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Actualités - Chronologie

Les femmes yéménites à la conquête du parlement (photo)

SANAA, 28 Avril (AFP). — Alors que beaucoup de leurs voisines du Golfe vivent encore cloîtrées, les femmes yéménites se sont lancées sans complexe dans la vie politique et 17 sont candidates aux élections législatives de dimanche.
«Nous savons que le chemin est long et semé d’embûches, mais les femmes ont décidé de relever le défi. Votez pour nous», lançait à un auditoire composé en majorité d’hommes la candidate Balkis al-Hadrani, lors d’un meeting électoral à Sanaa.
«L’islam a accordé aux femmes leurs droits, et elles ont gouverné le Yémen, comme la reine de Saba (8e et 9e siècles avant Jésus-Christ) et Arwa bint Ahmad» (12e siècle de notre ère), ajoute cette femme frêle de 42 ans, le visage encadré d’un foulard.
Candidate du Baas socialiste arabe national (pro-irakien), cette mère de deux enfants a consacré sa thèse de doctorat en littérature à Balkis, reine de Saba, dont elle porte le nom.
Dans un coin de l’auditoire, des femmes voilées de noir applaudissent.
L’une monte à la tribune. «La femme du nord du Yémen a été privée du droit de vote et d’élection avant l’unité en 1990. Beaucoup d’hommes seront élus, accordez votre voix à une femme à Sanaa», dit-elle.
«Mais c’est la faute aux femmes si elles sont cloîtrées», lance un homme assis au premier rang.
«Qui d’entre vous est venu avec sa femme, sa fille ou sa sœur à ce meeting?», réplique l’oratrice.

Le quart des électeurs

Les femmes ne constituent que le quart des quelque 4,6 millions d’électeurs inscrits, en raison notamment du taux effarant d’illétrisme parmi elles, qui atteint environ 80% dans les campagnes et 70% dans les villes, estime Mme Amat al-Alim Alsoswa, sous-secrétaire à l’information.
Mais elle souligne qu’un bond énorme a été accompli au cours des dernières années, les femmes constituant par exemple 23% des étudiants à l’Université de Sanaa, alors qu’elles n’étaient qu’une dizaine en 1970.
«Tout le monde veut obtenir le vote des femmes, tout le monde parle beaucoup mais personne ne prend de mesures pratiques», déplore cette première dame à accéder à un poste aussi élevé.
Un dirigeant du parti islamiste al-Islah, cheikh Abdel Majid Zendani, a critiqué récemment la nomination de Mme Alsoswa et s’est déclaré opposé à l’entrée des femmes au Parlement, soulevant un tollé parmi les candidates.
Mais toutes reconnaissent qu’il faut passer par les hommes pour obtenir le vote des femmes. «La femme ne connaît pas ses droits en raison de l’analphabétisme, elle est influencée par son père, son frère ou son mari», dit Balkis al-Hadrani, qui souligne qu’al-Islah dispose d’une véritable «armée noire», en référence aux femmes voilées, qui votent pour ses candidats.
Les femmes du nord du pays se sont pour la première fois rendues aux urnes en 1993, lors des premières élections législatives du Yémen unifié. Seules deux avaient alors été élues, dans les provinces du sud du Yémen où un régime marxiste avait accordé aux femmes leurs droits dès les années 70.
C’est d’ailleurs en raison de la spécificité d’Aden que le parti présidentiel, le Congrès populaire général, y présente deux femmes, sur un total de cinq candidats.
«Les hommes acceptent l’idée de voter pour une femme, surtout à Aden», estime Auras Sultan Naji, médecin dynamique de 34 ans, qui reconnaît cependant que les hommes viennent plus nombreux aux meetings électoraux.
Auras, qui n’est pas voilée, a dû quand même porter une écharpe discrète pour ses portraits électoraux qui tapissent les murs d’Aden.
Elle explique que les femmes d’Aden ont recommencé à se voiler en raison de la poussée islamiste. Le temps est loin où, dans les années 70, les tchadors étaient brûlés sur la place publique dans la ville.
SANAA, 28 Avril (AFP). — Alors que beaucoup de leurs voisines du Golfe vivent encore cloîtrées, les femmes yéménites se sont lancées sans complexe dans la vie politique et 17 sont candidates aux élections législatives de dimanche.«Nous savons que le chemin est long et semé d’embûches, mais les femmes ont décidé de relever le défi. Votez pour nous», lançait à un auditoire composé en majorité d’hommes la candidate Balkis al-Hadrani, lors d’un meeting électoral à Sanaa.«L’islam a accordé aux femmes leurs droits, et elles ont gouverné le Yémen, comme la reine de Saba (8e et 9e siècles avant Jésus-Christ) et Arwa bint Ahmad» (12e siècle de notre ère), ajoute cette femme frêle de 42 ans, le visage encadré d’un foulard.Candidate du Baas socialiste arabe national (pro-irakien), cette mère de deux...