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Actualités - Chronologie

Le président du Montenegro part en guerre contre la sécurité d'état

PODGORICA (Yougoslavie), 15 Avril (AFP). — Le président du Monténégro, Momir Bulatovic, est parti en guerre contre la Sécurité d’Etat (SDB) en réclamant lundi une session d’urgence du Parlement pour débattre de certaines activités de la SDB jugées «inconstitutionnelles».
Dans une lettre au président du Parlement, Svetozar Marovic, rendue publique par les services présidentiels, M. Bulatovic déclare avoir «appris que la Sécurité d’Etat projetait des mesures préventives et répressives contre un groupe (de personnes) non identifié».
Le chef de la SDB, Vukasin Maras, figure parmi les responsables dont le président réclame sans succès le limogeage depuis trois semaines auprès du premier ministre, Milo Djukanovic.
M. Bulatovic fait valoir dans sa lettre qu’ «il n’existe aucune base légale pour des mesures répressives de la part de la SDB» qui, estime-t-il, constitueraient «une atteinte aux droits et libertés individuelles».
Selon une source proche du gouvernement, l’action projetée par la SDB — avec l’appui du premier ministre — aurait visé des agents de renseignements envoyés au Monténégro par le régime du président serbe, Slobodan Milosevic. Ceux-ci auraient eu pour mission de «compromettre la SDB monténégrine et de faciliter ainsi la mise à l’écart de M. Djukanovic» et de certains membres de son gouvernement.
M. Bulatovic indique avoir évoqué cette affaire avec M. Djukanovic. Mais celui-ci «n’a pas partagé (son) opinion, estimant qu’il s’agissait d’une procédure régulière», ajoute-t-il.
Le président déclare avoir saisi le procureur de la République mais n’avoir «reçu de lui aucune information à ce jour».
M. Djukanovic refuse depuis le 25 mars de limoger deux membres de son gouvernement, le vice-premier ministre, Slavko Drljevic, et le ministre de la Culture, Goran Rakocevic, ainsi que M. Maras.
Les deux premiers avaient tenu des propos très critiques à l’égard de M. Milosevic et nourri des velléités d’indépendance à l’égard de Belgrade.
Quant au chef de la SDB, il lui est reproché d’avoir coupé les liens entre ses services et ceux de Belgrade, empêchant le président serbe de se tenir informé de la situation au Monténégro, selon de bonnes sources.
Le Monténégro forme avec la Serbie la République fédérale de Yougoslavie (RFY).
Au cours d’une réunion du comité exécutif du Parti démocratique des socialistes (DPS, au pouvoir), M. Djukanovic a refusé une nouvelle fois de limoger M. Maras.
«Je ne le remplacerai pas tant que l’on ne m’aura pas exposé publiquement les motifs de cette exigence», a-t-il déclaré, selon une source informée.
M. Djukanovic a ajouté qu’il envisageait de remanier son gouvernement mais «pas avant deux mois».
Le premier ministre a reçu la semaine dernière le soutien de M. Marovic dans le conflit qui l’oppose à M. Bulatovic.
Le président du Parlement avait été le premier des dirigeants monténégrins à exprimer publiquement, en décembre dernier, son soutien à l’opposition serbe dans son bras de fer avec M. Milosevic.
PODGORICA (Yougoslavie), 15 Avril (AFP). — Le président du Monténégro, Momir Bulatovic, est parti en guerre contre la Sécurité d’Etat (SDB) en réclamant lundi une session d’urgence du Parlement pour débattre de certaines activités de la SDB jugées «inconstitutionnelles».Dans une lettre au président du Parlement, Svetozar Marovic, rendue publique par les services présidentiels, M. Bulatovic déclare avoir «appris que la Sécurité d’Etat projetait des mesures préventives et répressives contre un groupe (de personnes) non identifié».Le chef de la SDB, Vukasin Maras, figure parmi les responsables dont le président réclame sans succès le limogeage depuis trois semaines auprès du premier ministre, Milo Djukanovic.M. Bulatovic fait valoir dans sa lettre qu’ «il n’existe aucune base légale pour des mesures...