Trois témoins directs de l’attentat ont pris la parole pour cette dernière journée, provoquant les pleurs de certains jurés et spectateurs.
Une ancienne employée, Florence Rogers, qui travaillait dans la banque à l’intérieur du Alfred Murrah Building, a raconté comment, alors qu’elle entamait une réunion avec sept collègues au troisième étage, «le bâtiment a littéralement explosé», la renversant au sol «à la façon d’une tornade».
«Quand j’ai pu me lever, toutes les filles qui étaient dans le bureau avaient entièrement disparu, (ensevelies) sous les six étages supérieurs» qui s’étaient effondrés. «Je ne les ai jamais revues», a-t-elle témoigné.
Le chef des pompiers d’Oklahoma City, Mike Shannon, a ensuite raconté la difficile recherche des victimes dans le bâtiment dévasté par l’explosion.
Mais le juge Richard Matsch l’a interrompu lorsqu’il est entré trop dans les détails, décrivant le sang coulant sur les sauveteurs. Le juge a estimé que de tels détails n’étaient pas nécessaires.
Le témoin final a été un médecin légiste d’Oklahoma City, Fred Jordan, qui a expliqué comment avaient été identifiées les victimes.
En 19 jours, l’accusation a présenté 137 témoins qui ont efficacement reconstruit le puzzle des motifs et moyens par lesquels McVeigh, 29 ans, motivé par sa haine du gouvernement fédéral, aurait préparé et perpétré l’attentat d’Oklahoma City, qui avait fait 168 morts et plus de 600 blessés le 19 avril 1995.
Zones d’ombre
La défense a présenté ses premiers témoins le lendemain, s’emparant de certaines zones d’ombre laissées par l’accusation, qui n’a pas notamment présenté de témoin ayant vu McVeigh à Oklahoma City le jour de l’attentat.
Stephen Jones, qui dirige la douzaine d’avocats défendant McVeigh, les a envoyés dans le monde entier pour construire sa théorie d’un complot international.
Pour l’étayer, il pourrait faire venir à la barre du tribunal de Denver d’ici la fin de la semaine Carol Howe, une femme qui avait été recrutée en 1994 par le Bureau fédéral des alcools, tabacs et armes à feu (ATF), pour infiltrer un groupe séparatiste blanc installé dans l’est de l’Oklahoma, à Elohim City.
Carol Howe affirme avoir informé le gouvernement que ces séparatistes, parmi lesquels un Allemand du nom d’Andréas Strassmeir, avaient parlé de commettre des attentats contre des bâtiments fédéraux.
McVeigh qui plaide non coupable risque la peine de mort.


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