinales qu’il a dédié à son épouse. Celle-ci avait réussi à avoir un enfant après plusieurs années de stérilité, «grâce à ces plantes magiques d’Irak».
BAGDAD, 25 Mai (AFP). — De nombreux Irakiens atteints de maladies chroniques découvrent les vertus curatives des plantes médicinales, épuisés par bientôt sept ans d’embargo et n’ayant pas les moyens de se procurer des médicaments.La directrice de l’unique centre de plantes médicinales en Irak, Hoda Abdel Kerim Babane, affirme que le manque de produits pharmaceutiques a poussé des Irakiens et des expatriés à chercher une nouvelle forme de thérapie.L’Irak est soumis à un embargo international depuis son invasion du Koweit en 1990.«Tous les mois, nous préparons des infusions de plantes officinales pour près de 200 patients qui souffrent pour la plupart de tension artérielle, de diabète, d’ulcère ou d’une cholestérolémie élevée et qui n’ont pas les moyens de se procurer des médicaments», indique Mme...