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Actualités - Chronologie

Clinton en Amérique Centrale : des résultats très incertains (photo)

SAN JOSE, 10 Mai (AFP). — Le président américain Bill Clinton a quitté San José pour la Barbade, après un séjour de moins de 48 heures au Costa Rica qui s’est avéré un succès populaire, mais dont les conséquences politiques pour l’Amérique centrale restaient très incertaines, notamment sur le plan de l’immigration. Il a achevé cette étape centraméricaine par une très brève visite, sous une pluie fine, dans un parc national de la forêt tropicale.
La Maison-Blanche se montrait satisfaite du sommet de jeudi entre M. Clinton et les leaders de six pays de la région (Belize, Costa Rica, Guatemala, Honduras, Nicaragua et Salvador), qui a abouti, selon l’expression du président américain, à «une intensification du dialogue» entre Washington et l’Amérique centrale.
Son but principal — montrer à des pays s’estimant délaissés par l’Oncle Sam depuis la fin des conflits qui ont déchiré la région qu’ils n’ont pas été oubliés — semblait avoir été atteint, à en juger par les réactions de la presse et de l’opinion publique du Costa Rica.
Le plus grand quotidien de San José «La Nacion», titrait ainsi vendredi sur des propos de M. Clinton juxtaposés à une photo du président occupant toute sa première page: «Partenaires et amis».
Mais, au-delà de cet aspect relations publiques, les résultats de la visite restaient ambigus pour les pays d’Amérique centrale.
La presse locale elle-même se montrait d’ailleurs ambivalente, comme si elle sentait que les belles paroles sur un dialogue renforcé ne reflétaient pas toute la réalité. «Doutes sur les bénéfices du sommet», titrait ainsi le même journal «La Nacion» en pages intérieures.
La «Déclaration de San José», censée jeter les bases d’un nouveau type de relations entre les Etats-Unis et la région, ne contient aucune concession concrète des Etats-Unis, mais seulement un catalogue de bonnes intentions et de promesses, notamment en ce qui concerne l’octroi de tarifs préférentiels pour les exportations centraméricaines et — surtout — l’immigration.
Tout comme au Mexique, M. Clinton a assuré à ses interlocuteurs qu’une nouvelle loi sur l’immigration entrée en vigueur le 1er avril serait appliquée avec «compassion» et n’entraînerait pas de «déportations massives».
Les leaders de la région, comme le président salvadorien, Armando Calderon, se sont dit publiquement rassurés par ces propos. Mais M. Clinton a aussi confirmé que la loi, la plus draconienne votée par le Congrès américain en matière d’immigration, ne pouvait en aucun cas être remise en cause.
La directrice des Services américains d’immigration et de naturalisation (INS), Doris Meissner, l’a même qualifié de «bonne loi».
Sur les cinq millions d’étrangers en situation illégale aux Etats-Unis et théoriquement menacés d’être déportés, entre 800.000 et 900.000 sont des Centraméricains.
Leur retour forcé dans leurs pays d’origine, qui font déjà face à un important chômage, serait pour ceux-ci une véritable catastrophe économique et sociale.

Le sort des immigrés

Les pays d’Amérique centrale sont d’autant plus ulcérés par cette loi que plus de 300.000 des Centraméricains vivant dans l’illégalité aux Etats-Unis sont des personnes s’étant établies là-bas dans les années 80 avec la bénédiction de Washington pour échapper à la guerre, mais qui n’ont jamais régularisé leur situation.
M. Clinton, qui a admis qu’ils constituaient «une catégorie plutôt spéciale», a décidé en avril de reporter de six mois l’entrée en vigueur de la clause la plus controversée de la loi, qui limiterait à 4.000 le nombre des déportations qu’il a le droit d’annuler. Le président n’avait auparavant aucune limite dans ce domaine.
Il s’est donc donné un répit de quelques mois — jusqu’au 30 septembre — pour, a-t-il dit, «travailler avec le Congrès pour essayer de savoir comment appliquer» cette clause.
Mme Meissner a expliqué que les autorités américaines décideraient du sort des immigrés menacés, notamment des 300.000, au «cas par cas».
Autrement dit, il y aura sans doute des exceptions en fonction des situations personnelles. Mais elle a averti que «le nombre de déportations des Etats-Unis va augmenter régulièrement».
SAN JOSE, 10 Mai (AFP). — Le président américain Bill Clinton a quitté San José pour la Barbade, après un séjour de moins de 48 heures au Costa Rica qui s’est avéré un succès populaire, mais dont les conséquences politiques pour l’Amérique centrale restaient très incertaines, notamment sur le plan de l’immigration. Il a achevé cette étape centraméricaine par une très brève visite, sous une pluie fine, dans un parc national de la forêt tropicale.La Maison-Blanche se montrait satisfaite du sommet de jeudi entre M. Clinton et les leaders de six pays de la région (Belize, Costa Rica, Guatemala, Honduras, Nicaragua et Salvador), qui a abouti, selon l’expression du président américain, à «une intensification du dialogue» entre Washington et l’Amérique centrale.Son but principal — montrer à des pays...