Le président Mobutu demande la conclusion d’un cessez-le-feu pour favoriser des négociations et exclut tout départ du pouvoir. Le chef de l’Etat zaïrois a même annoncé qu’il serait candidat à une éventuelle élection.
Pour la rébellion, un sommet et des négociations doivent au contraire aboutir au départ de M. Mobutu. M. Kabila est prêt à «rencontrer le maréchal Mobutu n’importe quand pour une passation pacifique du pouvoir», a indiqué jeudi soir le «ministre» des Finances des rebelles, Mawapanga mwana Nanga.
Des sources proches des rebelles indiquaient en outre à Lubumbashi (sud du Zaïre) que «Mobutu veut partir comme président», ce que la rébellion refuse.
Néanmoins, «le principe de la rencontre est acquis, mais le lieu et la date restent encore indéterminés», a assuré vendredi à Kinshasa le porte-parole du maréchal, Kabuya Lumuna, ajoutant: «Nous sommes encore au niveau des discussions préliminaires. Le président Mobutu ne peut pas se déplacer si on n’est pas sûr des résultats du sommet».
Epargner une
hécatombe
Jeudi, l’envoyé spécial de l’ONU et de l’OUA pour la région des grands lacs, Mohamed Sahoun et le vice-ministre sud-africain des Affaires étrangères, Aziz Pahad ont annoncé que le président Nelson Mandela avait invité MM. Mobutu et Kabila à un sommet en Afrique du Sud.
Selon M. Sahnoun, les deux parties «étaient d’accord pour qu’elle ait lieu en Afrique du Sud».
Mais, vendredi, dans les milieux proches du maréchal, on indiquait que les autorités zaïroises souhaitent qu’une telle rencontre se tienne au Congo. Le président congolais Pascal Lissouba a proposé d’accueillir le sommet à Pointe-Noire, sur la côte atlantique du pays.
Interrogé sur cette possibilité, M. Kabuya a répondu: «Tout cela n’est que supputation. Aucune décision n’est encore prise. Il est évident que si le sommet se tient au Congo, cela serait facile pour le président».
Jeudi soir, les membres du cabinet du président Mobutu ont multiplié des réunions en vue de préparer la rencontre, peu après le retour dans la capitale zaïroise du conseiller spécial du maréchal, Honoré Ngbanda Nzambo.
Le conseiller revenait du Cap où il avait été reçu par M. Mandela. Selon M. Ngbanda, porteur d’un message du président sud-africain, «les choses sérieuses vont désormais commencer».
Vendredi, les journaux kinois commentaient abondamment le projet de rencontre Mobutu-Kabila. Ainsi, le tri-hebdomadaire «L’Avenir», proche de l’ex-premiser ministre Léon Kengo wa Dondo, estimait que les «belligérants prennent finalement conscience du rôle néfaste de la guerre et de la nécessité d’épargner aux populations une hécatombe».


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