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Actualités - Chronologie

Le commerce à la frontière turco irakienne en plein essor

HABUR (Turquie), 17 Avril (AFP). — Le commerce à travers le poste frontalier turco-irakien de Habur (sud-est) a quadruplé depuis janvier sous l’impulsion du gouvernement turc, ce qui profite à la fois aux Kurdes de Turquie et à ceux du nord de l’Irak.
En moyenne, 1.300 camions appartenant aux Kurdes de Turquie traversent chaque jour la frontière à Habur, chargés de produits alimentaires destinés à la vente dans le nord de l’Irak sous contrôle des formations kurdes irakiennes. Ce nombre a presque doublé depuis l’an dernier.
Les camionneurs achètent en retour du mazout irakien qu’ils chargent dans des réservoirs montés sur leurs véhicules, pour le revendre en Turquie presque deux fois moins cher que le mazout «officiel», lourdement taxé.
Par ailleurs, 300 autres camions en moyenne passent chaque jour par Habur, transportant eux aussi des vivres en Irak, mais cette fois dans le cadre de la résolution 986 («Pétrole contre nourriture») du Conseil de Sécurité de l’ONU, qui autorise cette importation en échange de la vente de deux milliards de dollars de pétrole irakien tous les six mois.
L’Etat turc tolère le trafic de mazout non taxé et mène une politique de commerce frontalier beaucoup plus libérale depuis janvier, pour stimuler l’économie de la région du sud-est, ruinée par le conflit opposant depuis 1984 les séparatistes kurdes de Turquie à l’armée, a-t-on appris de sources officielles à Habur.
Dans ce but, l’Etat a permis le doublement de la capacité des réservoirs, de 2 à 4 tonnes pour les camions légers et de 4 à 8 pour les poids lourds, à condition qu’ils soient en fibre de verre semi-transparente, pour empêcher qu’ils ne servent à des trafics d’armes. Actuellement, la grande majorité des camions sont dotés de ces nouveaux réservoirs, alors qu’auparavant ils étaient en tôle.
En outre, l’un des deux ponts du poste frontalier sur la rivière Habur séparant la Turquie et l’Irak, resté fermé des années, avait été rouvert l’automne dernier. Et en janvier, le poste a été ouvert 24 heures sur 24, alors qu’auparavant il fermait au coucher du soleil pour raisons de sécurité.
Actuellement 27.000 camions au total, des régions de Mardin et Sirnak (sud-est), participent à cette navette. Ils n’étaient que 3.500 quand le commerce frontalier, arrêté depuis la guerre du Golfe, avait été relancé en août 1994. Ils transportent 6.000 tonnes de mazout en Turquie par jour, soit environ 2,2 millions de tonnes par an.
Dans l’autre sens, quelque 2.000 tonnes de vivres passent dans le nord de l’Irak chaque jour dans ces camions autorisés à en charger jusqu’à 1,5 tonne chacun.
Habur, «c’est l’usine de la région» a déclaré un responsable turc. «Au moins 500.000 personnes de la région vivent du commerce frontalier».
Lezgin, 24 ans, est un camionneur de la région de Lice (sud-est, province de Diyarbakir). Il fait l’aller et retour deux fois par mois vers la ville kurde irakienne de Zakho, tout près de la frontière, et gagne 150 millions de Livres Turques (1.140 dollars), revenu largement supérieur à la moyenne dans le sud-est.
Il déclare mettre au total huit ou neuf jours pour ses deux navettes et ne rien faire le reste du mois car, dit-il, «il n’y a rien à faire».
Le commerce frontalier viole l’embargo sur l’Irak, mais «l’ONU le tolère», car il est bénéfique aux Kurdes irakiens, affirment les autorités turques à Habur.
Dans le nouveau régime, les seuls revenus des «taxes douanières» perçues par les Kurdes irakiens sur les véhicules et sur le mazout transporté atteignent 215.000 dollars par jour, selon l’estimation des autorités turques. En plus, les Kurdes irakiens font de l’argent en revendant aux Irakiens une partie des vivres venant de Turquie. De même, ils achètent le mazout aux Irakiens et le revendent à leurs cousins de Turquie.
HABUR (Turquie), 17 Avril (AFP). — Le commerce à travers le poste frontalier turco-irakien de Habur (sud-est) a quadruplé depuis janvier sous l’impulsion du gouvernement turc, ce qui profite à la fois aux Kurdes de Turquie et à ceux du nord de l’Irak.En moyenne, 1.300 camions appartenant aux Kurdes de Turquie traversent chaque jour la frontière à Habur, chargés de produits alimentaires destinés à la vente dans le nord de l’Irak sous contrôle des formations kurdes irakiennes. Ce nombre a presque doublé depuis l’an dernier.Les camionneurs achètent en retour du mazout irakien qu’ils chargent dans des réservoirs montés sur leurs véhicules, pour le revendre en Turquie presque deux fois moins cher que le mazout «officiel», lourdement taxé.Par ailleurs, 300 autres camions en moyenne passent chaque jour par Habur,...