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Actualités - Chronologie

En haute mésopotamie, l'eau nourricière est de retour

HARRAN (Turquie), 11 Mai (AFP). — L’eau, objet de convoitises au Proche-Orient, est de retour à Harran (sud-est), une plaine naguère semi-aride, grâce à la domestication des eaux de l’Euphrate menée par Ankara, malgré les protestations de la Syrie et de l’Irak voisins.
La région, un rectangle de 151.000 hectares qui s’étend de l’est de la ville turque de Sanliurfa jusqu’à la frontière syrienne, correspond à la haute Mésopotamie de l’Antiquité.
Autrefois fertile, elle était devenue quasi aride du fait des destructions dues aux guerres, et de la salinisation des sols provoquée par une irrigation excessive et primitive, expliquent les experts turcs.
Aujourd’hui, quelque 40.000 hectares verdissent de nouveau, fertilisés à distance par l’’Euphrate, le reste le sera plus tard.
«La vie ici a complètement changé», dit Issa Acar, un agriculteur de la région qui affirme avoir accru de 80% ses récoltes annuelles de blé depuis l’arrivée de l’eau. «Maintenant j’ai une voiture et une maison. Les enfants vont à l’école», dit-il.
L’eau, qui arrive par des tunnels d’irrigation, est prélevée à 26 kilomètres de là dans le lac de retenue du barrage Ataturk, le 6e du monde par la taille et le plus imposant ouvrage d’un gigantesque projet d’irrigation et de production d’électricité dans les bassins de l’Euphrate et du Tigre, fierté du gouvernement turc.

Projet socio-économique

Ce projet monumental, appelé Gap (projet de l’Anatolie du sud-est), consiste en 22 barrages et 19 centrales hydroélectriques. Lancé dans les années 70, il ne sera pas terminé avant 2017, selon Olcay Unver, président de l’Administration de développement de l’Anatolie du sud-est. Presque entièrement financé par la Turquie, il coûtera au total quelque 32 milliards de dollars.
Il doit permettre d’irriguer une zone de 1,7 million d’hectares, 10% de la superficie de la Turquie, et de créer plus de 3 millions d’emplois.
Le Gap est «plus qu’un projet concernant l’eau», affirme M. Unver. «C’est un projet socio-économique, qui comporte aussi des centres de formation agricole, des fermes pilotes et des Centres communautaires à vocation multiple (Catom), sortes de villages-écoles où nous tentons d’aider les femmes, traditionnellement défavorisées dans cette région, à améliorer leur condition».
Outre Ataturk, deux autres barrages ont été édifiés sur l’Euphrate en amont, Keban et Karakaya. Deux autres sont en construction en aval, Birecik et Karkamis, ce dernier à quelques hectares de la frontière syrienne.
Deux barrages doivent être construits sur le Tigre, à Ilisu et Cizre. Plusieurs autres sont soit terminés, soit en projet, sur les affluents des deux fleuves.
Le Gap suscite l’hostilité de la Syrie et de l’Irak, vers lesquels coulent l’Euphrate et le Tigre, qui prennent leur source en Turquie. L’Euphrate traverse la Syrie puis l’Irak, tandis que le Tigre passe directement de Turquie en Irak, tous deux se rejoignant dans ce pays pour former le Chatt el-Arab.
Damas et Bagdad accusent la Turquie de mener ce projet sans les consulter et de les priver, du fait de l’irrigation, d’une quantité suffisante d’eau, ce qu’Ankara dément avec véhémence.
La Turquie s’appuie sur un protocole signé avec la Syrie en 1983 et prévoyant l’octroi à ce pays de 500 mètres cubes d’eau de l’Euphrate par seconde, ce qui «suffit largement», selon elle, aux besoins d’irrigation syriens et irakiens dans le bassin du fleuve. Elle affirme en outre que dans la pratique, elle laisse passer une quantité d’eau bien supérieure à 500 m3/seconde.
HARRAN (Turquie), 11 Mai (AFP). — L’eau, objet de convoitises au Proche-Orient, est de retour à Harran (sud-est), une plaine naguère semi-aride, grâce à la domestication des eaux de l’Euphrate menée par Ankara, malgré les protestations de la Syrie et de l’Irak voisins.La région, un rectangle de 151.000 hectares qui s’étend de l’est de la ville turque de Sanliurfa jusqu’à la frontière syrienne, correspond à la haute Mésopotamie de l’Antiquité.Autrefois fertile, elle était devenue quasi aride du fait des destructions dues aux guerres, et de la salinisation des sols provoquée par une irrigation excessive et primitive, expliquent les experts turcs.Aujourd’hui, quelque 40.000 hectares verdissent de nouveau, fertilisés à distance par l’’Euphrate, le reste le sera plus tard.«La vie ici a complètement...