La manifestation s’est déroulée au moment où la commission des affaires légales du Parlement examinait le projet de loi sur l’homosexualité. S’il devait être adopté, ce projet de loi ne serait applicable que dans la partie sud de Chypre, la seule sous l’autorité du gouvernement légal (grec), depuis l’occupation de la partie nord de l’île en 1974 par l’armée turque.
«Oui à la famille, oui aux enfants, non a l’homosexualité», proclamait une pancarte brandie par un enfant de quatre ans qui participait aux côtés de ses parents à la manifestation.
Le cortège était dirigé par quatre prêtres de l’Eglise orthodoxe, à laquelle appartient la quasi-totalité des habitants grecs de l’île. Les habitants de la partie nord sont musulmans.
«Nous sommes une société conservatrice qui croit qu’il n’y a de loi que la loi divine et les lois du pays reconnues par l’Eglise», a expliqué un manifestant, âgé d’une soixantaine d’années, qui distribuait des tracts.
Pour sa part, le père Michaël Savvas a souligné que l’Eglise orthodoxe ne «condamne pas les homosexuels mais la loi qui cherche à les sortir de la clandestinité».
«C’est un acte immoral qu’il faut interdire, les sociétés occidentales souffrent des retombées de pareilles lois et nous ne devons pas accéder aux vœux de l’Europe pour commettre cet acte qui nuit à la famille et au mariage traditionnel et propage des maladies comme le sida», a ajouté le père Savvas.
«Nous n’avons pas le choix. C’est une obligation internationale pour la République de Chypre», a répliqué le procureur général Alecos Markidés cité par l’agence officielle chypriote CNA.
Il faisait allusion à une décision du Conseil de l’Europe de 1993 qui demandait à Chypre d’amender avant la fin du mois de mai 1997 une loi sanctionnant l’homosexualité.
Cette demande faisait suite à une plainte déposée par un Chypriote auprès de la Cour européenne de justice.
M. Markidés, toujours cité par CNA, a critiqué les députés pour ne pas avoir achevé l’examen de ce projet de loi qui leur avait été soumis il y a deux ans.
Pour sa part, un député du parti DIKO (droite), membre de la coalition gouvernementale, a exprimé aux manifestants le soutien de son parti.


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