Vainqueur de la Coupe Intercontinentale en novembre à Tokyo contre les Argentins de River Plate (1-0), puis de la Supercoupe d’Europe face au Paris-SG en janvier (6-1, 3-1), la «squadra» de Marcello Lippi paraît en effet bien partie pour remporter à nouveau la C1.
Excepté le premier quart d’heure, les «Bianconeri» ont surclassé leurs adversaires dans tous les compartiments du jeu. «Nous avons connu un début difficile, reconnaissait Didier Deschamps, encore une fois un des meilleurs de son équipe. Mais dès qu’on a réussi à se replacer tactiquement, tout est rentré dans l’ordre».
Les remaniements apportés par Lippi à une défense privée de Pessotto et Porrini expliquent ce début hésitant. Et sans doute aussi un léger manque de concentration après la victoire (2-1) de l’aller à Amsterdam. Avec un véritable buteur — l’absence de Kluivert l’a lourdement handicapé — l’Ajax aurait pu en profiter à ce moment-là.
La permutation entre Di Livio et Lombardo vers la 20e minute acheva de remettre la Juve sur les rails. Le récital pouvait commencer: buts de Lombardo sur corner de Zidane (35e), de Vieri sur centre de Lombardo (37e), d’Amoruso après un centre en retrait parfait de Zidane (78e) et de Zidane sur passe de Deschamps (80e). Et plusieurs autres occasions nettes manquées d’un rien.
Le triomphe
de Zidane
Face à ce cyclone, l’Ajax fit front et Melchiot sauva l’honneur (74e). Pour Louis Van Gaal, probable futur patron du FC Barcelone, la Juventus était simplement «trop forte» pour une formation d’Ajax en fin de cycle, mais tout de même invaincue à l’extérieur en Coupe d’Europe depuis trois ans.
Selon Deschamps, cette Juve-là a encore progressé par rapport à sa devancière qui enleva (aux tirs au but) la Ligue des champions 1996 aux dépens de l’Ajax. «L’arrivée de joueurs techniques comme Zidane, Montero et Boksic nous a permis de nous améliorer nettement dans la maîtrise collective».
Et lorsqu’on sait, qu’outre Pessotto et Porrini, Del Piero, Jugovic, Padovano et Torricelli étaient également absents mercredi, on mesure la qualité de la «Vecchia Signora», qui a confirmé son statut de meilleure équipe au monde. Même si tout va très vite en football, les prochaines années devraient être «juventiniennes».
Devant le spectacle offert par la Juve, le difficile public du stadio delle Alpi, conquis, ovationna les joueurs et Lippi. Zidane eut même droit à un véritable plébiscite. Directement à l’origine de deux buts, auteur du quatrième, le meneur de jeu de l’équipe de France a réussi un de ses meilleurs matches depuis son arrivée à Turin. «Je suis vraiment très heureux, avouait-il modeste. Si je prends autant de plaisir à faire des passes décisives qu’à marquer, avoir inscrit un but ce soir devant 70.000 spectateurs me procure une grande satisfaction».
Il ne lui reste plus qu’à remporter son premier grand trophée le 28 mai. Une habitude pour son coéquipier et ami Didier Deschamps, déjà vainqueur de la C1 en 1993 avec Marseille à… Munich et en 1996 avec la Juve.


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