Ce phénomène, qui témoignait de la propension des agents financiers à vendre le «billet vert», démontrait aussi que les placements en livre libanaise continuent de bénéficier d’atouts non-négligeables aussi bien sous le rapport de la rentabilité réelle en l’absence de vraies pressions inflationnistes, que sous celui des flux de capitaux étrangers permettant à la balance libanaise des paiements d’enregistrer un excédent de 564 millions de dollars au premier trimestre 1997 contre 30 millions pour la période correspondante en 1996 et un déficit de 291 millions de dollars au premier trimestre 1995.
En effet, attentifs à toutes ces données, et plus ou moins débarrassés de la psychose de crise gouverementale qui les avait préoccupés des semaines durant entre mars et avril, les opérateurs voyaient leur intérêt à se positionner de nouveau en livre libanaise dont le taux de réévaluation a atteint 0,02% la semaine dernière, avec le recul du dollar de 1539,50/1548,00 L.L. et d’un taux moyen indicatif de 1543,75 L.L. au jeudi 24 avril à la veille du long chômage des Pâques orthodoxes, à 1539,00/1548,00 L.L. et à un taux moyen indicatif de 1543,50 L.L. vendredi dernier.
Le mouvement, intervenu après que la B.D.L. eut abaissé, dès mardi son taux d’intervention à l’achat du dollar de 1539,50 à 1539,00 L.L. tout en maintenant son taux à la vente à 1548,00 L.L., n’empêchait pas les opérateurs à le négocier effectivement en deçà du taux moyen indicatif fixé à 1543,50 L.L., soit entre 1540,00 et 1541,00 L.L., mardi, puis entre 1539,00 et 1540,00 L.L., mercredi et vendredi, dans des volumes d’affaires modérément actifs, confirmant la confiance dont jouit la livre.
Dollar hésitant
à l’étranger
A l’étranger, les marchés des changes internationaux continuaient à fonctionner sous le signe de l’orientation future des taux d’intérêt américains. Toutefois les avis des experts à ce sujet ont été partagés la semaine dernière à la lumière des statistiques qui donnaient des signes contradictoires sur l’état de l’économie aux Etats-Unis pendant cette période.
Ces contrastes ont été illustrés par les chiffres de l’emploi en avril, révélant d’un côté un taux de chômage de 4,9% contre 5,2% en mars (le plus bas depuis décembre 1973) qui tendait à confirmer les craintes de tensions inflationnistes justifiant un nouveau relèvement des taux par la Réserve fédérale (FED) lors de la réunion du comité de l’open market le 20 mai prochain. Mais, de l’autre côté, les créations d’emplois non agricoles, moins nombreuses que prévu (142.000 au lieu de 211.000 contre 139.000 en mars), disaient le contraire. Cela d’autant que le salaire-horaire aurait diminué de 0,1% en avril à 12,14 dollars, excluant toute éventuelle pression des salaires sur les prix.
De plus on avait appris aussi que le produit intérieur brut (P.I.B.) américain aurait augmenté de 5,6% au premier trimestre 1997 (le niveau le plus élevé depuis 10 ans) contre 3,8% au quatrième trimestre 1996, ainsi que le déflateur de l’inflation de 2,3% contre 1,5% pendant la même période, témoignant de la surchauffe inflationniste de l’économie qui œuvre dans le sens d’un nouveau durcissement monétaire. Mais, dans le même temps, on s’était aperçu que les commandes de biens durables avaient diminué de 3% en mars contre une hausse de 0,8% en février ainsi que les ventes de logements neufs de 2,5% contre une hausse de 1,1% pendant la même période, à un moment où le coût de l’emploi progressait de 0,6% seulement au premier trimestre 97 au lieu de 0,9% comme attendu, excluant toute surchauffe économique. Cela d’autant que le «Conference Board» faisait savoir que son indice mensuel, mesurant la confiance des consommateurs américains, aurait reculé de 118,50 points en mars à 116,80 points en avril.
Eu égard à toutes ces considérations, et compte tenu aussi de l’accord auquel le président Clinton était parvenu à conclure vendredi dernier avec les chefs de file républicains du Congrès prévoyant un budget équilibré d’ici 2002 (ce qui ne semble pas militer en faveur d’un relèvement des taux d’intérêt aux Etats-Unis), le dollar devait éprouver beaucoup de difficultés à renouer avec la hausse la semaine dernière. Il s’est négocié en clôture, à New York, à la veille du week-end, à 1,7295 D.M. contre 1,7275 au vendredi 25 avril (+0,12%), à 1,4720 F.S. contre 1,4685 (+0,24%), à 5,83 F.F. contre 5,8315 (—0,03%), à 1710,25 lires contre 1719,00 (—0,51%), à 126,60 yen contre 126,35 (+0,20%) et à 1,6215 pour un sterling contre 1,6245 (+0,19%).
Or: nouvel accès
de faiblesse
Les marchés des métaux précieux se sont ressentis la semaine dernière d’informations faisant état de nouvelles ventes d’or pour le Fonds monétaire international (F.M.I.) pour venir en aide aux pays membres les plus pauvres. En effet, le métal fin, initialement faible, devait subir quelques pressions, le ramenant à New York, vendredi dernier, à 340,30 dollars l’once contre 342,40, au vendredi 25 avril, en baisse de 0,61% en moyenne.
Par sympathie, l’argent-métal s’est déprécié aussi, revenant à New York, vendredi dernier, à 4,686 dollars l’once contre 4,719 au vendredi 25 avril, en baisse de 0,70% en moyenne.
Elie KAHWAGI


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