Rechercher
Rechercher

Actualités - Chronologie

Au pays de la haute cuisine, les candidats se nourrissent au lance-pierre

PARIS, 19 Mai (AFP). — Le cru électoral 97 restera désastreux en France pour les candidats gastronomes, contraints d’avaler le foie gras avec le fromage pour éviter le petit creux dévastateur dans une campagne législative accélérée.
Canapés et petits sandwiches, déjeuner au «lance-pierre» et dîner sur un coin de table: telle est, au pays de la gastronomie, la pitance du candidat guetté par l’indigestion de spécialités locales et menacé par l’infect plateau-repas.
Le premier ministre Alain Juppé goûte volontiers au kouglof à Strasbourg (est), au gâteau au chocolat à Paris, mais il décline les crevettes piquantes à 10h. Il ne craint pourtant pas les mélanges hasardeux: foie gras et fromage, absorbés en même temps au cours d’un déjeuner-express dans le sud-ouest.
Le plus souvent, il déjeune à son bureau parisien avec des journalistes avant ses meetings en province. Il dîne d’une «collation dans l’avion du retour. Plutôt de la bière française, de la charcuterie et des fruits», selon Farida Cherkaoui, chargée d’organiser ses voyages.
Selon son épouse Isabelle, rien ne vaut le pain dont «il est très friand». «Le pain, avec ses sucres lents, va lui donner encore plus d’énergie en cette période électorale», a déclaré Mme Juppé devant des boulangères.
Pour le vin, M. Juppé, maire de Bordeaux, ne trahira pas ses administrés. C’est les vins de Bordeaux qu’il boit, en gardant, sans l’ouvrir, une rare bouteille de clos Montmartre 1995, récolté sur les seules vignes de Paris.
Côté socialiste, confesse Dominique Merchez, conseiller en communication du leader Lionel Jospin, «on mange plutôt mal» durant cette campagne: trois bouchées attrapées sur un buffet, un plat parfois «franchement mauvais» sur un coin de table.
De quoi contredire le reporter du «Times» de Londres fasciné par un déjeuner électoral en Bourgogne (centre) très «éloigné des rigueurs spartiates de la campagne victorieuse du Labour». Au menu: brioches fourrées, quiches, petits fours, viandes froides, et «appétissantes variétés de pâtisseries». Le tout arrosé de côte chalonnaise 95 et montagny premier cru.

La palme à Pasqua

Connu pour son «bon coup de fourchette», M. Jospin «se ressource au petit déjeuner avec des fruits» et ne «boit pas d’alcool dans la journée», selon M. Merchez. Après les meetings, il «ne dédaigne pas un petit whisky».
Le communiste Robert Hue a pris le parti du régime amaigrissant. Dans l’avion, son plateau repas spécial ne propose que salades et yaourts à 0%. «J’ai déjà perdu 9 kilos», dit le secrétaire national du PCF, dont les commentateurs relèvent pourtant avec régularité la «rondeur joviale».
A l’extrême droite, Jean-Marie Le Pen, qui n’est pas candidat, ne change rien à ses habitudes, mais réduit l’alcool.
Sur les marchés, le maire gaulliste de Paris Jean Tiberi se contente de picorer quelques cerises.
L’ancien premier ministre gaulliste Edouard Balladur, amateur de champagne avec des glaçons et de fruits, s’arrête volontiers dans les confiseries. Au nord de Paris, il a reçu des Picantins, spécialités au chocolat de Compiègne.
La gastronomie électorale, c’est tout un style que l’ex-ministre de l’Intérieur Charles Pasqua maîtrise à perfection. A Verdun (nord-est), il a acheté un saucisson à 55 francs (10 dollars) «pour la route». Dans l’avion, n’ayant aucune confiance dans les plateaux-repas des compagnies aériennes, le sénateur gaulliste apporte son propre ravitaillement: club-sandwiches spécialement préparés dans son fief de la banlieue parisienne, servis avec un rosé de Provence — Côte d’Azur, où il est né.
PARIS, 19 Mai (AFP). — Le cru électoral 97 restera désastreux en France pour les candidats gastronomes, contraints d’avaler le foie gras avec le fromage pour éviter le petit creux dévastateur dans une campagne législative accélérée.Canapés et petits sandwiches, déjeuner au «lance-pierre» et dîner sur un coin de table: telle est, au pays de la gastronomie, la pitance du candidat guetté par l’indigestion de spécialités locales et menacé par l’infect plateau-repas.Le premier ministre Alain Juppé goûte volontiers au kouglof à Strasbourg (est), au gâteau au chocolat à Paris, mais il décline les crevettes piquantes à 10h. Il ne craint pourtant pas les mélanges hasardeux: foie gras et fromage, absorbés en même temps au cours d’un déjeuner-express dans le sud-ouest.Le plus souvent, il déjeune à son bureau...