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Actualités - Opinion

Le pape de l'espérance

Comme il nous est proche et cher, comme il est mêlé à nos pensées, à nos sentiments, à notre vie quotidienne, cet inconnu venu du froid et tout brûlant de zèle, tout rayonnant de lumière et de grâce.
Nous contemplons aujourd’hui ce géant blessé avec une tendresse qui est la forme spontanée de la pitié filiale. Nous l’écoutons avec une attention recueillie. Nous l’accueillons dans ce qu’il y a de meilleur en nous.
Plus que jamais, au milieu des épreuves et des périls, il est, pour nous-mêmes et pour le monde, l’espérance. Autant que la foi et l’amour, il représente l’indestructible espérance, parce qu’il a reçu et qu’il transmet les éternelles promesses, celles d’un royaume contre lequel l’enfer ne prévaudra pas. Il représente aussi l’espérance parce qu’issu lui-même d’une nation au passé tourmenté, chargé d’épopées et de tragédies, le voici apôtre et prince de la paix, investi de la mission d’annoncer et de promouvoir la paix entre les nations; de préparer pour l’humanité tout entière un avenir de paix, c’est-à-dire de liberté et de justice. Il représente enfin l’espérance parce que, frappé, ensanglanté grièvement atteint il s’est trouvé de nouveau debout, offrant encore sa vie de bon pasteur.
En vérité, cet homme est bien l’héritier des martyrs de nos deux millénaires d’histoire, l’ayant-droit des persécutés, l’annonciateur d’un Seigneur crucifié et triomphant. Nul n’est plus exposé que lui aux coups de la violence puisqu’il ressent et partage tous les drames et puisqu’il se désarme dans le geste même qu’il fait pour bénir et pour pardonner.
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Un peu partout, des voix s’élèvent pour évoquer les réalisations de son pontificat, pour commenter ses initiatives, ses discours dans bien des capitales («Qu’as-tu fait de ton baptême…»), ses encycliques. Nous serions, pour notre part, tentés d’insister sur les plus récentes de ses maximes; celles concernant la haute signification du travail humain, et sur les toutes premières, celles qui mettent en évidence les droits de l’homme racheté par un divin Rédempteur.
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Mais allons plus loin, il nous semble que toutes ses déclarations et toutes ses démarches nous concernent, même quand elles ne nous sont pas spécialement et publiquement destinées. Il nous semble que les témoignages de sa sollicitude précèdent nos ambassadeurs dans les cités de l’ancien et du nouveau monde. (Comment ne pas lui savoir gré, par exemple, de l’accueil chaleureux réservé au patriarcat maronite dans les milieux internationaux?). Au-delà même de tout cela, il nous donne la consolation et le réconfort d’illustrer à tout instant, par son enseignement et son exemple, la parole de son Maître disant: «Quand je serai élevé de terre, j’attirerai tout à moi».
Il arrive que des peuples entiers, à certaines périodes de leur histoire, participent à ce mystérieux appel, à ce message de renaissance et de résurrection. Un évêque de France nous le disait dans la plus émouvante des homélies, aux fidèles rassemblés en l’église de Notre-Dame du Liban: «Votre pays, dressé sanglant au-dessus du monde, nous attire tous à lui»…

Charles HELOU
Comme il nous est proche et cher, comme il est mêlé à nos pensées, à nos sentiments, à notre vie quotidienne, cet inconnu venu du froid et tout brûlant de zèle, tout rayonnant de lumière et de grâce.Nous contemplons aujourd’hui ce géant blessé avec une tendresse qui est la forme spontanée de la pitié filiale. Nous l’écoutons avec une attention recueillie. Nous l’accueillons dans ce qu’il y a de meilleur en nous.Plus que jamais, au milieu des épreuves et des périls, il est, pour nous-mêmes et pour le monde, l’espérance. Autant que la foi et l’amour, il représente l’indestructible espérance, parce qu’il a reçu et qu’il transmet les éternelles promesses, celles d’un royaume contre lequel l’enfer ne prévaudra pas. Il représente aussi l’espérance parce qu’issu lui-même d’une nation au...