Israël a annoncé jeudi le démantèlement d’un réseau de la branche armée du Mouvement de la résistance islamique (Hamas), responsable de la mort de douze Israéliens, dont trois femmes dans un café de Tel-Aviv le 12 mars et un militaire enlevé en septembre. Le corps du militaire a été retrouvé jeudi en Cisjordanie.
Sur les six membres du réseau, l’un a péri dans l’attentat de Tel-Aviv, deux ont été arrêtés par le service israélien de sécurité intérieure (Shin Beth), et deux autres par l’Autorité palestinienne.
Le sixième membre du réseau, en fuite, a été interpellé par la police palestinienne vendredi à Hébron, a-t-on appris de source autorisée palestinienne dans la ville.
Le ministre israélien de la Défense, Yitzhak Mordehaï, a révélé jeudi à la presse que la CIA, le service des renseignements américain, avait servi d’intermédiaire entre les Israéliens et les Palestiniens dans cette affaire.
La CIA a fait pression, selon lui, sur l’Autorité palestinienne pour qu’elle arrête des membres du réseau connus des Israéliens, qui se trouvaient à Hébron, dans une zone sous son contrôle.
Les informations fournies par les services de sécurité palestiniens ont notamment permis de retrouver le corps du soldat.
Le président palestinien Yasser Arafat avait rencontré mardi soir à Gaza le chef du Shin Beth, M. Ami Ayalon, à la demande des Etats-Unis, en présence d’un représentant de la CIA.
Toutefois, aussi bien les Israéliens que les Palestiniens ont minimisé la portée de cette coopération au moment où leurs négociations politiques connaissent leur crise la plus grave depuis leur lancement en 1993.
Le premier ministre israélien Benjamin Netanyahu a souligné le caractère «ponctuel» de la coordination entre les services de sécurité.
Le chef d’état-major, le général Amnon Shahak, a estimé pour sa part, dans une interview vendredi à la radio, que la coopération en matière de sécurité restait «limitée» et que, pour la relancer, il faudrait un «dialogue à l’échelon politique».
De son côté, un porte-parole du président palestinien Yasser Arafat a affirmé vendredi que les Palestiniens avaient contribué, principalement «pour des raisons humanitaires», au dénouement de l’affaire du soldat israélien disparu et qu’ils liaient toute coopération dans le domaine de la sécurité à un changement de la politique d’Israël.
«On a informé la partie israélienne de la question (du soldat disparu) pour des raisons humanitaires et non politiques», a déclaré M. Marwan Kanafani.
Le chef des services de sécurité préventive palestinienne à Gaza, Mohammed Dahlane, avait exclu jeudi une reprise de la coopération avec Israël tant que l’Etat hébreu ne suspendrait pas la colonisation.
L’ancien chef du service de sécurité israélien, Karmi Guilon, a déploré pour sa part que la coopération de la police palestinienne ait été révélée au grand jour. «Dans ce genre d’affaires, il est préférable de rester le plus discret possible», a-t-il déclaré à la radio.
La presse israélienne était unanime à souligner l’importance de la coopération de la police palestinienne «dans la lutte antiterroriste».
«Par delà l’horreur provoquée par la découverte du corps du soldat disparu, cette affaire doit nous engager à garder la tête froide. Elle démontre la nécessité de faire au moins une concession à l’Autorité palestinienne pour renouer une collaboration vitale en matière de sécurité», écrit le quotidien Maariv (indépendant).


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