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Actualités - Chronologie

La prise de Kinshasa : peurs, espoirs et joie (photo)

KINSHASA, 18 Mai (AFP). — Kinshasa, la capitale du Zaïre, s’est éveillée samedi à l’aube pour vivre les dernières heures d’un régime à l’agonie, et a fêté à la tombée du jour la victoire des rebelles de Laurent-Désiré Kabila.
L’arrivée des rebelles, entrés dans la ville en ordre dispersé, a été accueillie partout par des foules en liesse, qui chantaient ou scandaient des slogans de bievenue, en agitant des drapeaux blancs et des branches de palmiers en signe de ralliement.
Les hommes de Kabila semblent n’avoir rencontré que peu de résistance, mais une foule joyeuse a accompagné leur progression tout au long de la journée, depuis les quartiers périphériques jusqu’au centre-ville.
Tôt le matin, des rafales d’armes automatiques et légères ont réveillé la capitale et ses quelque cinq millions d’habitants. Beaucoup de rafales ont été tirées en l’air même si, selon des témoins, des pillages ont eu lieu dans certains quartiers.
Des membres de la Croix-Rouge zaïroise ont dit avoir ramassé quatre cadavres. Deux jeunes gens d’une vingtaine d’années ont par ailleurs été tués près du marché central. Selon des Kinois, ils ont été tués par la Garde civile, un corps d’élite du régime mobutiste.
Toute la matinée, les rumeurs les plus folles ont circulé, dont des récits de meurtres et de pillages qui ont fait trembler les Kinois. Les hommes de la division spéciale présidentielle (DSP), affirme-t-on, ont pourchassé dans Kinshasa les proches du chef d’état-major assassiné la nuit précédente, Mahele Lyoko.
Dans les rues, des civils, hommes et femmes, se sont armés tant bien que mal, tandis que des habitants se postaient en faction sur les balcons.
Progressivement, les coups de feu se sont espacés, tandis que la nouvelle de l’arrivée des rebelles se répandait dans les quartiers périphériques.
Près du Palais du peuple, siège du Parlement de transition, et de la principale station de radio-télévision à Kinshasa, la Voix du Zaïre, la foule s’est faite plus dense. Quelques dizaines de rebelles, maîtres des lieux, se reposaient tranquillement à l’ombre.
A proximité, près de l’entrée du principal stade de la ville, les corps de trois soldats gouvernementaux gisaient non loin de leur véhicule criblé de balles. Le cadavre d’un homme en vêtements civils reposait également de l’autre côté de la route.

Bandeaux blancs
et «V» de la victoire

Un soldat rebelle, interrogé, indique qu’il s’agit d’«ex-FAZ», l’armée régulière zaïroise.
«Libérés, libérés», «Kabila arrive», clamait la foule réjouie des Kinois, qui dansaient et faisaient le V de la victoire, le front ceint de bandeaux blancs.

En sortant du grand stade de la ville, une colonne rebelle a été chaleureusement applaudie. La rébellion avait indiqué plus tôt y avoir concentré 1.500 hommes, information qui n’a pu être confirmée.
En fin d’après-midi, sur le boulevard du 30 juin, la principale artère de Kinshasa, une foule rassemblée au cœur de la ville depuis plusieurs heures, acclamait le passage de 150 à 200 «libérateurs», leurs armes — des lance-roquettes et des fusils AK-47 — sur la tête. Ils avançaient en bon ordre, souriant à la foule, en passant devant l’ambassade américaine.

«Mobutu, c’est un voleur, il a ruiné le pays. Kabila, c’est notre sauveur», crie un homme, qui se met à courir aux côtés des rebelles en marche, en ajoutant: «Kabila arrive!».
La nuit tombe sur la ville, les rues se vident. L’obscurité venue, plus personne ne s’aventure au dehors. Des coups de feu résonnent encore sporadiquement.
Peu après, la radio nationale diffuse le premier bulletin de l’Alliance rebelle.
KINSHASA, 18 Mai (AFP). — Kinshasa, la capitale du Zaïre, s’est éveillée samedi à l’aube pour vivre les dernières heures d’un régime à l’agonie, et a fêté à la tombée du jour la victoire des rebelles de Laurent-Désiré Kabila.L’arrivée des rebelles, entrés dans la ville en ordre dispersé, a été accueillie partout par des foules en liesse, qui chantaient ou scandaient des slogans de bievenue, en agitant des drapeaux blancs et des branches de palmiers en signe de ralliement.Les hommes de Kabila semblent n’avoir rencontré que peu de résistance, mais une foule joyeuse a accompagné leur progression tout au long de la journée, depuis les quartiers périphériques jusqu’au centre-ville.Tôt le matin, des rafales d’armes automatiques et légères ont réveillé la capitale et ses quelque cinq millions...