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Actualités - Reportage

Les "partenaires officiels" du festival de Cannes : donnant... donnant

Pour son 50e anniversaire, le Festival de Cannes met... les petits plats dans les grands, et la manufacture de porcelaine de Limoges y est allée de son «Assiette des Etoiles», l’assiette la plus grande du monde, signée par cinquante noms prestigieux du cinéma international et qui, fin octobre, sera proposée aux enchères par Christie’s, à New York, le produit de la vente devant aller au profil de l’association caritative Soleil d’Enfance.
Une autre assiette, de dimensions plus modestes et dont l’édition ne comportera que trois mille exemplaires numérotés, sert lors des dîners offerts tous les soirs par Pierre Viot, président du Festival, après la présentation du film en compétition...
Porcelaine de Limoges n’est que l’un de ces «partenaires officiels» qui apportent à la manifestation cannoise une «valeur ajoutée» et, tout en rendant d’appréciables services, y trouvent largement leur compte sous forme d’autopublicité. Ainsi Air France, qui en fait partie depuis dix ans, saisit-elle l’occasion pour rappeler qu’en 1995-96, les 205 avions de sa flotte ont transporté plus de 32 millions de passagers... Ils convoieront jusqu’à l’aéroport de Nice-Côte d’Azur des producteurs, des metteurs en scène et des acteurs venus des quatre coins du globe.
Mais sur place c’est Renault — quinze ans de bons et loyaux services cannois — qui se charge de transporter les invités. Soixante-dix Safrane à livrée livrée houblon assurent les déplacements des personnalités jusqu’aux marches du Palais. Renault ne manque pas de faire état de sa longue complicité avec le cinéma: depuis 1963, en effet, elle met gracieusement chaque année à la disposition de diverses productions une quarantaine de véhicules représentant l’ensemble de sa gamme. En 1996, par exemple, ces voitures ont participé au tournage de 29 longs métrages et de 79 téléfilms.
Europcar, qui revendique pour sa part dix ans de fidélité au festival, a eu la riche idée d’installer dans le hall de l’aéroport de Nice une exposition en hommage aux voitures qui ont eu un véritable rôle de composition — et non de simple figuration — dans la série des James Bond, mais aussi dans «Mad Max», «Bullit» ou «Le Corniaud».
Côté communication et multimédias, on se bouscule pour voler au secours d’une victoire annoncée. France Télécom assure diverses prestations techniques: installation des cabines téléphoniques, logistique de la salle de presse — où officiera un personnel multilingue —, vidéotransmission des fameuses conférences de presse avec la frime, les éclats et tout le tremblement. Une télécarte vient d’être tirée à 2 millions d’exemplaires, avec un visuel qui reprend l’affiche du festival, créée dans un style délibérément minimal par l’agence D.D.B.
Siemens, qui fête ses 150 ans — un âge encore plus vénérable que celui de la manifestation cannoise — met pour sa part des téléphones mobiles à la disposition des invités présents au restaurant très couru de la plage du Carlton. Quant à la société Danka, les 80 machines qu’elle aligne permettent d’effectuer 500.000 photocopies et d’envoyer 25.000 fax. De quoi lorgner du côté du Guiness des records.
Kodak parraine le prix de la Caméra d’or réservé aux jeunes réalisateurs, offre la coquette somme de 300.000 francs au lauréat.
Communication au superlatif: la chaîne cryptée Canal + se hausse du col face à ses concurrentes puisque c’est à elle que revient le privilège de diffuser — en clair — les cérémonies d’ouverture et de clôture du festival, ainsi que celle du 11 mai — au cours de laquelle sera remise la Palme des Palmes d’or —, tout cela s’ajoutant à deux heures de programme quotidien en direct de la Croisette.
Et puis, à Cannes où la bonne humeur est de mise comme le smoking en soirée, il n’est pas interdit de jouer, même en dehors du casino. Act One y lance — et simultanément dans 1.000 points de vente, à travers toute la France — le «jeu officiel» du festival, fondé sur une culture audiovisuelle et qui transforme en devinettes les scènes mythiques et les plus célèbres répliques du cinéma.
Côté mode et chiffons, Stéphane Rolland habille les hôtesses du Palais dans un style glamour-branché —, tunique-pantalon ou robe-manteau —, sans lésiner sur l’ottoman et la soie brochée. Jacques Dessanges s’est intitulé «coiffeur officiel» du festival et, sans toutefois s’en attribuer la paternité, évoque dans un communiqué la rousse chevelure de Rita Hayworth dans «Gilda», la coupe insolente de Jean Seberg dans «A bout de souffle» et le chignon de Simone Signoret dans «Casque d’or»… Les stars sont fleuries à leur arrivée par Christian Tortu qui a pignon sur rue à Paris mais s’approvisionne dans les pépinières de la région cannoise. Il pose ici et là des corbeilles et des bouquets où domine l’arum, élu fleur de l’année.
Enfin, comme toujours, l’agroalimentaire forme le gros du bataillon des «partenaires officiels». Nestlé, sous sa marque Glaces Gervais, récompense depuis 1992 un film de la section «Un certain regard» et, sous son autre marque, Nescafé donne leurs lettres de noblesse aux «petits films d’avant le film» en permettant la tenue d’un festival international de la bande annonce...
Si le groupe Dole — numéro un mondial du fruit — offre depuis deux ans un splendide spectacle de régates, Doritos, la chips tex-mex la plus vendue de France, offre une compilation d’anecdotes croustillantes à l’égal de son maïs soufflé sur les cinquante années du festival... Et assure, pour que la fête soit également parisienne, l’illumination du Pont Neuf par cinquante bougies géantes.

Mouton Cadet, le plus réputé des vins de Bordeaux, est servi à la terrasse du Carlton où Pierre Viot et la baronne Philippine de Rothschild reçoivent chaque jour à midi les grands du 7e art. Quant au champagne Piper-Heidsick, il sort une bouteille spéciale habillée de la palme et d’une étiquette rouge et or. En 1930 déjà, une de ses bouteilles apparaissait à l’écran dans «Les fils du désert», avec Laurel et Hardy. Depuis, ce champagne qui était le préféré de Marilyn Monroe a coulé à la Foire de Paris, parmi les inventions du Concours Lépine, un astucieux bouchon de champagne qui ne saute pas. Sans doute ne serait-il pas du goût des festivaliers. A Cannes, il faut que les bouchons sautent. Le champagne, ensuite, n’en pétillera que mieux.

Et comme là, rien n’est donné, il ne fallait surtout pas oublier l’intendance financière. Les imprévoyants voient leurs opérations de change facilitées par Thomas Cook: pas moins de onze devises acceptées! Il est vrai que, sur la Croisette, pour ne pas perdre sa journée, il faut savoir dépenser sans compter.
Pour son 50e anniversaire, le Festival de Cannes met... les petits plats dans les grands, et la manufacture de porcelaine de Limoges y est allée de son «Assiette des Etoiles», l’assiette la plus grande du monde, signée par cinquante noms prestigieux du cinéma international et qui, fin octobre, sera proposée aux enchères par Christie’s, à New York, le produit de la vente devant aller au profil de l’association caritative Soleil d’Enfance.Une autre assiette, de dimensions plus modestes et dont l’édition ne comportera que trois mille exemplaires numérotés, sert lors des dîners offerts tous les soirs par Pierre Viot, président du Festival, après la présentation du film en compétition...Porcelaine de Limoges n’est que l’un de ces «partenaires officiels» qui apportent à la manifestation cannoise une «valeur...