Une résolution présentée par les Pays-Bas au nom de l’Union européenne demande à Téhéran de «s’abstenir de commettre des actes de violence» contre les opposants vivant à l’étranger, de coopérer avec les autorités des pays en enquêtant sur les délits qu’elles lui signalent et en poursuivant leurs auteurs.
La résolution a été adoptée par 26 des 53 pays de la commission réunie en session annuelle à Genève. Il y a eu 7 voix contre et 19 abstentions.
Le délégué néerlandais a rappelé qu’un tribunal de Berlin avait estimé la semaine dernière que les plus hautes autorités de l’Etat iranien avaient commandité l’assassinat de trois dissidents kurdes iraniens et de leur traducteur il y a cinq ans dans un restaurant de Berlin.
Il a «vivement déploré» cet «acte de terrorisme» en violation du droit international et des droits de l’homme. Il a estimé que l’attentat représentait une «pratique totalement inacceptable» dans les affaires internationales.
La résolution demande également aux autorités iraniennes «de donner des assurances écrites satisfaisantes» qu’elles ne cautionnent ni n’encouragent les menaces de mort contre l’écrivain Salman Rushdie.
Le texte regrette l’annonce par la Fondation du 15 Kohrdad d’une augmentation de la prime offerte pour l’assassinat de M. Rushdie, passée de 2 à 2,5 millions de dollars.
Le président de cette fondation privée, l’ayatollah Sanei, a récemment été nommé membre du comité pour le discernement des priorités du régime.
La résolution condamne en outre le grand nombre d’exécutions en Iran, auxquelles il est procédé sans respect des garanties internationalement reconnues, les cas de torture, les amputations et exécutions publiques, ainsi que l’absence de procès équitables.
Selon les opposants à l’étranger du Conseil national de la résistance, 35 personnes ont été exécutées en public en Iran au cours du mois écoulé.
Les atteintes aux droits et discrimination contre la minorité religieuse des bahaïs sont aussi dénoncées dans la résolution, ainsi que les discriminations dont sont victimes certaines minorités dont les membres ont été assassinés ou victimes d’intimidation.
La discrimination à l’égard des femmes, les violations des libertés de réunion, d’association, d’opinion et de presse sont critiquées par la résolution qui mentionne en particulier l’arrestation de l’écrivain Faraj Sarkuhi.
Par ailleurs, après cinq jours de protestations et de manifestations de rue, l’Iran a cherché hier à calmer le jeu sur le plan politique avec l’Allemagne, tout en annonçant l’annulation d’une visite économique à Bonn.
L’ambassade iranienne à Bonn a fait savoir que la visite d’une importante délégation économique iranienne n’était «pas possible pour le moment», a annoncé la chambre de commerce et d’industrie allemande.
De retour d’une visite officielle à Moscou, le président du Parlement Ali Akbar Nategh-Nouri a de son côté essayé d’apaiser les craintes suscitées par la succession des manifestations devant les locaux de l’ambassade d’Allemagne.
«La sécurité des étrangers est totalement assurée et leurs vies ne sont en aucune manière en danger», a-t-il déclaré, en soulignant que l’Iran a «toujours respecté les règles internationales et continuera à le faire».


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