«Un bataillon de quelque 800 hommes est arrivé, mais il est en réserve et ne sera utilisé que pour le cas où nous serions débordés», a affirmé un responsable de la police de cette localité de 1,9 million d’habitants, située à quelque 200 km au sud-ouest de Lahore.
«Nous avons déjà installé une vingtaine de barrages qui filtrent la circulation et nous recherchons les armes qui pourraient être introduites dans la ville», a ajouté le policier dans le tintamarre du centre-ville où se mêlent autobus, automobiles, charrettes tirées par des ânes, des chevaux ou des dromadaires.
La ville est le berceau du Sepah-i-Sahaba (SSP), une organisation extrémiste sunnite fondée en 1985 par un maulvi (dignitaire religieux) de la région Haq Nawaz. Le portrait de celui-ci, assassiné en 1994, est présent sur les murs aux quatre coins de la ville.
Le chef actuel du SSP, Azim Tariq, a été arrêté mardi à Lahore. Il avait été élu député de Jhang à l’Assemblée provinciale en février dernier, lors des élections législatives, avec plus de 28.000 voix.
Son mouvement réclame en premier lieu que les chiites soient déclarés «non-musulmans». Selon la police, le SSP et une organisation similaire d’obédience chiite, le Sepah-i-Mohammad, se livrent une guerre sans merci dans la province du Pendjab, la plus peuplée du pays, qui a atteint un point culminant avec l’assassinat mardi d’un haut responsable de la police.
«Nous n’avons pas peur du SSP, nous sommes bien organisés», disent des responsables politiques du quartier construit autour d’un «lieu saint» (Imam bargah) appelé Qasarabbas. «S’ils veulent se battre, nous sommes prêts», ajoute un jeune militant du parti chiite Terick-i-Jafria qui aurait des liens avec les Sebah-i-Mohammad.
Selon les chiffres de la police, depuis 1990, 96 personnes ont été tuées et 90 autres blessées dans des attaques sectaires dans la seule ville de Jhang. Mais, pour le chef de la police, le commissaire Raza Tahir, la violence qui avait débuté à Jhang s’est désormais «propagée dans toute la province».


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