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Actualités - Chronologie

Turquie : les islamistes impuissants face à la volonté des militaires

ANKARA, 25 Avril (AFP). — Le premier ministre turc Necmettin Erbakan et ses amis islamistes sont impuissants face à la volonté des militaires qui apparaissent déterminés à les chasser du pouvoir.
«Tout indique que les militaires ne se contentent pas d’avoir rappelé à l’ordre le gouvernement en février, mais qu’ils veulent le faire tomber», estime un diplomate occidental.
«La pression exercée par l’armée est destinée à provoquer pacifiquement la fin de la coalition» formée entre les islamistes et le parti de la Juste Voie (DYP, droite) du ministre des Affaires étrangères Tansu Ciller, selon un autre diplomate.
L’armée, qui se veut la gardienne de la laïcité de l’Etat, est toujours très présente dans les coulisses de la politique turque. Elle accuse le parti de la Prospérité (Refah) de M. Erbakan d’être responsable d’une montée de la subversion islamiste en Turquie.
Le tout-puissant Conseil national de sécurité (MGK), organe dominé par les militaires, a dicté au gouvernement le 28 février des mesures très strictes pour stopper l’islamisation insidieuse du pays.
Certaines de ces mesures concernant l’enseignement dans les écoles religieuses, où le Refah puise ses futures recrues, M. Erbakan s’est montré plus que réticent à les mettre en œuvre, ce qui a aggravé la tension avec l’armée.
Depuis février, des militaires de haut rang ont déclaré à la presse turque et étrangère que le fondamentalisme religieux était devenu pour la Turquie «un danger plus important encore que le PKK» (Parti des travailleurs du Kurdistan, séparatiste).
De tels propos, tenus notamment par le général Cevik Bir, chef d’état-major en second des armées, en disent long sur l’état d’esprit des militaires quand on sait l’obsession qu’ont été pour eux pendant des années la lutte contre le PKK et les moyens employés.
Face à cette situation, les islamistes s’efforcent de faire front, au moins en paroles, pour sauver la face vis-à-vis de leur électorat, mais ne peuvent guère faire plus, estiment les analystes.

Efforts sans
espoir

Leur impuissance est illustrée par leurs efforts sans espoir pour qu’une enquête soit ouverte sur le commandant de la gendarmerie d’Erzurum (Est), le général Osman Ozbek, qui avait durement critiqué les islamistes la semaine dernière.
Jeudi, le ministre islamiste de la Justice Sevket Kazan a ordonné une enquête contre ce général, mais son collègue de la Défense Turhan Tayan, membre du DYP, a coupé son élan en affirmant que «seule l’armée peut ouvrir une procédure légale contre un de ses membres».
Dans la soirée, M. Erbakan a déclaré qu’il ne pouvait accepter les propos du général et qu’il en enverrait l’enregistrement à l’état-major pour que «le nécessaire soit fait».
Cette démarche sera vaine, estiment tous les analystes, les militaires ayant déjà apporté leur entier soutien au général Ozbek.
Celui-ci avait déclaré qu’«en exploitant la démocratie», le Refah «tente de s’emparer du pouvoir pour se livrer à la répression, même en coupant des têtes comme en Algérie», ajoutant: «Je les combattrai (les islamistes) comme j’ai combattu le PKK».
Il réagissait à une pièce de théâtre jouée par une troupe islamiste dans une province de l’Est, dans laquelle l’armée, qualifiée d’«athée», était présentée comme «l’ennemie du peuple» et la nation appelée à «se révolter contre elle».
Samedi, était prévue une nouvelle réunion du MGK, qui devait examiner l’état d’application des mesures décidées en février, alors que la presse turque affirme que les jours du gouvernement sont comptés.
ANKARA, 25 Avril (AFP). — Le premier ministre turc Necmettin Erbakan et ses amis islamistes sont impuissants face à la volonté des militaires qui apparaissent déterminés à les chasser du pouvoir.«Tout indique que les militaires ne se contentent pas d’avoir rappelé à l’ordre le gouvernement en février, mais qu’ils veulent le faire tomber», estime un diplomate occidental.«La pression exercée par l’armée est destinée à provoquer pacifiquement la fin de la coalition» formée entre les islamistes et le parti de la Juste Voie (DYP, droite) du ministre des Affaires étrangères Tansu Ciller, selon un autre diplomate.L’armée, qui se veut la gardienne de la laïcité de l’Etat, est toujours très présente dans les coulisses de la politique turque. Elle accuse le parti de la Prospérité (Refah) de M. Erbakan...