FUKUOKA (Japon), 13 Mai (AFP). — Les anciennes républiques soviétiques d’Asie centrale, qui comptent parmi les membres les plus récents de la Banque asiatique de développement (BAD), ont réclamé mardi un engagement accru de l’institution pour accompagner leur redressement économique.
«Les pays d’Asie centrale, qui se sont libérés il y a cinq ans du joug économique et politique du totalitarisme et du colonialisme, nécessiteront une attention toute particulière de la Banque dans les 10 à 15 prochaines années», a souligné le chef de la délégation ouzbèke Rustam Azimov.
M. Azimov, qui intervenait devant l’assemblée annuelle de la BAD à Fukuoka (sud du Japon), a relevé que le niveau économique croissant des autres pays membres leur permettait de ne plus solliciter autant que par le passé les financements à bon marché offerts par la BAD. Des ressources supplémentaires devraient être ainsi disponibles pour les membres récents.
Le Kazakhstan et le Kirghizstan ont rejoint la BAD en 1994, suivis l’année suivante par l’Ouzbekistan. Le Turkménistan et le Tadjikistan ont «émis l’intention» de rejoindre l’institution de Manille, mais ne sont pas encore membres, selon un responsable de la BAD. A la fin décembre 1996, la BAD avait accordé au total 230 millions de dollars au Kazakhstan (5 prêts), 160 millions USD au Kirghiztan (4 prêts) et 50 millions USD à l’Ouzbekistan (1 prêt), selon le rapport annuel de la banque multilatérale.
M. Azimov a souligné que les priorités de son pays, en terme de financements étaient la transformation des matières premières, le développement agricole, les PME et l’éducation. La BAD devrait également, selon lui, jouer un rôle important pour développer les infrastructures de transport et stopper la dégradation de l’environnement de cette partie du monde (caractérisée notamment par l’assèchement de la mer d’Aral).
Le ministre des Finances kirghize Tailabek Koichumanov a pour sa part souligné que son pays était parvenu l’an dernier, pour la première fois depuis l’indépendance, à mettre fin à la dégradation de son économie.
Le produit intérieur brut (PIB) du Kirghizstan a progressé de 5,6%, grâce à une croissance de 3,9% de l’activité industrielle et de 13,1% dans l’agriculture. Le déficit budgétaire a été ramené à 5,8% du PIB.
Le Kazakhstan estime aussi être parvenu à «vaincre une crise économique sévère et avoir atteint un certain niveau de stabilisation macroéconomique», selon son ministre de l’Economie U.U. Shukeev.
Le pays s’est doté d’une base législative, a réformé son système de taxation et a mené à bien des réformes institutionnelles. Toutefois, l’activité de production est toujours «en récession, sur fond de faillite et d’une crise sociale persistante«, a reconnu le ministre.
Le Kazakhstan compte sur l’aide de la BAD pour vaincre son excessive dépendance envers le secteur primaire qui est l’héritage de son passé soviétique. «Il est important que nous portions une attention plus grande au développement de PME performantes», a souligné M. Shukeev.
Le président de la Banque asiatique de développement (BAD) Mitsuo Sato a justifié, de son côté, le gel des prêts de son institution à la Birmanie, en relevant que les dysfonctionnements de l’économie locale rendaient difficile une reprise de l’aide internationale.


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